
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 20/01/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-988756)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’expérience vise à adapter l’approche d’alimentation des poissons, développée pour les étangs tropicaux, aux étangs en climat tempéré. Cette stratégie repose sur une alimentation enrichie en fibres peu digestibles et à faible teneur en protéines, afin de stimuler la productivité naturelle de l’écosystème aquatique. L’intérêt est double : réduire l’apport d’aliments commerciaux et favoriser le développement de ressources alimentaires présentes naturellement dans les étangs (micro-organismes, plancton, invertébrés, macrophytes) qui deviennent une source indirecte de nutriments pour les poissons. L’expérimentation se déroulera sur six étangs de 500 m² (3 étangs pour chaque type d’aliment) avec une polyculture de poissons composée pour chaque étang de 12 carpes communes, 14 carpes Amour, 12 gardons, 6 tanches et 8 sandres, à même de valoriser les ressources alimentaires de l’écosystème. Deux types d’aliments seront comparés : un de type commercial et un formulé pour stimuler la croissance des ressources naturellement présentes dans l’étang. Des analyses nutritionnelles, moléculaires et écologiques seront menées pour évaluer les effets sur la croissance des poissons et le fonctionnement de l’écosystème.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’enjeu de cette expérience est de vérifier l’applicabilité de cette approche nouvelle forme d’alimentation en contexte tempéré, tout en analysant ses implications nutritionnelles pour les poissons et sur le fonctionnement de l’écosystème étang. Plus globalement, il s’agit d’introduire une nouvelle façon d’envisager la nutrition des poissons d’étang en Europe, fondée sur la nature et en adéquation avec les principes de l’agroécologie, en misant sur la stimulation des ressources naturelles du milieu et en diminuant les apports alimentaires en quantité et en qualité, permettant un meilleur bilan environnemental et économique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– le transfert de tous les poissons entre les étangs de stockage et les étangs d’élevage en début d’expérience, et le transfert de tous les poissons vers les bassins de stockage temporaire avant les mesures de poids et de longueur, puis leur transfert aux étangs de stockage en fin d’expérience – l’anesthésie de tous les poissons lors des mesures de longueur et de poids – Mesures de poids et de longueur non invasives sur animaux anesthésiés réalisées deux fois au cours des 6,5 mois d’élevage. La durée de la procédure totale, comprenant les stockages intermédiaires peut être d’une heure, avec une phase de biométrie hors d’eau d’une à trois minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les principales nuisances pour les animaux consistent en la pêche avec épuisettes en début et fin d’expérience, afin de réaliser des mesures (poids, longueurs) individuelles et les répartir dans leurs structures d’accueil (étangs expérimentaux en début d’expérience, étangs de stockage en fin d’expérience).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les poissons ne subissant que la manipulation et l’anesthésie en vue de leur mesure de poids et longueur sont tous réutilisés, soit comme géniteurs soit entrant dans un nouveau cycle de croissance ou d’expérimentation. Les poissons euthanasiés sont envoyés au laboratoire pour l’analyse chimique corporelle.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Cette expérience est principalement à vocation zootechnique. Elle nécessite le recours aux espèces utilisées en élevage classique. Le manque de recul et de modèles sur les interactions entre les espèces aquatiques d’élevage et leur écosystème, ne permet pas de réaliser ce type d’expérience in silico.
2. Réduction
Les proportions des différentes espèces et leurs effectifs ont été déterminés pour représenter les pratiques d’empoissonnement en polyculture d’étang courantes. Il n’est pas possible de les diminuer sans perdre le caractère représentatif des pratiques. Le nombre de trois répliquats est le minimum que nous pouvons admettre pour obtenir des résultats statistiquement exploitables. De même, le nombre de 5 individus mis à mort par espèce et par étang fait référence à l’effectif minimum admis pour la représentativité des résultats d’analyses corporelles et isotopiques.
3. Raffinement
Afin de limiter les nuisances envers les poissons, les conditions de contention sont surveillées, notamment en maintenant un renouvellement d’eau lors des stockages temporaires et le contrôle des comportements. Avant chaque manipulation pour mesures (non invasives), les poissons sont anesthésiés, afin de limiter le stress, les risques de chute, limiter la durée hors d’eau en augmentant la rapidité des mesures de biométrie. La phase de réveil est contrôlée dans des bassins séparés par espèce, avec renouvellement d’eau.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les espèces choisies : carpe Amour, carpe commune, tanche, gardon et sandre, sont représentatives des polycultures de poissons d’étangs extensives ou semi-intensives en France. Ce sont par ailleurs, des espèces particulièrement tolérantes aux bas niveaux de qualité d’eau ce qui les rend tolérantes aux manipulations. Les carpes communes, les carpes Amour et les sandres sont de taille moyenne (2 ans de croissance), afin d’optimiser leur croissance dans le dispositif. Les tanches et les gardons sont des géniteurs fertiles afin d’optimiser leur reproduction qui se produira lors de l’élévation naturelle de la température de l’eau au printemps.