
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 17/04/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-842926)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Pour préserver l’efficacité des antibiotiques « récents » en médecine humaine, il est recommandé d’utiliser des antibiotiques « anciens » en médecine vétérinaire. Ces antibiotiques « anciens » sont déjà utilisés chez les ruminants mais du fait de l’ancienneté des autorisations de mise sur le marché de ces antibiotiques, une révision et une optimisation des modalités de traitement (doses, voies d’administration, intervalles de traitement) sont nécessaires pour garantir l’efficacité des molécules pour traiter les infections chez les ruminants. Les objectifs de ce projet seront donc de (1) déterminer le devenir de certains antibiotiques « anciens » dans l’organisme d’agneaux et de veaux selon plusieurs modalités d’administration, (2) prédire par des modèles mathématiques l’efficacité ou non des différents traitements antibiotiques contre des bactéries rencontrées fréquemment chez ces espèces, et (3), dans l’éventualité d’une inadéquation des protocoles de traitements actuels, proposer par des modèles mathématiques des doses et intervalles d’administration permettant une lutte efficace contre les bactéries les plus fréquemment responsables d’infection chez les ovins et les bovins.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les applications attendues sont (1) une utilisation plus efficace des tétracyclines largement utilisées chez les ovins et les bovins, afin de préserver leur efficacité plus longtemps pour l’animal comme pour l’Homme et ainsi éviter au maximum d’utiliser les antibiotiques de seconde et de troisième génération; (2) la réduction de l’utilisation des antibiotiques « récents » en médecine vétérinaire ce qui permettra de les préserver pour la médecine humaine.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Il y aura 2 phases expérimentales pour chaque animal comportant 15 prises de sang au maximum et une administration d’antibiotique. L’administration durera de 2 min à 5 min environ. La durée des prises de sang sera de 30 secondes au maximum (contention comprise).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les prélèvements sanguins nécessaires à l’obtention de plasma seront réalisés de manière répétée et peuvent entrainer un stress qui sera diminué au maximum notamment en utilisant le renforcement positif. En ce qui concerne les effets indésirables attendus, aux doses utilisées dans notre étude, leur survenue sera peu probable mais ils ne peuvent pas être exclus. Les animaux seront alors observés plus particulièrement dans l’heure suivant les administrations, en plus des deux suivis quotidiens.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les agneaux pourront être conservés au sein de laboratoire et rejoindront le cheptel de TP. Les veaux ne pourront pas être conservés au laboratoire et rejoindront le circuit de consommation humaine après respect du temps d’attente pour viande et abats, les antibiotiques étant utilisés selon les formulations et les doses autorisées chez les bovins.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour optimiser les posologies des tétracyclines en élevage, il serait en théorie nécessaire de déterminer : – le devenir des médicaments dans l’organisme d’animaux sains, – à partir de ces données et de données sur les pathogènes ciblés, de tester sur des animaux infectés de nouveaux schémas posologiques. Il n’est pas possible de se passer d’animaux pour la première partie sur animaux sains car le devenir d’un médicament dans un organisme (pharmacocinétique) n’est pas prévisible par des études in vitro compte-tenu de la complexité des mécanismes (absorption, métabolisme hépatique, diffusion tissulaire, élimination rénale…). Cependant, nous allons remplacer les optimisations de posologie suivantes sur animaux infectés par modélisation in silico à partir des données in vivo sur animaux sains et de données d’efficacité des traitements obtenues in vitro.
2. Réduction
Le nombre d’animaux nécessaire pour cette étude a été déterminé à partir de données obtenues pour un des deux antibiotiques testés chez le porcelet. Il serait alors nécessaire d’utiliser 8 agneaux et 8 veaux pour tout le projet. Cependant, il n’est possible de réaliser que 2 des 4 administrations sur les mêmes animaux car il serait nécessaire de faire un trop grand nombre de prises de sang par animal. Le nombre total d’animaux sera alors de 16 agneaux et de 16 veaux.
3. Raffinement
Les agneaux comme les veaux seront hébergés en groupe, même lors de la réalisation des cinétiques. La stalle des veaux et la bergerie des agneaux seront équipées de brosses, de pierres à lêcher, de ballons et de balles de foin à faire rouler. Pour faciliter les administrations intramusculaires sur les veaux, ils seront habitués en amont à venir se placer d’eux-mêmes dans un cornadis et à y rester le temps de la distribution de l’aliment concentré. Pour faciliter les administrations par voie orale sur les agneaux, ils seront entrainés à boire via une seringue. Le stress des prélèvements sanguins sera diminué au maximum en utilisant le renforcement positif (récompenses alimentaires lors de la réalisation des prises de sang), mais également en habituant en amont les animaux à être contenus, à ressentir une compression de la jugulaire, à voir approcher une aiguille. Les animaux seront observés au moins deux fois par jour et une observation plus détaillée sera également réalisée dans l’heure suivant l’administration. Si le suivi clinique d’un animal révèle une intolérance ou un effet secondaire majeur, l’expérimentation sera arrêtée pour cet animal et des soins appropriés seront effectués.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les ovins et les bovins sont les espèces cibles du projet. Agneaux et veaux sevrés car : – il est nécessaire de mener l’étude sur des animaux ruminants et non au stade pré-ruminant pour pouvoir extrapoler les données aux utilisations en élevage, – les agneaux à l’engraissement et les veaux de boucherie sont les animaux les plus traités aux antibiotiques en élevage par rapport à des animaux adultes.