
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 04/05/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-986433)
Pour valider des aliments amaigrissants avant leur commercialisation, 54 chiens sont utilisés dans une étude de comportement alimentaire d’un niveau de souffrance léger. Ils reçoivent pendant deux à trois semaines des produits dont certaines formulations peuvent provoquer diarrhées, vomissements ou inconfort digestif. Chaque chien peut être utilisé jusqu’à dix fois sur cinq ans, avant d’être adopté à l’âge de la retraite fixé à huit ans. Le porteur indique que ces essais servent aussi à justifier les allégations de bénéfices apposées sur les emballages des produits.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de valider de nouveaux aliments dont le but est de rassasier (effet de satiété) des chiens qui sont en surpoids ou obèses. Ces nouveaux aliments seront prescrits pour entrainer une perte de poids, afin que le chien retourne à son poids de forme. Pour développer ces aliments, nous avons besoin d’identifier les critères de satiété afin d’assurer la validation des produits développés avant leur mise sur le marché ainsi que la formulation de ces produits pour répondre au plus près aux préférences alimentaires des chiens. Ce projet permet donc la mise en place de protocoles de recherches pour trouver de nouveaux facteurs de satiété mais aussi pour justifier scientifiquement les bénéfices produits qui sont apposés sur les emballages.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet nous permettra (i) d’augmenter nos connaissances sur les besoins nutritionnels et le comportement alimentaire des chiens, (ii) de formuler des produits au plus près des besoins des chiens et (iii) d’identifier de nouvelles solutions nutritionnelles à effet rassasiant pour aider à lutter contre l’obésité, ceci via l’évaluation de nouvelles formules, de nouveaux ingrédients ou la validation de nouveaux fournisseurs. Ce projet nous permettra également de générer des données nécessaires à l’enregistrement de ces produits dans certains pays.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Ce projet concerne uniquement des mesures de consommation et l’étude du comportement alimentaire. Selon le nombre de produits alimentaires testé (2 ou 3), la participation des chiens sera de 2 semaines pour 2 produits testés ou 3 semaines pour 3 produits testés. Un animal pourra être utilisé au maximum 2 fois la même année. Donc sur une durée de 5 ans, le nombre d’interventions sur un même animal ne pourra pas dépasser le nombre de 10.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les aliments à évaluer sont formulés pour ne pas être mauvais pour la santé des animaux, mais il est possible que certaines formulations entraînent des symptômes digestifs modérés (diarrhée, vomissements, inconfort digestif) ainsi qu’une prise de poids rapide. Il s’agit soit de produits commerciaux conformes à la réglementation sur la sécurité alimentaire, soit de prototypes dont les matières premières et les doses sont évaluées par des formulateurs, des nutritionnistes et des toxicologues pour s’assurer que les doses utilisées ne sont pas toxiques. Avant d’être donnés aux animaux, des analyses complètes nutritionnelles et bactériologiques sont effectuées sur les aliments après chaque fabrication.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont gardés en vie et recevront un suivi vétérinaire et des soins adaptés à leur état de santé. Les animaux ne sont pas adoptés directement à la fin de ce projet et comme décrit plus haut, sont utilisés dans d’autres projets, ou pour des observations de comportement alimentaire n’entrant pas dans le cadre de saisine. Ils sont par contre tous adoptés une fois l’âge de la retraite atteint, soit 8 ans.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Chaque espèce animale possède son propre métabolisme, il est donc important d’utiliser les espèces auxquelles les aliments sont destinés. A ce jour il n’existe pas de modèle qui puisse tester le fait qu’un aliment permette de rassasier le chien. Il faut donc passer par des essais in vivo au cours desquels les chiens reçoivent l’aliment à évaluer. Une connaissance approfondie de nos formules et de nos matières premières nous permet d’anticiper la performance de certaines formules ce qui permet de limiter le nombre d’essais animaux à effectuer.
2. Réduction
Le nombre minimum de chiens requis pour évaluer de façon fiable l’effet rassasiant d’un aliment est de 10 animaux par aliment à tester. Ce nombre, qui est issu de nos données internes, correspond également au minimum imposé par les autorités de certains pays pour valider l’enregistrement de produits. En dessous de ce nombre (n=10 par groupe), les résultats peuvent être incertains et ne permettraient pas de conclure avec certitude sur les résultats obtenus.
3. Raffinement
Ce protocole pourrait entrainer de légers inconforts sur le plan digestif mais les animaux bénéficient d’un plan de suivi vétérinaire optimal (examens réguliers, vétérinaire sur site), sont examinés quotidiennement par les techniciens animaliers, et ont des sorties quotidiennes d’exercice et de socialisation. Selon leur taille, les chiens vivent soit dans leur pièce collective (petits chiens) soit dans leur box individuel (moyens et grands chiens). Ces pièces comprennent une partie intérieure et extérieure. De plus, les animaux reçoivent une formation qui comporte une partie centrée sur l’habituation au système de nourrissage (blocs-balances) afin de minimiser le stress. Un suivi comportemental est également effectué par des observations quotidiennes et une évaluation semestrielle. Tout ceci permet de minimiser toute douleur ou souffrance qui pourrait être liées au protocole. Pour s’assurer que les aliments évalués ne sont pas mauvais pour la santé des animaux, nous leur distribuons soit des aliments commerciaux conformes aux normes de sécurité alimentaire, soit des prototypes validés par des formulateurs, nutritionnistes et toxicologues. Des analyses nutritionnelles et bactériologiques sont réalisées après chaque fabrication pour s’assurer de la conformité des aliments distribués. Dans le cas où certaines formulations entraînent des symptômes digestifs modérés (diarrhée, vomissements), l’intensité de ces symptômes pourra entraîner une exclusion des animaux concernés (qui recevront des soins vétérinaires) voire un arrêt de la procédure si les points limites sont atteints. De même, dans le cas où un animal prendrait du poids suite à ce protocole, un régime adapté serait mis en place dès sa sortie du protocole pour qu’il puisse retrouver son poids de forme.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Chaque espèce animale possède son propre métabolisme, ses propres performances digestives, ainsi que ses propres préférences alimentaires pour un aliment donné. Il est donc important d’utiliser les espèces auxquelles les aliments sont destinés. A ce jour il n’existe pas de modèle qui puisse tester le fait qu’un aliment permette de rassasier le chien ou même d’en prédire sa bonne consommation. Il faut donc passer par des essais in vivo au cours desquels les chiens reçoivent la formulation à évaluer. Pour ce projet, nous sélectionnons des animaux au stade adulte car les aliments formulés pour un effet rassasiant et à visée de perte de poids ne sont pas adaptés à des animaux en croissance.