
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/12/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-962462)
La production annuelle de sang et de sérum est fixée par les besoins d’un donneur d’ordre qui fabrique un vaccin vétérinaire contre la piroplasmose. 100 chiens vont être utilisés pour cela, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance modérés à sévères. Chaque semaine au maximum, ils sont amenés en salle de prélèvement et saignés à la veine jugulaire sans anesthésie, de l’âge de 12 mois jusqu’à 5 ou 8 ans. Le porteur reconnaît que le confinement en bâtiment clos provoque stéréotypies, crainte et dominance, surtout chez les plus âgés, et qu’un comportementaliste canin consulté n’a pas réussi à intéresser ces chiens-là aux nouveaux enrichissements. 40 chiens doivent être proposés à l’adoption, les plus vieux étant jugés non réhabilitables et tués à l’issue.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet a pour objectif de produire du sang et du sérum canins servant de base à la production d’un vaccin à usage vétérinaire. Le vaccin produit avec ces dérivés sanguins permet de protéger les animaux contre une maladie parasitaire transmise par les tiques : la piroplasmose. Cette maladie peut être sévère, voire mortelle pour l’animal. La production annuelle est fonction des besoins estimés annuellement par le donneur d’ordre pour produire le vaccin à usage vétérinaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permet la production d’un vaccin vétérinaire luttant contre une maladie parasitaire (transmise par les tiques) chez les animaux pouvant être sévère, voire mortelle pour les animaux.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
L’ensemble des chiens est soumis à des prélèvements sanguins au maximum une fois par semaine. Ces prélèvements sont réalisés à la veine jugulaire sur animaux vigiles. Lors d’une séance de prélèvement, le chien est amené avec ses congénères de son box dans la salle de prélèvement où ils restent une dizaine de minutes avant de retourner dans leur box d’hébergement. Le prélèvement en lui-même dure quelques minutes par chien. Le volume et la fréquence des prélèvements sont définis en fonction des recommandations internationales. – De manière standard, les prélèvement sont suivis d’une semaine de repos. Occasionnellement, les prélèvements sont suivis d’une période de repos plus longue (par exemple à l’occasion de leur vaccination et/ou vermifugation où ils ont deux semaines de repos). A la fin de la procédure expérimentale, si la réhabilitation de l’animal n’est pas possible et que son état le permet, un dernier prélèvement est prélevé avant sa mise à mort.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Au moment du prélèvement sanguin, les animaux subissent une nuisance limitée liée au stress de la contention et de l’introduction d’une aiguille entrainant une sensibilité légère et transitoire au point d’introduction. Les animaux sont hébergés durant toute la durée du projet dans un environnement protégé en bâtiment clos. De par leur gabarit et leur comportement naturel, les enrichissements standards ne sont pas adaptés. La durée de confinement pour chaque chien peut entrainer des perturbations comportementales (dominance, stéréotypie, stress). Ils peuvent par exemple être plus craintifs à la vue de nouveaux éléments ou dominant envers leur congénère. Ces troubles du comportement sont surtout présents chez les chiens les plus âgés, moins réceptifs aux efforts renforcés menés sur les enrichissements et la socialisation par la SBEA depuis plus de deux ans. Le travail de socialisation et enrichissement de l’environnement en amont de l’inclusion, depuis leur jeune âge, contribuera à raffiner ce mode d’hébergement pour les derniers chiens inclus ces deux dernières années. De plus, pour ces chiens inclus depuis 2 ans maximum, la durée de confinement sera réduite ce qui contribuera à faciliter leur réhabilitation à la fin du projet.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Pour les animaux réceptifs aux actions de socialisation mise en place par la SBEA, tout sera mis en œuvre pour qu’ils puissent être mis à l’adoption dans de bonnes conditions à l’issue du projet. La décision de cette réhabilitation se fera au cas par cas, sur avis vétérinaire, et avec la collaboration d’associations spécialisées. Pour les plus vieux chiens, déjà inclus dans ce projet, la procédure expérimentale s’arrêtera au maximum à leur 8 ans. Ces animaux moins réceptifs aux actions de socialisation ne pourront probablement pas être réhabilité et seront donc mis à mort à l’issu du projet. Cette décision sera prise au cas par cas, sur avis vétérinaire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation de chiens sur ce projet est justifiée car il n’existe pas de méthode alternative pour produire des dérivés sanguins permettant la fabrication du vaccin vétérinaire concerné.
2. Réduction
Aucune approche statistique n’est réalisée pour ce projet. Le nombre d’animaux utilisés correspond au minimum requis pour répondre au besoin en sang et sérum du producteur du vaccin. Il a été déterminé en fonction du volume de sang pouvant être prélevé sur les chiens (selon les recommandations internationales) et de la durée d’utilisation de ces animaux.
3. Raffinement
La fréquence et le volume des prélèvements sanguins respectent les recommandations internationales. Les volumes prélevés sont adaptés aux besoins du laboratoire producteur du vaccin et sont évalués chaque année. Un suivi attentif des animaux est réalisé afin de détecter tout signe de douleur ou d’inconfort au cours du prélèvement et dans les heures suivantes. Des compléments minéral et vitaminé sont donnés aux animaux à l’issue de la séance afin d’optimiser leur récupération. Ces compléments sous forme de comprimés appétents sont perçus comme une friandise permettant un renforcement positif de l’intervention. Afin de s’assurer de la bonne santé des animaux, en plus de leur observation quotidienne réalisée par le personnel soigneur, un examen vétérinaire est réalisé une fois par trimestre. Les chiens sont pesés une fois par mois et l’alimentation est adaptés en fonction. Des analyses sanguines sont effectuées régulièrement. Les animaux présentant la moindre pathologie sont pris en charge par le vétérinaire, mis au repos et exclus temporairement des séances de prélèvements. Ils sont suivis jusqu’à leur plein rétablissement. Au plus tard à l’âge de 8 ans (âge de réforme) les animaux sont exclus du pool. Un comportementaliste canin a été consulté et sur la base de ses recommandations, de nouveaux enrichissements sonore, visuel, lumineux ont été mis en place progressivement ainsi que des jeux et tunnels dans les box et des séances de socialisation avec l’homme. Cependant les bénéfices sont plus visibles chez les derniers chiens inclus dans ce projet. En effet il reste difficile d’intéresser les chiens les plus âgés aux nouveaux enrichissements. La SBEA a établi un plan d’action pour améliorer encore les interactions avec ces chiens et continue de mettre en place de nouveaux enrichissements. Ces actions devraient permettre de réhabiliter au moins les plus jeunes chiens à la fin de ce projet.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’objectif de ce projet est de produire du sang et du sérum canins, donc à partir de prélèvements sanguins sur des chiens. En raison de la fréquence et du volume des prélèvements sanguins réalisés, les animaux utilisés sont des chiens adultes. Les animaux sont prélevés de l’âge de 12 mois à 5 ou 8 ans maximum en fonction de la procédure expérimentale.