Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La réglementation encadrant l’utilisation des animaux à des fins scientifiques impose la formation de tous les personnels impliqués avec une formation spécifique en chirurgie pour les personnels concevant ou réalisant des procédures chirurgicales. Ce projet répond aux exigences réglementaires de formation des personnels et a reçu un agrément du Ministère de l’Agriculture. Elle vise à initier les personnels aux bases de la chirurgie.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Etre sensibilisé et initié aux bonnes pratiques chirurgicales est essentiel, et obligatoire d’un point de vue réglementaire, pour concevoir ou mettre en oeuvre des actes de chirurgicaux dans le cadre de projets utilisant des animaux à des fins scientifiques ou éducatives. Cette initiation passe par une formation réalisée par des experts (vétérinaires et ingénieurs/techniciens compétents) et doit être complétée ensuite par un encadrement adapté pour la mise en oeuvre d’une procédure chirurgicale en particulier dans le cadre d’un projet autorisé. Cette formation n’a pas vocation à transformer les stagiaires en chirurgiens accomplis mais doit leur permettre d’acquérir les notions élémentaires et les gestes de base fondamentaux pour réaliser une procédure chirurgicale et une prise en charge per-opératoire adaptées. Les bénéfices attendus de ce projet sont ceux découlant des objectifs de toute formation en chirurgie : éduquer et former sur les bases fondamentales en chirurgie et sur la prise en charge per-opératoire afin de minimiser les risques de douleur, inconfort ou souffrance des opérés. Cette formation participe à la bien- taitance des animaux utilisés à des fins scientifiques.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les ateliers proposés dans cette formation sont l’anesthésie, l’analgésie, l’asepsie, les points de suture et sont mis en application à travers une expérience chirurgicale simple et peu invasive : la réalisation d’une biopsie cutanée de 4 mm2 sur animal anesthésié (anesthésie générale et locale associée à une analgésie) avec réveil de l’animal. L’intervention chirurgicale dure environ un quart d’heure. La majeure partie du temps de cette procédure est consacrée à la préparation de l’animal (Anesthésie, tonte, désinfection, préparation du chirurgien et du matériel). Dans les 24 heures suivant le réveil, une deuxième chirurgie plus invasive (ablation de la rate ou la pose d’un cathéter à la veine jugulaire qui est une veine superficielle) est réalisée sous anesthésie générale et analgésie appropriée (temps chirurgical estimé à une demi heure ) sans réveil de l’animal qui reçoit une injection létale en fin de chirurgie.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les animaux seront soumis à un stress léger lié à la préhension /contention et à l’injection pour l’administration de l’anesthésie .Les effets indésirables attendus sur les animaux sont légers et liés à la biopsie cutanée. Le choix des gestes mis en oeuvre dans cette formation réglementaire a été fait en prenant en compte les attentes réglementaires (mise en situation des stagiaires) et en minimisant l’impact pour les animaux. C’est pour cela qu’une biopsie cutanée est proposée (degré de contrainte léger attendu, pas d’ouverture de cavité abdominale ou thoracique) avec réveil des animaux puis le lendemain réalisation d’une intervention sans réveil : avec une incision latérale mineure pour l’ablation de la rate ou d’une intervention sans ouverture de cavité anatomique pour la pose de cathéter à la veine jugulaire, avec suivi de l’anesthésie et analgésie adaptée et sans réveil des animaux. Les effets indésirables attendus sont donc très limités et pourraient correspondre à l’inconfort d’une éventuelle plaie cutanée de petite taille (4 mm de diamètre) si les 2 points de sutures réalisés par les stagiaires lachaient dans les 24 heures suivant l’intervention. Le protocole anesthésie pour l’ablation de la rate ou la mise en place du cathéter comporte un antalgique et la dose d’anesthésique est adaptée pour la durée de l’intervention attendue qui dure moins d’une heure.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les interventions réalisées sur les animaux par des personnels en formation ne permet pas de garantir un confort de vie aux animaux. Le choix d’euthanasier les animaux encore anesthésiés à la fin d’un geste opératoire est donc fait pour éviter tout risque d’inconfort post-chirurgical. De plus les animaux utilisés dans cette formation sont des animaux de réforme de l’animalerie, c’est-à-dire ne pouvant pas être utilisés dans un projet ou replacés.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’utilisation de modèles animaux et une mise en situation des participants sont attendues pour l’agrément des formations à la chirurgie expérimentale. Une partie des travaux pratiques est réalisée sur supports inertes (blanc ou cuisse de poulet) et préalablement aux interventions réalisées sur animaux anesthésiés. Il y a donc un remplacement « partiel » de l’animal avec ces étapes pratiques préalables qui permettent aux stagiaires d’acquérir une certaine assurance et automatisme des gestes avant leur mise en oeuvre sur animaux vivants et anesthésiés, limitant ainsi la contrainte pour l’animal qui serait liée à un geste technique mal exécuté. Cette étape permet à la fois un remplacement, une réduction du nombre total d’animaux utilisés et une réduction des contraintes pour les animaux.

