
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 23/07/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-972218)
Capturées au nichoir, baguées, pesées et mesurées, des mésanges bleues suivies depuis 1976 près de Montpellier et en Corse sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Le porteur déclare 5 500 oiseaux et décrit 1 100 captures, dont 800 avec une prise de sang de 20 µl et un prélèvement de huit à dix plumes de duvet sur la tête et la poitrine. Certains individus passent des tests de personnalité qualifiés de rapides, sans que le document précise lesquels. Tous sont relâchés là où ils ont été capturés, le programme reposant sur leur survie et leur reproduction ultérieures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Notre programme de recherche étudie la variabilité génétique, phénotypique et comportementale des oiseaux en milieu naturel. Par le suivi d’oiseaux se reproduisant en nichoirs, nous visons à déterminer comment les populations naturelles répondent à la variabilité des pressions de sélection à différentes échelles d’espace et de temps, c’est-à-dire leur capacité d’adaptation. Nous étudions différentes populations de mésanges bleues (Cyanistes caeruleus), deux dans le sud de la France, près de Montpellier et deux plus au Sud encore: en Corse.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet est un suivi à long terme, ce qui signifie que les mêmes individus, familles et populations sont étudiées années après années aux mêmes endroits. Initiée en 1976, la mesure de leur succès de reproduction, survie, condition, coloration et comportements donne une compréhension fine des capacités de réponse des populations naturelles d’oiseaux aux changements de leur environnement. Ce projet apporte donc des réponses sur le potentiel d’adaptations d’individus sauvages aux pressions anthropiques et naturelles
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
1100 oiseaux seront capturés, bagués, et 800 d’entre eux auront une quantité de sang prélevée au maximum une fois dans leur vie (le volume de sang visé est de 20 µl). Ils auront aussi entre 8 à 10 plumes de duvet prélevées au niveau de la tête et la poitrine. Le poids et la taille de ces individus seront mesurés et certains seront soumis à des tests de personalités rapides. Nous travaillons sur ces oiseaux depuis de nombreuses années et n’observons pas de nuisances majeures de notre travail sur leur reproduction et survie ultérieures.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’objectif de l’étude ést de relier les mesures réalisées sur les individus à leur succès de reproduction et survie donc les résultats ne pourront être pertinents que si les animaux n’ont subi ni stress aigu, ni effets indésirables. Les nuisances possibles sont les évènements de capture qui mèneront à du dérangement, ainsi que les manipulations visant à identifier les animaux (baguage). Une douleur peut être attendue lors des prises de sang, causée par l’introduction d’une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires. Les prises de sang ne dépasseront jamais les quantités recommandées pour un animal de cette taille. Enfin, toutes les manipulations seront effectuées par des manipulateurs formés pour leurs gestes.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les individus sont relachés après manipulation car l’objectif de notre programme de recherche est d’étudier les comportements et la démographie des populations dans leur milieu naturel de vie.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il s’agit ici de recherche scientifique fondamentale sur les comportements naturels d’animaux sauvages et leur adaptation à l’environnement naturel et anthropique. Il n’est pas possible de pouvoir déduire ces mécanismes sans recourir à des animaux vivants en populations naturelles et, dans certains cas, de les capturer. Les études en laboratoire ou les modèles mathématiques ne sont pas envisageables car ils font largement abstraction de la grande variabilité environnementale observée dans la nature et les études de laboratoire induisent du stress chez les animaux sauvages et réduisent souvent leur palette comportementale.
2. Réduction
Les mesures comportementales sont connues pour présenter une variabilité inter-individuelle importante et nécessitent de ce fait des tailles d’échantillon conséquentes pour arriver à des conclusions pertinentes. Les protocoles sont pensés de façon à utiliser un nombre minimal d’individus pour tout en donnant des résultats statistiquement solides et fiables. Les nombres sont choisis en s’appuyant sur nos connaissances du terrain, des expériences précédentes et la littérature scientifique évaluant des tailles d’effet sur la base d’une taille d’échantillon donnée. Nous limitons les nombres d’oiseaux impliqués en mesurant sur les mêmes individus plusieurs traits phénotypiques.
3. Raffinement
Nous pensons tous les protocoles pour réduire le temps de manipulation des oiseaux. Nous planifions nos tâches de travail de façon à pouvoir ne pas être en surcharge de travail et ainsi être calme avec les animaux Nous réduisons leur stress en les manipulant efficacement. Pour ce faire les expérimentateurs sont re-formés chaque année par des séances de rappel des procédures et des entraînements à la manipulation. Le suivi ultérieur des paramètres démographiques et reproducteurs des oiseaux qui ont été capturés sur le terrain permet de vérifier que ces paramètres ne sont pas altérés.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les mésanges nichent facilement dans des nichoirs et la capture/manipulation des poussins/parents n’entrainent pas d’abandon de nichées. Nos recherches sur le long terme (40 ans) sur les mésanges nous offrent une opportunité unique de mesurer les traits d’intérêt sur des oiseaux dont toute la généalogie est connue, ce qui permet notamment d’analyser l’hérédité des caractères. Notre but est ici de mesurer la sélection (naturelle et sélection sexuelle) et d’en mesurer les conséquences, par exemple dans le cadre de l’adaptation des oiseaux aux changements climatiques. Aucun modèle théorique ne peut remplacer l’étude des oiseaux dans la nature pour répondre à ces questions.