
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 11/03/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-511083)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’imagerie optique des tissus sur animal vivant, autrement appelée « imagerie intravitale », est actuellement la seule méthode pour étudier les aspects dynamiques des processus physiologiques ou pathologiques à l’échelle cellulaire. Cette méthodologie passe par l’implantation chirurgicale de chambres dorsales, crâniennes ou abdominales au travers desquelles les tissus à observer sont physiquement exposés de manière stérile. Introduite depuis plusieurs années, elle a été développée essentiellement en cancérologie pour : 1- analyser les mouvements et interactions cellulaires ; 2- observer les modifications anatomiques et fonctionnelles des réseaux vasculaires ; 3-comprendre et optimiser les mécanismes d’action de molécules thérapeutiques. Ces chambres ont été développées par des laboratoires académiques et restent confinées à leurs propres fins de recherche. Dans le laboratoire, nous avons développé et validé un modèle de chambre dorsale multimodal toléré sur plusieurs mois par la souris. L’expérience acquise à ce jour avec ce dispositif nous a permis de définir une procédure chirurgicale optimisée en terme de gestes opératoires tant dans leur réalisation que dans leur enchainement réduisant ainsi la durée de la chirurgie à son minima et améliorant la survie de l’animal. De la même manière, les procédures en imagerie optique suivent désormais des protocoles précis à la fois dans la prise en charge des animaux et leur maintien en conditions les plus favorables possibles, que dans les protocoles d’acquisition d’images proprement dits. Nous souhaitons former 1 à 3 personnels préalablement qualifié en chirurgie et en imagerie photonique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A l’issue de la formation, le stagiaire aura connaissance de l’ensemble des étapes pour l’implantation et le suivi en imagerie d’une chambre dorsale sur animal greffé. Toutes les informations éthiques et scientifiques lui auront été communiquées (documents papier et échanges oraux). Le format tutorat de la formation permet une prise en charge quasi individuelle du stagiaire conduisant à une meilleure interaction entre les différents intervenants. Un support technique post-tutorat pourra garantir la bonne mise en application des procédures apprises au moment de la formation. Une fois l’ensemble de la procédure acquis, les stagiaires pourront la mettre à profit pour leur propre projet de recherche et former d’autres personnels s’ils le jugent opportun.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Implantation de la chambre dorsale sous anesthésie générale : 45min entre le début de l’anesthésie et le réveil de l’animal : la procédure en elle-même dure 30 min. L’intervention inclut l’injection d’agents analgésiques lors de la chirurgie sous anesthésie générale (2 injections par animal, durée 20 secondes par injection), Fixation de la chambre dorsale par suture (durée 10 minutes maximum), Incision de la peau (durée quelques secondes), Injection intradermique de cellules tumorales sous anesthésie générale (1 par animal – 30sec). 2. Phase d’imagerie: Injection de l’agent de contraste sous anesthésie générale (1 par animal – 2min), Acquisition d’images en microscopie (1 par animal- 30min).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La procédure chirurgicale entrainera une contrainte légère et transitoire (anesthésie générale). La présence de la chambre entrainera une contrainte modérée en termes de mobilité et de douleur. L’injection d’agent de contraste lors de la procédure d’imagerie entrainera une contrainte légère et transitoire (anesthésie générale). Les injections de cellules tumorales et les injections entraineront un stress physique et transitoire (préhension) et une douleur et une contrainte légère et transitoire (injections sous anesthésie locale ou générale). L’examen en microscopie confocale sous anesthésie générale entrainera une contrainte légère et transitoire. Aucune nuisance spécifique n’est attendue suite à l’injection des cellules tumorales par voie sous-cutanée vu la durée de maintien des animaux en procédure. Les animaux en hébergement individuel pourront souffrir de la diminution de leurs interactions sociales avec d’autres individus, ce qui peut induire de l’apathie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin de la procédure, tous les animaux seront euthanasiés car porteurs de chambres dorsales.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La formation s’adresse à des personnes autorisées et qualifiées en chirurgie et imagerie. Il s’agit de transmettre les gestes opératoires spécifiques à la greffe de chambre dorsale dont la maitrise dépend de l’élasticité cutanée, du réseau vasculaire et du derme à préserver au mieux afin de garantir une greffe qui sera exploitable pour l’imagerie. Ces paramètres ne peuvent être correctement reproduits sur des fantômes plastiques de souris. De plus, les acquisitions en imagerie peuvent être biaisées par une mauvaise prise en charge de l’animal et de son monitoring. Par ailleurs, les protocoles en imagerie sont réalisés après injection intraveineuse d’un biomarqueur pour réhausser le signal des microvaisseaux. Or ce type d’expérience n’est absolument pas réalisable sur fantômes. Pour toutes ces raisons, le recours à l’animal est incontournable et indispensable dans ce projet.
2. Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux, l’équipe formatrice implantera un seul animal afin de garantir la qualité de la séance d’imagerie en cas d’échec de l’implantation par le stagiaire (risque d’inflammation, mauvaise fixation de la chambre). Pour le stagiaire, 2 animaux seront nécessaires pour qu’il acquiert les 2 postes du binôme formateur (chirurgie/assistant chirurgie).
3. Raffinement
Toutes les interventions sur l’animal, de l’implantation de la chambre dorsale à l’imagerie intravitale, seront réalisées sous anesthésie générale. Concernant la procédure chirurgicale, une anesthésie locale sera réalisée avant l’incision de la peau et un anti-douleur sera administré avant le réveil de l’animal. Les animaux seront surveillés quotidiennement afin de détecter précocement l’apparition de signes cliniques. Des points limites précoces ont été définis et seront strictement appliqués. Les animaux seront pesés au moins 2 fois par semaine afin de prévenir une éventuelle détérioration de l’état général. Si des signes de douleurs sont détectés un analgésique sera administré après analgésie locale. Avant l’implantation chirurgicale, les animaux seront stabulés en groupe, aliment et eau ad libitum, un enrichissement adapté sera présent dans toutes les cages. Compte tenu de la présence de la chambre dorsale, les animaux devront être hébergés individuellement après la procédure chirurgicale. Cependant une augmentation de l’enrichissement permettra de réduire l’impact de l’isolement et l’animal restera en contact visuel avec ses congénères. Afin de favoriser la récupération post-chirurgicale, un aliment préhensile et energétique sera ajouté dans toutes les cages.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le développement du modèle de chambre dorsale a été conduit chez la souris, animal de référence pour les études en cancérologie. La souris de la souche sélectionnée est préférée du fait de son élasticité cutanée et de l’absence de poils qui facilitera la greffe chirurgicale en particulier pour des novices à ce type de chirurgie. Les animaux seront adultes (minimum 8 semaines). Compte-tenu de l’encombrement de la chambre dorsale sur le dos de l’animal et de la procédure chirurgicale, la physionomie de l’animal doit être suffisamment robuste pour limiter la mortalité lors de la chirurgie. Des études préliminaires ont montré une mortalité opératoire plus importante quand l’animal avait moins de 8 semaines.