
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 03/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-992152)
Opérées du cerveau sous anesthésie générale pour implanter une canule ou une fibre optique dans l’hippocampe, 210 souris vont être utilisées dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré, toutes tuées pour prélever leur cerveau et leur tissu adipeux. L’intervention dure environ une heure, et le porteur signale des crises d’épilepsie rares ainsi que la possibilité que l’animal décolle son implant en se frottant. Chaque souris subit ensuite deux stress de cinq minutes et un test de mémoire, après un régime riche en gras et en sucre administré dès l’adolescence, avec ou sans restriction horaire. Au titre de la réduction, le porteur indique récupérer pour ses mises au point des souris « produites mais non utilisées », issues de croisements transgéniques n’ayant pas donné le génotype voulu.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La consommation de régime alimentaire obésogène (riche en gras et en sucre) pendant la période d’adolescence est associée à des troubles de mémoire. Ceux-ci peuvent être prévenus si l’alimentation obésogène est restreinte dans le temps (chrononutrition). Nos travaux précédents montrent que le régime obésogène entraine une modification de la régulation des hormones glucocorticoïdes (corticostérone chez la souris) qui est restaurée par la chrononutrition. Or ces hormones sont connues pour être fortement impliquées dans les processus de mémoire. Leur altération pourrait expliquer les troubles de mémoire associés à la consommation d’alimentation obésogène. L’objectif principal de ce projet est de mesurer le rôle des hormones glucocorticoïdes in vivo, en temps réel et au cours du temps dans différents contextes d’alimentation (obésogène vs contrôle, avec ou sans chrononutrition) en une utilisant une approche nouvelle basée sur la fibre optique. Nous pensons qu’avec cette technologie nous pourrons plus finement comprendre le rôle de ces hormones dans les troubles de mémoire et leur prévention par la chrononutrition.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’achèvement des expériences proposées devrait fournir des preuves de concept pour de nouvelles approches thérapeutiques potentielles utilisant l’alimentation limitée dans le temps(chrononutrition) pour traiter les troubles de la mémoire (et éventuellement des troubles émotionnels) induits par l’obésité. Le projet fournira également de nouvelles connaissances sur les actions des hormones glucocorticoïdes sur le cerveau, ce qui pourrait aider à traiter les pathologies associées à un excès de ces hormones.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chaque animal (210 au total) subit une intervention chirurgicale sous anesthésie générale. La chirurgie dure environ 1h et la récupération post-opératoire est d’environ 2 heures. Ensuite, chaque animal subit deux stress modérés de 5 min chacun. Tous les animaux subissent un test de mémoire de 2 fois 10 min. Six animaux recevont deux injections de drogue et 6 animaux recevront une injection de drogue. Les injections durent 3 min chacune.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances attendues sont celles associées à la chirurgie du cerveau bien que toutes les précautions soient prises pour réduire la douleur ou les infections (nuisance modérée). L’implantation de canule ou de fibre optique dans la région du cerveau appelée hippocampe (siège de la mémoire), peut entrainer parfois des crises d’épilepsie (rare et de courte durée). La souris opérée peut parfois décoller la canule implantée ou la fibre optique en la frottant. Cela peut générer un inconfort qui reste modéré car il n’y a pas de plaie ouverte. Certains tests de comportement sont stressants mais ne durent que 5 min. Le régime obésogène utilisé n’entraine pas de diabète pour le temps d’exposition maximale utilisé (12 semaines).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
les animaux sont mis à mort pour prélèvement d’organes (cerveau, tissu adipeux) en vue d’analyses post mortem
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif général du projet vise à comprendre chez l’animal les conséquences comportementales et neurobiologiques de régime obésogène sur la mémoire et les émotions et les effets de la chrononutrition. Dans ce contexte de recherche, le recours à des modèles animaux pertinents et adaptés à l’étude de la mémoire et des émotions reste donc une nécessité expérimentale afin d’appréhender la réalité physiologique de nos résultats. Une recherche d’alternatives et d’autres méthodes dans des bases de données démontre par ailleurs que les solutions de rechange appropriées à ces procédures ne sont pas disponibles ou applicables.
2. Réduction
Pour réduire le nombre d’animaux, nous effectuons plusieurs mesures sur le même animal dans un ordre précis afin qu’une première mesure n’influence pas la deuxième. Pour les mises au point nous utilisons des animaux produits mais non utilisés (par exemple souris récupérées de croisements de souris transgéniques n’ayant pas le génotype désiré) afin de réduire les pertes pour la réalisation des expérimentations. Le nombre d’animaux utilisé est calculé afin d’avoir des tests statistiques robustes n’obligeant pas à répéter l’expérience. Aucun dupliqua du travail proposé n’est aujourd’hui identifié
3. Raffinement
A leur arrivée, les animaux ne subissent pas d’expérimentation pendant 2 semaines afin de favoriser leur acclimatation à notre animalerie. Nous les manipulons régulièrement pour qu’ils s’habituent à l’expérimentateur. Lors des chirurgies nous pratiquons une anesthésie générale et une antalgie médicamenteuse. La chirurgie est réalisée dans des conditions d’asepsie et nous pratiquons des soins pré et post-opératoires adaptés. Nous avons mis en place un arbre décisionnel de points d’arrêt précoces où nous intervenons pour réduire le stress et la douleur des animaux si nécessaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous utilisons uniquement des souris car les expériences de comportement sont validées dans cette espèce et les appareillages sont disponibles. Les traitements nutritionnels sont faciles à conduire et divers aliments/régimes alimentaires sont disponibles commercialement. La plupart des expérimentations en neurosciences sont conduites sur des rongeurs (rat ou souris), nos expériences enrichissent le corpus de données en permetttant des compariasons directes avec ce qui es déjà publié. Nous étudions les souris entre 3 et 15 semaines d’âge. Ces âges couvrent la période d’adolescence (3 à 7 semaines) jusqu’à l’état jeune adulte, stades de développement que nous voulons étudier dans notre projet.