Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

1 420 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Deux mois de régime carencé en graisses, protéines, vitamines ou minéraux précèdent une irradiation destinée à détruire leur moelle osseuse, puis l’injection de cellules leucémiques et de lymphocytes T, jusqu’à quatre prélèvements de sang à la mâchoire et jusqu’à trois ponctions dans l’os du fémur. Le porteur annonce un amaigrissement, une paralysie des membres postérieurs empêchant l’animal de se déplacer et de s’alimenter, une prostration, voire une embolie pulmonaire. L’effectif de 1 420 souris n’est justifié que par la mention d’études antérieures du laboratoire et de « tests statistiques appropriés », sans autre précision.

NTS-FR-981215v1
Types de recherche
· Cancers · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Leucémies Aiguës Myéloïdes : cancer du sang, Traitement par greffe de moelle osseuse, Impact des régimes alimentaires
Souris : 1420

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les leucémies aigües myéloïdes (LAM) sont des maladies affectant la moelle osseuse puis d’autres organes par la suite comme la rate ou le foie. Afin de freiner cela il existe le traitement par chimiothérapie qui peut permettre une rémission complète mais souvent va progresser vers une leucémie récidivante pour lesquelles de nouvelles tentatives de chimiothérapie ne fonctionnent pas. En plus de la chimiothérapie il est possible d’effectuer des greffes de moelle osseuse, provenant d’un donneur compatible. Ce traitement entraîne une réponse dans la moelle osseuse contre la leucémie (Greffon contre la leucémie, GvL) afin d’éliminer les cellules leucémiques restantes. Cependant, la greffe ne permet pas toujours de guérir le patient (i) lorsqu’il n’y a pas une réponse suffisamment forte de l’organisme contre la leucémie ou (ii) lorsqu’il y a une réaction de la partie greffée contre les cellules normales du patient. De plus, le mode de vie des patients recevant cette greffe ou des donneurs sains, notamment le régime alimentaire n’est que très peu étudié. Le projet vise donc à comprendre l’impact du régime alimentaire sur la réponse GvL dans les LAM. Pour cela un modèle a été mis en place, en injectant des cellules sanguines (ou blastes) leucémiques provenant de souris malades, suivi de lymphocyte T (globule blanc qui jouent un rôle dans la réponse immunitaire) reconnaissant les blastes (cellules immatures de la moelle osseuse qui peuvent se différencier). Nous avons pu valider la réponse bénéfique GvL dans deux modèles de la maladie chez la souris, de par l’amélioration de la survie des souris recevant cette double transplantation. Les deux modèles étant un modèle de souris ayant été irradié : processus permettant de « faire de la place » dans la moelle osseuse et aux cellules leucémiques de s’y développer. Après l’étude de nombreux gènes chez la souris, nous avons pu identifier des gènes qui modifient la réponse GvL dans les LAM, incluant des gènes jouant un rôle dans le métabolisme (l’ensemble des réactions chimiques qui se déroulent dans l’organisme). Nous souhaitons à présent identifier quels régimes alimentaires pourraient améliorer l’efficacité de la réponse GvL.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

