
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/04/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-943294)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’alimentation animale représente environ 70 % des coûts de production dans l’élevage, ce qui a donné lieu à des recherches approfondies sur l’optimisation de l’utilisation des aliments sans compromettre les performances animales ou la durabilité. L’utilisation d’enzymes alimentaires est devenue une pratique courante dans l’industrie de la production animale. À l’échelle mondiale, les tourteaux de soja et le maïs sont les ingrédients dominants des aliments pour volailles, principalement en raison de leur profil nutritionnel et de leur disponibilité. Cependant, ces ingrédients sont riches en fibres perturbant la composition de la microflore intestinale, altérant la disponibilité et l’utilisation des nutriments et par conséquent réduisant les performances de croissance des poulets de chair. L’utilisation d’enzymes dégradant les fibres est devenue une pratique courante dans les régimes alimentaires des volailles pour réduire leurs effets antinutritionnels. Il a été démontré qu’elles diminuent la viscosité intestinale et améliorent la digestibilité des nutriments, et donc l’utilisation des ingrédients alimentaires fibreux composant l’aliment. Néanmoins, de nombreuses données ont montré que les enzymes utilisées sont très spécifiques et que l’efficacité varie en fonction de la composition des ingrédients de la ration alimentaire. En effet, le profil en fibres du maïs est nettement différent de celui du blé, expliquant une croissance moins importante des poulets de chair avec ces enzymes sur des régimes à base de maïs. Par conséquent, l’efficacité des enzymes repose sur les caractéristiques chimiques des fibres constituants les ingrédients suggérant ainsi que l’utilisation d’un mélange d’enzymes serait plus efficace dans les régimes alimentaires des poulets de chair. L’objectif de ce projet est d’évaluer des combinaisons de trois enzymes pour améliorer la valeur nutritionnelle des régimes alimentaires des volailles par rapport aux solutions enzymatiques existantes.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra 1) d’évaluer si les trois enzymes ajoutées individuellement dans l’aliment sont efficaces sur la solubilisation des fibres constituants le blé, le maïs et le soja., 2) de déterminer la ou les combinaisons enzymatiques qui permettent in vivo de mieux valoriser l’apport nutritif de la ration alimentaire, 3) de déterminer si les enzymes agissent en synergie ou de manière additive. Sur la base des résultats obtenus et du mode d’action déterminé, la dose d’inclusion de la ou des combinaisons enzymatiques sélectionnées pourra être optimisée. Ce projet permettra de répondre aux difficultés rencontrées par les éleveurs de poulets de chairs en termes d’apports nutritifs de la ration alimentaire, de coûts d’alimentation et de santé intestinale des animaux.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront nourris avec un régime alimentaire modifié avec un apport en énergie réduit pour voir les effets des additifs ajoutés pendant 28 jours. Stress et inconfort des animaux qui seront sortis de leur cage pour être pesés en groupe (
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Augmentation de la consommation alimentaire pour compenser une réduction modérée de l’apport en énergie dans l’aliment. Inconfort et stress dû aux pesées et à la prise de sang
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux entrant dans la procédure seront mis à mort pour le prélèvement des contenus intestinaux
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour réduire le recours à l’expérimentation animale, les additifs alimentaires spécifiques des substrats présents dans le maïs, le soja et le blé ont été précédemment testés in vitro seuls ou en combinaison sur leur efficacité à solubiliser les fibres des ingrédients entrant dans la ration alimentaire des poulets de chair. Ces tests ont montré l’efficacité des enzymes à solubiliser les fibres spécifiques constituants le blé, le maïs et le soja. Cette efficacité a été accentuée dès lors que les enzymes ont été ajoutées en combinaison. Ces tests in vitro utilisées en première intention doivent cependant être confirmée in vivo afin de prendre en compte toutes les interactions physiologiques complexes qui ont lieu in vivo lors de l’ingestion des additifs chez le poulet de chair. Le développement de la nouvelle solution enzymatique implique de connaitre son mode d’action chez l’animal auquel il est destiné impliquant l’utilisation d’animaux vivants
2. Réduction
Des calculs statistiques ont été réalisés afin de déterminer le nombre d’animaux adéquat pour ce projet et a été réduit à la stricte nécessité pour aborder l’objectif du projet. Le nombre d’animaux à utiliser permettra d’apporter de bonnes conditions d’élevage en favorisant une hiérarchie sociale nécessaire au bien-être des animaux, d’avoir suffisamment de quantité d’échantillons pour réaliser les analyses et d’obtenir des données scientifiquement robustes. Des analyses post mortem seront réalisées sur les contenus intestinaux de chaque animal afin de générer le maximum d’informations possibles par animal.
3. Raffinement
La gestion du bien-être des animaux tout au long du projet inclut l’application de points limites spécifiques et précoces. L’inconfort et le stress dus à la sortie des cages pour la pesée en groupe des animaux sont réduits en réalisant les opérations de capture le plus silencieusement possible, par une manipulation délicate des animaux saisis au niveau du tarse juste au-dessus des doigts pour être transférés dans des contenants suffisamment grands pour éviter l’empilement et donc l’étouffement. Le raffinement des conditions d’hébergement consiste en la mise en place au démarrage de papier filtre à l’intérieur de la cage pour éviter que les animaux se coincent les pattes dans les mailles de la grille et en favorisant l’accès facile à l’eau et à la nourriture. L’accès à l’eau est facilité par la mise en place de coupelle d’eau en plus des pipettes et des godets récupérateurs d’eau. L’accès à la nourriture est affiné en mettant directement dans la cage sur le papier filtre un tas d’aliment. En plus, un ajustement régulier de la hauteur des lignes d’eau ainsi que des ouvertures d’accès aux mangeoires en fonction de l’âge des animaux sera effectué. L’état de santé des animaux est suivi quotidiennement. Les conditions d’hébergement des animaux sont définies de telle sorte que l’enrichissement des cages (grelots scintillants), la densité des animaux par cage, ou encore les paramètres environnementaux (température et hygrométrie) procurent le maximum de confort aux animaux, favorisent les interactions sociales, et correspondent à la législation en vigueur. Aucun animal ne restera isolé, en cage individuelle sans contact visuel ou tactile avec ses congénères, ceci afin de réduire au minimum l’angoisse et le stress des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les nouvelles solutions enzymatiques qui sont développées sont destinés à être incorporées dans les rations alimentaires distribuées aux volailles (poulets de chair) pour faire face à la variabilité de la qualité nutritionnelle des ingrédients entrant dans la composition des régimes alimentaires des volailles. Les animaux seront mis en stabulation en cages en batterie et seront élevés jusqu’à l’âge de 28 jours. Des poulets juvéniles et jusqu’à 28 jours d’âge seront utilisés dans cette étude afin d’avoir des animaux dont le développement intestinal et les sécrétions d’enzymes endogènes soient suffisamment matures, soit après 3 semaines pour les mesures de digestibilités.