Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Les rats utilisés appartiennent à une lignée dont le système immunitaire est altéré et dont la rétine dégénère, choisie pour que la greffe de cellules humaines ne soit pas rejetée sans recourir à des traitements antirejet. 325 rats vont ainsi être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Chacun subit une chirurgie de quinze à vingt minutes pour recevoir dans l’espace sous-rétinien des photorécepteurs dérivés de cellules souches humaines, puis jusqu’à six séances mensuelles d’imagerie et d’électrorétinogramme sous anesthésie générale, un électrorétinogramme durant environ trente minutes. Tous sont tués en fin de procédure pour examiner la rétine et vérifier la survie des cellules greffées, le porteur affirmant par ailleurs qu’une injection dans le second œil reste sans impact parce que la rétine ne possède pas de récepteurs de la douleur.

NTS-FR-957296v2
Types de recherche
· Organes sensoriels · Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
oeil, vision, transplantation, cellules souches, thérapie cellulaire
Rats : 325

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet a pour objectif de valider le potentiel de restauration visuelle de cellules rétiniennes appelées photorécepteurs rendues artificiellement sensibles à la lumière grâce à la présence d’un canal ionique. Ces photorécepteurs sont obtenus in vitro à partir de cellules souches humaines, appelées cellules iPS. L’objectif principal de ce projet est d’évaluer dans un modèle de rats présentant une perte visuelle provoquée par une dégénération de la rétine similaire à celle observée chez l’homme et immunodéficient, le potentiel thérapeutique de ces cellules modifiées après transplantation. L’utilisation de cellules rendues artificiellement sensibles à la lumière vise à contourner les difficultés rencontrées par différents groupes, et rapportées dans différentes études, d’obtenir une restauration fonctionnelle. L’ajout d’une injection intraoculaire chez les animaux nécessite une modification du projet initial sans ajout d’animaux.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les travaux de thérapie cellulaire développées ces dernières années utilisant des photorécepteurs dérivés de cellules souches pluripotentes ont permis d’obtenir un certain succès en termes de survie et d’intégration dans le tissus hôte des cellules transplantées. En revanche, la plupart des études témoignent d’une absence ou d’une faible récupération fonctionnelle, liée notamment à un défaut de maturation des cellules transplantées. L’approche proposée ici vise à contourner cet obstacle à l’aide de cellules rendues photosensibles artificiellement par une approche d’édition du génome qui devrait permettre d’observer une récupération fonctionnelle beaucoup plus importante. Les bénéfices attendus sont donc une restauration au moins partielle de la vue chez les animaux modèles aveugles. Ces résultats pourraient permettre à terme de proposer à des patients souffrant de cécité irréversible une thérapie visant à rendre au moins partiellement la vue ; les seuls traitement disponibles à l’heure actuelle permettent au mieux un ralentissement de la perte visuelle avant la cécité complète.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Trois groupes d’animaux subiront une procédure chirurgicale sous anesthésie générale qui consiste en l’injection de cellules (2 groupes pour deux types de cellules différentes), ou de solution tampon (1 groupe) ; cette opération dure 15 à 20 minutes et est réalisée une seule fois. l’anesthésie s’accompagne d’un traitement analgésique délivré avant le début de l’acte et en post-opératoire. Tous les animaux feront l’objet d’un examen par imagerie permettant l’observation de l’anatomie et la structure de la rétine (tomographie par cohérence optique) et d’un examen électrophysiologique (Electrorétinogramme) qui permette l’étude de la fonction de ce tissu; ces examens qui nécessitent l’immobilité de l’animal se feront sous anesthésie générale ; Les examens d’imagerie ont une durée de 10 à 15 minutes; l’électrorétinogramme a une durée de 30 minutes environ. Ces examens seront réalisés une fois par mois (maximum de 6 fois pour les animaux gardés le plus longtemps). Les animaux réaliseront également des tests comportementaux à l’état vigil sans contrainte particulière. Ces tests de la fonction visuelle sont rapides (5 à 10 minutes environ). Ces examens seront réalisés une fois par mois (maximum de 6 fois pour les animaux gardés le plus longtemps). [MODIFICATION] Une injection d’un indicateur d’activité cellulaire est réalisé sous anesthésie/analgésie. Aucun prélèvement ne sera réalisé sur les animaux vivants. Les animaux sont euthanasiés en fin de procédure par des méthodes règlementaires pour des explorations post-mortem.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances ou effets indésirables possibles de l’étape chirurgicale consistant en la transplantation cellulaire dans l’espace sous-rétinien sont une douleur oculaire et péri-oculaire dans une courte période post-opératoire et un risque accru d’infection en raison de l’immunité réduite. Les procédures post-opératoire (tests visuels, imagerie) n’ont pas d’effets indésirables avérés. L’animal étant déjà anesthésié pour la procédure chirurgicale, par conséquent il n’y aura pas d’impact significativement négatif sur le fait de pratiquer une injection intra-oculaire dans chaque œil. La rétine ne possède pas de récepteurs spécifiques de la douleur et, par conséquent, une injection dans l’œil contralatéral n’aura pas d’impact significatif sur la santé globale de l’animal. Dans de rares cas, une inflammation anormale de l’œil peut être observée en post-opératoire.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A la suite de chacune des procédures, les animaux sont euthanasiés pour permettre des analyses histologiques ou fonctionnelles (électrophysiologiques) des tissus (rétine). Ces explorations sont nécessaires pour évaluer le bénéfice de la transplantation au cœur du projet et le devenir des cellules transplantées (survie cellulaire ; différenciation et intégration aux tissus de l’hôte ; réponse à la lumière des cellules transplantées ; reconnexion avec les autres types cellulaire).