L’effet thérapeutique de la greffe de moelle osseuse est compromis dans plus de 40% des cas de patients atteints de leucémie aiguë myéloïde (LAM) avec une réponse immunitaire s’appelant : greffon contre la leucémie (GvL) insuffisante. Une meilleure compréhension des différents mécanismes est donc indispensable pour concevoir des immunothérapies (traitements) rationnelles et efficaces pour un traitement à long termes des LAM. Notre projet se propose d’identifier et de caractériser les potentiels rôles de différents régimes alimentaires sur l’effet GvL afin d’optimiser la réponse immunitaire du greffon médiée par les lymphocytes T toxiques vis-à-vis des cellules leucémiques.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux vigiles (c’est-à-dire non endormi) disposeront tout d’abord d’une période d’adaptation à leur régime alimentaire spécifique, pendant environ 2 mois. Les régimes alimentaires étudiés ont des compositions bien définies permettant d’avoir des carences en graisses, protéines, vitamines, minéraux… Une fois les souris adaptées à leur régime alimentaire spécifique, elles seront irradiées afin d’éliminer les cellules de la moelle osseuse afin de pouvoir injecter en une seule fois les cellules leucémiques par voie intraveineuse de quelques secondes dans la veine de la queue. Trois à 5 jours après injection des blastes, les souris seront injectées en une seule fois les cellules T immunitaires par voie intraveineuse de quelques secondes dans la veine de la queue. Des prélèvements de sang au niveau de la mâchoire de moins de 1 minute espacés d’au moins 1 semaine (4 au maximum) seront réalisés pour évaluer l’évolution de croissance tumorale. Nous ferons également une ponction de cellules dans l’os du fémur d’environ 5 minutes (8 à 10 jours après l’injection des cellules cancéreuses et au maximum 3 prélèvements sur la durée de la procédure expérimentale) ; les animaux étant placés sous anesthésie et analgésie adaptée.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Lorsqu’ils sont greffés, manipulés pour le suivi de prise de greffe, les animaux pourraient être confrontés à des effets indésirables tels que du stress et/ou une perte de poids. De plus, la greffe de cellules leucémiques va, comme attendu, permettre l’établissement de la maladie et donc entrainer au bout de quelques semaines un amaigrissement , une paralysie des membres postérieurs empêchant l’animal d’être mobile et de s’alimenter, une perte d’activité, une prostration, une déshydratation et/ou une hypothermie ou aller jusqu’à une embolie pulmonaire. De manière plus exceptionnelle, en cas de ponction osseuse, les animaux peuvent ressentir une gêne temporaire au niveau de la mobilité. De manière additionnelle, certains régimes alimentaires peuvent avoir un impact sur les souris telles que, la prise de poids, le risque de développement de maladies cardiovasculaires, d’atteinte rénales ou encore le développement de diabète.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront euthanasiés pour prélever la moelle osseuse et observer la réponse contre la leucémie des lymphocytes T (catégorie de globules blancs) qui jouent un rôle dans la réponse immunitaire.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Pour identifier les acteurs qui permettent une réponse contre la leucémie, des tests chez l’animal sont nécessaires car il n’existe pas de modèles in vitro permettant de regrouper de façon fidèle l’évolution du cancer au sein d’un organisme entier. Bien que certains modèles in vitro permettent d’obtenir des informations importantes sur le développement de la leucémie, ils ne sont pas suffisants car ils ne tiennent pas en compte de l’environnement dans lequel se multiplie les cellules cancéreuses, ce qui peut modifier leur comportement et l’effet des traitements.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre minimum de souris nécessaires par groupe a été établit grâce aux études antérieures du laboratoire et notamment à l’utilisation de tests statistiques appropriés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront observés quotidiennement et le milieu sera enrichi avec du papier et des frisottis pour améliorer le bien-être. Les protocoles seront étudiés afin de limiter au maximum le stress ainsi que la douleur subie par l’animal, en optimisant le mode et le volume d’injection et la durée de traitement. Les animaux seront anesthésiés et une analgésie sera effectuée lors des ponctions osseuses car il y a un risque plus important de gêne ou de douleur liée à cette procédure. De plus, les études antérieures ont permis de mieux appréhender les points limites et d’établir d’une liste de différents points limites qui seuls ou cumulés vont nécessiter l’euthanasie de l’animal. Une surveillance visuelle quotidienne des animaux et le suivi clinique réalisé une fois par semaine après la greffe des cellules leucémiques permettent de recenser les différents points limites.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le modèle souris est à la base de la compréhension du cancer. Du fait de la présence de nombreux gènes équivalents chez l’homme et la souris, il intègre les caractéristiques de la pathologie humaine et aident à la compréhension des étapes jalonnant la leucémogenèse. De plus, le métabolisme murin se rapproche de celui de l’homme. Dans cette étude, nous utiliserons des modèles de souris auxquelles nous injecterons des cellules leucémiques ainsi que des lymphocytes T, reconnaissant spécifiquement un antigène de ces blastes leucémiques. Nous utiliserons des souris âgées de 3 à 16 semaines. En effet, la mise sous alimentation spéciale sera fait dès le sevrage (à 3 semaines) et les modèles de greffe seront mis en place chez des souris adultes âgées d’au moins 8 semaines (âge permettant d’avoir une bonne prise de greffe des cellules leucémiques).