Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

108 chats et 108 chiens vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, tous gardés en vie et placés à l’adoption. Chaque animal est confiné individuellement dans un box pendant trois à cinq jours pour récolter ses selles et ses urines, certaines formulations pouvant provoquer diarrhée ou vomissements. L’objectif est commercial, mesurer la digestibilité et le risque de calculs urinaires afin de formuler des aliments pour animaux de compagnie et d’enregistrer des produits. Le porteur affirme qu’aucun modèle ne remplace l’essai in vivo sur l’espèce à laquelle l’aliment est destiné.

NTS-FR-952464v1
Types de recherche
· Alimentation animale · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Alimentation, Digestibilité, Chien, Chat, Santé urinaire
Chats : 108
Chiens : 108

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ?

Réponse du laboratoire :

Pour évaluer l’impact de la formulation des aliments sur l’animal, il est nécessaire de procéder à des tests sur les selles et les urines des espèces concernées (chat et chien) : -Estimation de la tolérance digestive du produit -Quantification de la digestibilité des nutriments – Mesures d’odeurs de selles -Mesure de la concentration minérale et de la densité urinaire -Calcul du risque de formation des calculs urinaires.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ?

Réponse du laboratoire :

Connaissances sur les besoins nutritionnels et le comportement alimentaire des chats et des chiens. Formulation de produits au plus près des besoin des chats et des chiens pour leur garantir une tolérance digestive optimale et maintenir leur santé urinaire. Identification de nouvelles solutions nutritionnelles via l’évaluation de nouveaux ingrédients ou de nouveaux fournisseurs. Génération des données nécessaires à l’enregistrement de produits dans certains pays.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents

Réponse du laboratoire :

Pour procéder à la récolte des selles et des urines émises naturellement, les animaux sont placés individuellement dans des box adaptés et spécialement prévus à cet effet sur une durée de 3 à 5 jours.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.

Les animaux souffrent-ils ?

Réponse du laboratoire :

La collecte individuelle des urines et des selles impose de placer les animaux en environnement confiné, durant 3 à 5 jours. Ceci peut entrainer chez certains chiens et chats un état de stress ou d’énervement. Le stress éventuel lors de ces phases de collecte sera minimisé par l’habituation progressive des animaux aux box de collecte, et la présence d’un personnel qualifié auprès des animaux. Les boxes de collecte sont suffisamment spacieux pour que l’animal puisse se déplacer, se percher et observer ses congénères et les animaliers. Les animaux seront suivis régulièrement par des techniciens animaliers et des vétérinaires, et bénéficieront de sorties quotidiennes. Les aliments à évaluer sont conçus pour ne pas être délétères à la santé des animaux, mais il est possible que certaines formulations entraînent des symptômes digestifs modérés (diarrhée, vomissements). L’intensité de ces symptômes pourra entraîner une exclusion des animaux concernés (qui recevront des soins vétérinaires), voire un arrêt de la procédure.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ?

Réponse du laboratoire :

Tous les animaux sont gardés en vie et recevront un suivi vétérinaire et des soins adaptés à leur état de santé.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ?

Réponse du laboratoire :

Chaque espèce animale possède son propre métabolisme ainsi que ses propres performances digestives et urinaires pour un aliment donné. Il est donc important d’utiliser les espèces auxquelles les aliments sont destinés. A ce jour il n’existe pas de modèle qui puisse approcher la digestion, l’absorption et la métabolisation d’un aliment complet chez le chien et le chat. Il faut donc passer par des essais in vivo au cours desquels les chats et chiens reçoivent l’aliment à évaluer. Une connaissance approfondie de nos formules et matières premières nous permet d’anticiper la performance de certaines formules, ce qui permet de limiter le nombre d’essais animaux à effectuer.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ?

Réponse du laboratoire :

Le nombre d’animaux (chien ou chat) minimum requis pour évaluer de façon fiable la qualité de l’aliment évalué est de 8. En dessous de ce nombre (n=8), la variabilité inhérente à chaque animal rend les résultats incertains et ne permet pas de conclure avec certitude sur les résultats obtenus. Compte tenu des risques d’exclusion d’un chien ou chat en cours de réalisation, un maximum de 10 individus peut démarrer la procédure pour garantir un minimum de 8 individus en fin de procédure.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ?

Réponse du laboratoire :

Les animaux seront suivis quotidiennement par des techniciens animaliers et des vétérinaires à des rythmes réguliers et définis. Ils continuent les sorties quotidiennes habituelles. Ce protocole n’entraîne ni douleur, ni souffrance. L’état de stress lié au confinement ponctuel lors des phases de collecte est minimisé par un personnel qualifié et des animaux habitués dans notre centre.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale

Réponse du laboratoire :

Il n’existe pas à ce jour de modèle qui puisse approcher la tolérance digestive ainsi que de prédire la consommation d’un aliment chez le chien et le chat. Il faut donc passer par des essais in vivo au cours desquels les chiens et chats reçoivent la formulation de l’aliment ou de la solution nutritionnelle à évaluer. Les animaux sont utilisés au stade adulte, lorsque les systèmes digestifs et urinaires sont matures. Toutefois, selon l’objectif de l’étude, et dans un objectif d’habituation des animaux aux box de collecte, des chiots ou chatons en fin de croissance pourront être utilisés.