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le projet consiste à évaluer la capacité d’une greffe de cellules à permettre une récupération fonctionnelle visuelle. Cette évaluation ne peut donc pas être faite par des approches in vitro. Ce projet ne peut être réalisé que chez l’animal. La capacité des cellules transplantées à répondre de manière intrinsèque à la lumière est entièrement évaluée et validée en amont par des approches in vitro permettant de réduire le nombre d’animaux utilisés.

2. Réduction

3R / Réduction :

Afin de réduire au maximum le nombre d’animaux, les transplantations seront réalisées dans les deux yeux. Par ailleurs, la majorité des actes peut être réalisée sur les mêmes animaux permettant ainsi de réduire le nombre d’animaux utilisés. Le nombre total d’animaux pour cette étude est de 325 réparti en trois groupes distincts. Nous avons réduit le nombre d’animaux par groupe au minimum requis en tenant compte de la variabilité plus importante des mesures effectuées (en raison d’un taux d’échec évalué à environ un quart des expérimentations (chirurgie, rejet de greffe, opacification du cristallin, etc..). Cet effectif a été déterminé à l’aide d’un calcul de puissance permettant une analyse statistiquement robuste et ainsi l’interprétation fiable des données obtenues.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux sont élevés en cages de stabulation avec éléments d’enrichissement pour toute la durée du protocole ; nourriture et abreuvement à volonté. Les procédures prévoient une surveillance de leur état physique général (et particulièrement du système oculaire). Les procédures utilisées comportent plusieurs tests comportementaux d’évaluation de la fonction visuelle, qui n’ont pas d’effets indésirables avérés ou documentés et ne génèrent pas de douleur avérée. Le risque d’une légère irritation de la surface oculaire ne pouvant pas être totalement exclue pour certains examens (imagerie) les animaux feront l’objet d’une surveillance accrue pendant les 24h suivant ces différents actes. Les deux gestes chirurgicaux, qui peut générer une nuisance ou une douleur temporaire est géré en pré et post-opératoire par un traitement analgésique puis un anti-inflammatoire non stéroïdien à durée d’action longue. Les signes de comportement anormal, signe de possible souffrance, seront également surveillés. Les points limites adaptés sont définis de manière adaptée aux procédures mises en œuvres et inclus une surveillance de l’état physique et comportemental de l’animal. L’observation d’un de ces points limites entraînera l’euthanasie immédiate de l’animal selon les méthodes adaptées et réglementaires. En raison du caractère immunodéficient des animaux, ces derniers sont hébergés dans des cages stérilisées et dans un portoir ventilé distinct avec étiquetage spécifique. Les manipulateurs changent de gants entre chaque animal lors du change ou des différents examens/gestes.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le rat est une espèce couramment utilisée dans les études précliniques. Ce choix permettra une comparaison des résultats obtenus avec ceux de la littérature. La taille de l’animal rend le geste technique (transplantation sous-rétinienne) moins difficile que chez la souris par exemple, ce qui réduira significativement le risque d’échec de la procédure et donc le nombre d’animaux nécessaire à l’étude. Nous utiliserons une lignée particulière, chez laquelle le système immunitaire est altéré, Ce modèle permet l’étude de xénogreffes (greffe entre donneur et hôte d’espèces différentes) sur le long-terme en réduisant drastiquement le rejet des cellules transplantées normalement provoqué par une forte réponse immunitaire (xénogreffe). Il permet également d’éviter les traitements anti-rejets potentiellement toxiques à long terme ; Les animaux sont inclus dans l’étude à l’âge de 3 mois, stade auquel la dégénérescence de la rétine est effective et l’ensemble des procédures s’étalera sur une durée de 6 mois (étude jusqu’à 6 mois post-transplantation) donc jusqu’à un âge maximal de 9 mois.