Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

1 512 souris vont être utilisées, toutes tuées pour prélever leurs yeux, dans des procédures d’un niveau de souffrance léger à modéré. 250 d’entre elles subissent deux ou trois examens de vingt minutes sous anesthésie générale, électrodes posées sur la cornée, avec un risque d’irritation et de cataracte transitoire, les autres relevant de l’élevage, du tatouage et des biopsies de génotypage. Le porteur qualifie la perte progressive de la vue de phénotype « dommageable » tout en affirmant que les souris aveugles se comportent normalement, « sans souffrance apparente ». Les organoïdes de rétine sont envisagés puis écartés, leur obtention prenant environ 200 jours et la technique n’étant pas maîtrisée au laboratoire.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le projet a pour objectif de comprendre la cécité due à des mutations dans un nouveau gène. En effet, il a été identifié des anomalies dans un gène qui pourrait être en cause dans une maladie sévère de la rétine chez des très jeunes enfants qui deviennent aveugles. Ce gène n’est pas connu comme ayant une fonction dans l’oeil. Il n’existe pas de technique de laboratoire permettant d’étudier la fonction rétinienne, c’est pourquoi la souris reste un modèle de choix. La rétine est très similaire entre l’humain et la souris. La création d’un modèle de souris permettrait alors de comprendre le rôle de ce gène dans la rétine normale et mutante.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les résultats obtenus devraient permettre de comprendre le rôle de ce gène dans l’oeil et de pouvoir expliquer la cause de la cécité chez les enfants.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Un examen de l’oeil sera réalisé sur 250 souris sous anesthésie générale, afin de les maintenir endormis, pour pouvoir évaluer l’état de fonctionnement de la rétine. Cet examen dure 20 minutes et sera réalisé deux ou trois fois chez chaque souris avec plusieurs mois d’intervalle. Les souris seront mises à mort à la suite de cet examen et les yeux seront prélevés et étudiés.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La maladie provoque une atteinte de la vue progressive allant jusqu’à la cécité. Ce phénotype est dommageable même si les souris aveugles ont un comportement tout à fait normal, sans souffrance apparente. Les biopsies et tatouages sont pratiqués en routine dans l’animalerie pour identifier les animaux. La douleur est légère au moment du geste et il n’y a pas de gêne à long terme observée. Une injection d’anésthésiant est faite avant les examens de la fonctions visuelle pour maintenir les souris immobiles. Ce geste est pratiqué en routine et il n’y a pas de gêne à long terme observée sur les animaux. L’anésthesie peut provoquer une hypothermie, c’est pourquoi les animaux sont déposés sur un tapis chauffant tout au long de l’examen. L’enregistrement de la fonction visuelle, avec la pose d’électrodes sur l’oeil, a un risque faible d’irritation, un risque de cataracte transitoire mais sans effets indésirables sévères sur les animaux.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A l’issue de l’enregistrement de la fonction visuelle, les animaux seront mis à mort afin de collecter les organes post-mortem pour analyses des tissus d’intérêts (les yeux).

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il n’existe pas de modèle de Remplacement cellulaire représentatif car il n’est pas possible de cultiver des cellules de photorécepteurs (rétine). La création d’organoides rétiniens (petit oeil en 3D) est envisagée mais la mise en place de cette technique n’est pas encore maitrisée dans le laboratoire et l’obtention d’organoides rétiniens prend en moyenne 200 jours. La culture cellulaire de cellules de peau de patients pour analyser certaines fonctions du gène est d’ores et déjà utilisée mais des différences mécanistiques existent entre les types cellulaires et l’étude du tissu rétinien serait sans conteste le plus relevant. La souris est un bon modèle pour étudier l’oeil et sa fonction puisqu’elle possède une rétine ressemblant à celle de l’humain.

2. Réduction

3R / Réduction :

Pour réaliser les examens d’enregistrement de la fonction visuelle, nous sélectionnerons 5 types de souris différentes dont deux types devraient développer des problèmes de vue et nous les enregistrerons tous les mois pendant un an pour évaluer la progression de la maladie. Un nombre de 10 animaux sera nécessaire pour obtenir des résultats statistiquement exploitables et les males et les femelles seront utilisés. Afin de Réduire le nombre d’animaux utilisés, l’enregistrement est standardisée sur les deux yeux et sera réalisée en étude longitudinale, le même animal sera enregistré plusieurs fois au cours du temps (2 ou 3 fois avec plusieurs mois d’intervalle). L’étude longitudinale permet de réduire le nombre de souris : besoin de 50 souris par âge soit 650 souris si on enregistre chaque souris une seule fois ; besoin de 250 souris pour le projet avec la mise en place de plusieurs enregistrements par souris. Les 250 souris seront mises à mort à la fin de cette étude pour prélever les organes d’intérêt (yeux).

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Le développement d’une dégénerescence rétinienne chez certaines des souris est attendu sans altération comportementale, sans modification du poids et une reproduction possible. Tout au long du projet les animaux seront observés régulièrement (tous les jours par les animaliers) et toutes les semaines par les expérimentateurs pour controler leur bien-être. L’enregistrement de la fonction visuelle qui consiste à enregistrer l’activité électrique de la rétine par stimulation lumineuse en posant des électrodes sur la cornée de l’animal, sera réalisé sous anesthésie générale pour éviter toute souffrance et éviter que les animaux bougent. La procédure mise en place pour réaliser le projet est peu traumatique, de courte durée, elle peut néanmoins engendrer du stress. Les animaux seront observés régulièrement et des procédures seront mises en place afin de minimiser l’inconfort, la souffrance ou la détresse des animaux. Les animaux seront hébergés 5 par cage comprenant des enrichissements afin de limiter le stress et de favoriser la socialisation.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est un modèle couramment utilisé pour l’étude de la vue. En effet, l’oeil de la souris est proche de celui de l’humain. Il est possible d’enregistrer la fonction visuelle grâce à des enregistrements par des électrodes adaptées au modèle murin. L’analyse de modèle murin permet de mieux comprendre le fonctionnement de l’oeil normal et de l’oeil atteint de maladie génétique. Les examens ophtalmologiques se feront à partir de 15 jours puis tous les mois : 1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,11 mois et 1 an. 15 jours est l’âge minimum pour enregistrer la fonction visuelle car l’œil est ouvert et assez gros pour poser les électrodes. Les prélèvements d’organes se feront aux mêmes stades. Les différents stades permettent de mettre en évidence une dégénerescence de la fonction visuelle puisque nous attendons une atteinte progressive de la maladie.