
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 26/11/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-053286)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La nutrition du jeune poussin est délicate du fait du passage d’une alimentation d’origine maternelle à une alimentation d’origine exogène, alors qu’elle contribue de manière importante à sa robustesse en renforçant sa santé digestive. Les apports protéiques pourraient probablement être réduits dans les premiers jours de vie et l’usage de matières premières protéiques locales souvent riches en fibres pourrait être facilité en période de croissance par une alimentation néonatale adaptée. L’objectif général du projet est de proposer des stratégies nutritionnelles précoces du poussin afin de renforcer sa santé et son bien-être, et d’améliorer l’usage de sources de protéines diversifiées et locales. La première étape, qui a fait l’objet d’une précédente demande, visait à optimiser l’apport protéique pendant les premiers jours de vie. Nous cherchons dans cette nouvelle demande à améliorer l’équilibre en acides aminés et évaluer l’impact de la supplémentation en acides aminés fonctionnels (acides aminés ayant un rôle sur des fonctions physiologiques), puis dans une future troisième étape à raffiner les besoins en protéines et en acides aminés en fonction de certaines caractéristiques du régime.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’objectif étant d’affiner la connaissance des besoins en acides aminés pour ajuster et/ou équilibrer les apports sur la phase de démarrage, l’intérêt scientifique de ce projet réside en premier lieu dans l’approche expérimentale fine d’une période du développement de l’animal qui est relativement peu étudiée. La connaissance des besoins nutritionnels du jeune a été expérimentée mais jamais, à notre connaissance, sous l’angle complémentaire des performances zootechniques et des biomarqueurs en lien avec la robustesse, la santé et le bien-être des animaux. Au niveau opérationnel, les attendus sont de : mieux appréhender les besoins du jeune (incluant la période ≤ 7 jours) pour réduire les apports en protéines et apporter les acides aminés de manière à optimiser l’équilibre entre les fonctions adaptatives et productives, et à terme proposer des stratégies nutritionnelles précoces permettant de renforcer la santé et le bien-être des animaux tout en favorisant l’usage de matières premières protéiques locales sur toute la période d’élevage.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Une prise de sang au sinus occipital sera effectuée sur animaux vigiles. Les animaux prélevés ne seront pas les mêmes à chaque date. Il n’y aura donc qu’une prise de sang par animal qui ne durera que quelques secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La contention lors des prises de sang engendre du stress pour l’animal, une légère douleur au niveau du site de prélèvement et un éventuel hématome.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Suite à la procédure de prise de sang, les animaux seront mis à mort pour des découpes anatomiques et des prélèvements de tissus, à J5 et à J10, ceci afin d’étudier leur composition corporelle et mesurer des biomarqueurs tissulaires en lien avec leur robustesse, santé et bien-être en fonction en fonction de l’apport alimentaire en acides aminés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La connaissance des besoins nutritionnels du jeune poussin sera expérimentée sous l’angle original et complémentaire des performances zootechniques et des biomarqueurs en lien avec la robustesse, la santé et le bien-être des animaux. Les analyses ne peuvent se réaliser que chez l’animal et directement sur l’espèce cible (poule domestique).
2. Réduction
L’effectif de 384 animaux (moitié mâles et moitié femelles) a été défini pour permettre de détecter significativement un effet de la variation d’apport alimentaire en acides aminés (5 régimes supplémentés avec des acides aminés différents et un régime témoin non supplémenté) sur les performances de croissance et des biomarqueurs sanguins et tissulaires en lien avec la robustesse, la santé et le bien-être des animaux. L’unité statistique pour analyser les performances de croissance sera le compartiment. Huit compartiments par groupe sont nécessaires et suffisants pour détecter des différences de consommation d’aliment et d’indice de consommation entre régimes d’après des travaux publiés en 2017 sur l’apport en protéines et en acides aminés chez les poulets en fin de période d’élevage. L’unité statistique pour les dosages de biomarqueurs sera l’animal. Un effectif de 16 animaux par régime, par sexe et par âge au prélèvement (2 par compartiment, par sexe et par âge au prélèvement), soit 384 animaux, est nécessaire et suffisant pour pouvoir tirer des conclusions significatives en tenant compte de nos expériences précédentes et de la variabilité interindividuelle attendue des paramètres sanguins et tissulaires mesurés : utilisation des résultats d’essais précédents et des avancées méthodologiques rapportées dans un article publié en 2021.
3. Raffinement
Les animaux seront élevés dans un bâtiment d’élevage standard, au sol sur litière avec copeaux de bois dans des compartiments où ils resteront en groupe. La taille du compartiment est suffisante pour permettre aux poussins de se déplacer avec une zone de repos significative en plus de l’espace mangeoire et abreuvement. Les animaux auront à disposition plusieurs enrichissements leur permettant de grimper et de se cacher. Le suivi des performances sera fréquent avec des mesures tous les 2 ou 3 jours sur la période étudiée. Toute manifestation de symptômes persistants définis par un point limite entrainera le retrait de l’animal de l’expérimentation. Les prises de sang seront effectuées dans un lieu différent des espaces d’hébergement.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le poulet de chair a été choisi comme modèle car c’est l’espèce agronomique cible du projet. Les œufs embryonnés seront mis en incubation au couvoir de l’établissement expérimentateur puis les animaux seront élevés jusqu’à 10 jours.