
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 03/08/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-998852)
560 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Elles sont soumises à un régime riche en graisses pendant un à quatre mois, à des antibiotiques dans l’eau de boisson et, pour certaines, à une ablation chirurgicale des organes génitaux, afin d’étudier le vieillissement du système immunitaire lié à l’obésité. Le porteur indique que les souris grossissent et deviennent moins actives, et que la chirurgie provoque des douleurs à l’incision. Il affirme que les interactions du système immunitaire ne peuvent être reproduites in vitro, ce qui l’oblige selon lui à recourir à l’animal.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’obésité, maladie de plus en plus présente dans le monde, est devenue un enjeu majeur de santé publique. Elle est à l’origine de nombreuses complications telles que des maladies inflammatoires chroniques. L’obésité est également associée à des anomalies de la flore intestinale et à une diminution de la fonction du système immunitaire. Ces mêmes phénomènes ont également pu être observés au cours du vieillissement chez la souris. En effet, une inflammation chronique et une modification de la flore intestinale conduisent à une altération de la fonction d’une population de cellules composant le système immunitaire (les lymphocytes T) et donc à son vieillissement. Nous posons donc l’hypothèse que l’inflammation chronique et les modifications de la flore intestinale observées dans l’obésité pourraient induire un vieillissement accéléré du système immunitaire. Notre objectif est, dans un premier temps, d’étudier l’impact d’une obésité induite par un régime riche en graisses sur le vieillissement du système immunitaire. Dans un second temps, nous évaluerons le rôle de l’inflammation, de la flore intestinale mais aussi des hormones sexuelles sur le vieillissement du système immunitaire dans le contexte d’une obésité induite par un régime riche en graisses.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet pourrait permettre de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans l’immunodéficience observée dans l’obésité. Ces travaux pourraient ainsi ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques pour les personnes obèses. Nous porterons également notre attention sur l’impact du sexe qui n’a pas été étudié jusqu’ici.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à différents types d’aliments (régime contrôle ou régime riche en graisses) sur une durée de 1 à 4 mois. Certains animaux seront également soumis à un traitement antibiotique dans l’eau de boisson sur une durée de 2 mois maximum. Enfin, d’autres animaux subiront une ablation des organes génitaux par chirurgie avant d’être mis sous régime contrôle ou riche en graisses.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux placés sous régime riche en graisses vont prendre du poids tout au long des semaines et vont devenir moins actifs. Le traitement aux antibiotiques peut donner un goût à l’eau de boisson. Les souris sont susceptibles de moins boire en début de traitement. La chirurgie d’ablation des organes génitaux pourra entrainer des douleurs au niveau de l’incision.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des animaux sera mis à mort afin de récupérer tous les prélèvements nécessaires à l’étude du vieillissement du système immunitaire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le système immunitaire est composé de nombreuses cellules qui interagissent entre elles. L’effet d’un régime riche en graisses sur les cellules qui le composent est le résultat d’interactions complexes qui ne peuvent pas être reproduites in vitro nous obligeant ainsi à utiliser l’expérimentation animale.
2. Réduction
Des lots d’un nombre réduit d’animaux seront utilisés pour anticiper la validité statistique des données obtenues. De plus, des expériences préliminaires nous permettront de réduire le nombre d’animaux utilisés en déterminant le temps de mise sous régime le mieux adapté.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés en portoirs ventilés et auront un accès ad libitum à l’eau et à la nourriture. Ils seront au maximum 5 par cage. Le milieu sera enrichi à l’aide de coton de nidification et de maisons en cartons. Le régime riche en graisses n’induit pas de souffrance chez les animaux. Les souris vont prendre du poids et devenir un peu moins actives. Elles seront sous surveillance quotidienne de la part de l’équipe professionnelle de zootechnie et un suivi hebdomadaire de la part de l’équipe scientifique sera mis en place en prenant en compte les critères établis dans la grille de score. Si, au vu des critères, un animal est en mal-être, il sera mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est le modèle de référence dans l’étude du système immunitaire. En effet, de nombreuses voies de régulation sont conservées entre souris et homme, permettant une extrapolation des résultats obtenus. Enfin, la disponibilité de données bibliographiques importantes sur la physiopathologie de la souris est un atout important dans l’analyse et l’interprétation de nos travaux de recherche sur ce modèle animal. Les souris utilisées auront entre 8 et 12 semaines au début de la mise sous régime gras car à cet âge le système immunitaire est mature.