2. Réduction

3R / Réduction :

L’entrainement aux gestes de suture se fait sur matière inerte afin de réduire le nombre d’animaux utilisés et pour limiter les contraintes imposées aux animaux pendant la formation. C’est pour cela qu’une intervention mineure est réalisée (punch biopsie cutanée) avec un réveil, suivi d’une intervention plus invasive sur le même animal qui ne sera pas réveillé à la suite de cette deuxième intervention. Ainsi un seul animal par expérimentateur sera utilisé, sachant que ces animaux sont des animaux de réforme de l’animalerie n’ayant subi aucune procédure autre qu’une identification et génotypage. Au total 260 souris seront utilisées.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Comme tous les autres animaux de l’animalerie ils sont suivis quotidiennement pour évaluer leur comportement général. Le choix des gestes mis en œuvre dans cette formation réglementaire a été fait en prenant en compte les attentes réglementaires (mise en situation des stagiaires) tout en minimisant l’impact pour les animaux. Les actes chirurgicaux réalisés sont peu invasifs: une biopsie cutanée associée à deux points de suture et une chirurgie simple d’ablation de la rate avec une incision cutanée de petite taille et sont réalisés sous anesthésie générale et locale en associant un antalgique. Ils sont maintenus sur un tapis chauffant thermostaté pendant toute la durée de l’anesthésie afin de limiter le risque d’hypothermie lié à l’anesthésie. Les animaux sont réveillés uniquement après la biopsie cutanée et sont suivis pendant leur réveil. Ils sont maintenus réveillés moins de 24 heures avant d’être de nouveau anesthésiés pour un deuxième acte chirurgical plus technique (ablation la rate ou mise en place d’un cathéter sur la veine jugulaire qui est superficielle) sans réveil cette fois. La deuxième intervention étant réalisée dans les 24 heures suivant la biopsie cutanée, la durée d’un inconfort potentiel post-opératoire reste limitée en intensite et en durée et les animaux ne sont pas réveillés à l’issue de la deuxième chirurgie. Les chirurgies sont réalisées sur les animaux après un entraînement des stagiaires leur permettant d’acquérir une assurance dans la maitrise de leurs gestes avant de les appliquer sur l’animal anesthésié. Cet apprentissage est encadré par des vétérinaires.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris représente l’espèce la plus utilisée à des fins scientifiques (68 pour cent des animaux selon les statistiques Ministère de la Recherche en France). La mise en application des gestes basiques de chirurgie sur la souris correspond à la majorité des situations rencontrées par les expérimentateurs qui réaliseront des actes de chirurgie dans leurs projets. Nous utiliserons des souris adultes de 6 à 8 semaines d’âge. Le stade de développement de ces animaux est largement utilisé dans la recherche in vivo et leur taille, à ce stade, est optimale pour la réalisation des gestes chirurgicaux décrits dans les procédures de ce projet.