
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 30/06/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-925003)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet a pour objectif de produire un matériau biologique sur poulets pour le virus de la bursite infectieuse (IBDV). Notre laboratoire doit maintenir et entretenir sa collection de matériaux biologiques afin de i) répondre aux différentes demandes nationales et internationales d’appui scientifique et technique, et ii) mener à bien ses propres travaux de référence et de recherche. Dans ce cadre, notre laboratoire souhaite produire un matériau biologique du virus IBDV, sur poulets, en utilisant une souche de référence, très bien caractérisée et totalement adaptée à ce besoin.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus du projet sont l’obtention d’un nouveau stock de matériau biologique pour poursuivre dans de bonnes conditions nos activités de référence et de recherche sur l’IBDV.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Tous les animaux de la procédure seront soumis, dans un état vigile, aux interventions suivantes, chacune ayant une durée maximale de 2 minutes par animal : la contention (lors de l’inoculation virale et lors de la mise à mort), l’inoculation (une seule fois en début de procédure), et la mise à mort (en fin de procédure, pour la récolte de l’organe-cible du virus).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Des nuisances liées à l’inoculation virale sont attendues sur les animaux et seront suivies sur une grille de notation clinique adaptée au virus et à l’espèce utilisés. La souche qui sera utilisée induira des signes cliniques sur une partie de l’effectif à partir de 2 jours après l’inoculation du virus. Il s’agira de signes évocateurs d’une douleur, tels qu’un port de tête bas, des yeux semi-clos à clos, des ailes basses et des plumes ébouriffées. Le pic de la maladie sera atteint entre 3 et 4 jours après l’inoculation du virus. Certains pourront atteindre le point-limite sur cette période. C’est à ce moment que l’expérimentation s’arrêtera (à 4 jours). D’autres nuisances liées aux interventions humaines sont également attendues, comme le stress passager des animaux lors du nettoyage de leur environnement ou de la contention au moment de l’inoculation et de la phase de mise à mort.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
En fin de procédure, tous les animaux seront mis à mort pour récolter l’organe-cible du virus et ainsi produire un nouveau stock de matériau de référence IBDV.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Bien qu’une technique ex vivo d’isolement et de multiplication des IBDV permette de se substituer au modèle animal pour de nombreuses applications, celle-ci s’est révélée insuffisante pour produire le matériau biologique nécessaire ici, qui doit être capable de réagir positivement aux tests sérologiques réalisés. A l’heure actuelle, aucune solution de remplacement ni alternative n’a été proposée au sein de la communauté scientifique internationale travaillant sur l’IBDV. Seule l’expérimentation animale permet donc de produire ce type de réactifs de référence.
2. Réduction
La quantité d’animaux prévus, à savoir 50, permettra de produire un matériau biologique utilisable sur au moins 3 ans. Un plus petit groupe d’animaux pourrait être proposé, mais cela réduirait d’autant de temps le stock utilisable. Etant donné que chaque stock subit divers tests de contrôle pour sa validation, il est préférable de constituer un plus gros stock de manière à optimiser son utilisation. Cette quantité d’animaux se limitera à la réalisation d’une seule expérimentation. De plus, comme aucun sexage n’est nécessaire, cela permettra d’utiliser un maximum d’animaux éclos sans tri/distinction préalable. Enfin, ce projet ne nécessite pas d’analyse statistique.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés en isolateurs à une densité respectueuse de la réglementation en vigueur. Ils seront nourris et abreuvés à volonté. Leur environnement sera également enrichi par l’ajout d’un carton recouvrant la grille au fond de l’isolateur, d’une cordelette suspendue et d’un perchoir. Ceci afin de leur permettre d’exprimer certains comportements naturels et importants pour leur bien-être. Le recours aux antidouleurs sur poulets lors d’infections par l’IBDV n’a jusqu’à présent jamais été documenté. Les stratégies appliquées pour réduire la douleur, la souffrance et l’angoisse en cours de procédure sont la surveillance quotidienne des animaux (allant jusqu’à trois fois par jour), la définition de points limites conduisant à une mise à mort compassionnelle, et l’arrêt de la procédure dès 4 jours après l’inoculation pour la réalisation des prélèvements post-mortem.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’espèce choisie correspond à l’espèce préférentiellement ciblée par l’IBDV. Le poulet est très sensible à une infection par l’IBDV entre 2 et 8 semaines d’âge. Le choix de l’âge s’est aussi fait en fonction de leur mode d’hébergement, qui doit respecter la réglementation en vigueur (surface par individu et taille maximale d’hébergement à respecter). Ici, le mode d’hébergement est l’isolateur. Les animaux ne doivent pas donc pas peser plus de 600 g chacun. Cela signifie que des animaux jusqu’à 6 semaines d’âge peuvent être sélectionnés, mais c’est l’âge de 5 semaines qui sera visé pour garder une marge de sécurité sur le poids maximal par individu à ne pas dépasser.