Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

320 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Des souris immunodéficientes reçoivent une greffe de peau humaine sous anesthésie, une irradiation, une injection de lymphocytes T régulateurs et des prélèvements sanguins répétés sur trois mois. Le projet valide une thérapie cellulaire censée remplacer les immunosuppresseurs pour éviter le rejet de greffe. Le porteur qualifie ces expériences d' »indispensables » pour obtenir l’autorisation de l’agence du médicament et convaincre les financeurs de l’essai clinique.

NTS-FR-934308v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles immunitaires ·
Mots-clés
transplantation, réaction du greffon contre l'hote (GVHD), lymphocytes T régulateurs
Souris : 320

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les immunosuppresseurs induisent des effets secondaires graves chez les patients transplantés avec un organe solide ou atteints de maladie auto-immune tels que des cancers et infections fréquentes et graves et ne sont pas efficaces chez les patients greffés avec des cellules souches après chimiothérapie. La thérapie cellulaire a pour but de remplacer les traitements immunosuppresseurs pour éviter leurs effets secondaires et être plus efficaces, par une injection unique de cellules régulatrices. Les essais cliniques de phase I/IIa avec ces cellules ont montré des résultats encourageants. Il existe plusieurs types de cellules que nous pourrions associer et dont l’efficacité thérapeutiquepeut être optimisée. Nous avons précisé ces associations et optimisations in vitro et nous devons évaluer la dose thérapeutique et l’absence d’effet secondaire dans les modèles pré-cliniques de souris avant de pouvoir les administrer chez l’Homme.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Cette thérapie vise à empêcher le rejet d’organe et soigner les patients greffés avec des cellules souches après chimiothérapie, sans immunosuppresseurs pharmacologiques et sans effets secondaires. Ces expériences précliniques sont indispensables pour évaluer la sécurité d’emploi et l’efficacité de cette thérapie cellulaire pour obtenir l’approbation de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé de leur application chez l’Homme, et pour convaincre les agences nationales de financer l’essai clinique.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Des animaux seront greffés avec de la peau sous anesthésie générale gazeuse durant environ 30 minutes et analgésie générale et locale chimique. Des animaux seront irradiés une fois pendant 3 minutes. Les animaux seront injectés une fois avec des cellules sous anesthésie gazeuse de quelques minutes. Du sang sera prélevé toutes les 2 semaines sous anesthésie générale gazeuse de quelques minutes et analgésie locale chimique. Les souris seront manipulées quotidiennement quelques minutes pour suivre leur poids et le rejet de greffe. Les souris seront euthanasiées après anesthésie gazeuse.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’administration unique des cellules nécessite une immobilisation de la souris de quelques minutes et peut induire une perte de poids. Les souris seront manipulées quotidiennement pour suivre leur poids et le rejet de greffe. Les souris seront anesthésiées par inhalation gazeuse pendant environ 30 minutes pendant la greffe de peau, ce qui peut diminuer la température corporelle. La chirurgie de greffe peut causer des douleurs. Un pansement sera maintenu sur la greffe pendant 12 à 14 jours après chirurgie et l’animal sera anesthésié le temps de refaire un bandage si besoin et lors du retrait du bandage. Du sang sera prélevé au sinus toutes les 2 semaines pouvant causer une douleur. Les souris immunoincompétentes seront par groupe de 5 maximum par cage ventilée pour éviter les infections opportunistes.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les souris injectées avec des cellules ne pourront pas être utilisées à nouveau. Les injecter avec les cellules d’un second donneur induirait une reconnaissance des cellules entre elles et serait ininterprétable.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les études fonctionnelles in vitro sont limitées par l’absence du contexte physiologique et de la complexité du système immunitaire et ne peuvent remplacer les études in vivo. La preuve de concept a été faite dans ces modèles de souris, et ces thérapies doivent être évaluées dans les mêmes modèles. Ces modèles de souris avaient été choisis en remplacement de modèles primates non humains, et sont plus pertinents (test direct de cellules humaines et non de cellules de primates non humains).

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux par groupe est réduit à 10, nombre nécessaire et suffisant pour obtenir des résultats statistiquement significatifs. Le nombre de groupes a été réfléchi de sorte à avoir les contrôles suffisants pour pouvoir conclure quant aux résultats obtenus.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Pour le modèle de greffe, les souris seront sous anesthésie générale gazeuse et analgésie chimique durant la chirurgie de la greffe de peau. Les animaux seront ensuite placés sur tapis chauffant et surveillés jusqu’à leur réveil, le greffon sera recouvert de tulle gras et d’une compresse stérile maintenue par un pansement puis d’un bandage pendant 12 à 14 jours. L’animal sera anesthésié quelques minutes de façon gazeuse le temps de refaire un bandage si besoin ou pour son retrait. Pour les prélèvements de sang, les souris seront anesthésiées quelques minutes sous forme gazeuse, analgésiées localement, et prélevées d’ un faible volume de sang avec 2 semaines de récupération entre 2 ponctions. Les souris seront par groupe de 5 maximum par cage ventilée sur un portoir à l’animalerie. Tous les animaux seront suivis pour leur poids, leur comportement, leur intégrité, le développement de la GVH et/ou du rejet de greffe et seront euthanasiés après anesthésie gazeuse à l’atteinte des points limites définis selon une grille de score ou 100 jours après l’injection des cellules.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous avons choisi les souris immunoincompétentes qui permettent l’acceptation de cellules immunes et/ou d’un greffon de peau humain. Un tel protocole chez des souris immunocompétentes ne serait pas possible, les cellules et tissus humains seraient détruites par le système immunitaire d’une souris. Ces souris présentent aussi des facilités de reproduction, d’hébergement et de manipulation. Les souris doivent avoir atteint un poids adulte pour le suivi de perte de poids résultant de l’injection des cellules, les expériences sont standardisées telles que les cellules sont injectées chez des souris agées de 8 à 12 semaines.