
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 15/05/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-768502)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les coccidioses représentent le premier fléau parasitaire de l’aviculture conduisant à d’importantes pertes économiques de plus de 12 milliards d’euros dans le monde et par an. Ces maladies infectieuses sont provoquées par la multiplication de parasites protozoaires. Une fois ingérés, ces parasites envahissent les cellules intestinales et se multiplient massivement avant d’être excrétés. Les pertes de production observées dans les élevages avicoles sont principalement dues à une morbidité chez le poulet de chair. En outre, l’infection par ce parasite prédispose les oiseaux à l’entérite nécrotique, ainsi qu’à la colonisation par d’autres bactéries pathogènes. La dégradation de la litière causée par cette infection peut également entraîner de la boiterie de la volaille. Le traitement repose principalement sur l’administration d’anticoccidiens dans l’aliment des oiseaux pendant toute la durée de l’élevage. Cependant, l’apparition de résistances souligne l’urgence de trouver des moyens de lutte alternatifs : nouvelles formulations vaccinales ou nouvelles approches thérapeutiques. Ce projet vise à évaluer les propriétés anticoccidiennes d’extraits naturels d’insectes, en conditions contrôlées. Un projet antérieur a permis de caractériser in vitro les propriétés anticoccidiennes d’extraits naturels d’insectes (extrait lipidique et extrait protéique). La poursuite du projet nécessite désormais d’objectiver l’effet des extraits d’insectes in vivo. L’objectif est de quantifier l’effet de la supplémentation sur des paramètres parasitaires, la physiologie et la réponse immunitaire des oiseaux, comme la poule.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices à court terme, dans le cadre de ce projet, seraient que les lots supplémentés présentent un meilleur contrôle de l’infection parasitaire (effet anticoccidien : moins de lésions, moins d’excrétion de parasite) et une amélioration de la physiologie (moins d’inflammation et tissu à l’homéostasie). Les oiseaux non infectés et supplémentés pourraient également bénéficier d’une meilleure croissance. Le bénéfice à moyen terme serait de pouvoir recommander la supplémentation en extrait d’insecte sur le terrain, auprès des éleveurs (des produits commerciaux existent mais n’ont pas encore été recommandés pour la volaille).
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à une administration par voie orale du parasite Eimeria à une dose qui ne cause pas de morbidité et qui n’induit pas de signes cliniques proches du point limite. L’objectif est de reproduire une infection expérimentale par voie orale (0.5 mL à l’aide d’une seringue munie d’un embout en silicone (4mm de diamètre ; 2cm de long) ou pipette avec cône de 0.5 mL) pour étudier l’effet de la supplémentation en extrait d’insecte chez des oiseaux infectés ou non par Eimeria. Les contrôles recevront 0.5 mL d’eau. L’inoculation est réalisée au fond de la cavité buccale de l’animal et n’est pas invasive comme le serait un gavage dans lequel l’embout serait inséré jusqu’à l’oesophage. L’inoculation est de courte durée (20s maximum). Aucune douleur n’est attendue suite au gavage. L’angoisse liée à la contention est estimée comme légère et de très courte durée. Elle est effectuée par du personnel expérimenté. Tous les animaux seront régulièrement pesés au cours de l’expérimentation (1, 14, 21 jours d’âge) et les animaux seront soumis à un prélèvement de sang juste avant leur mise à mort. 3 mL de sang seront prélevés. L’angoisse liée à la contention est estimée comme légère et de très courte durée. Après une anesthésie gazeuse flash (quelques minutes), les puces télémétriques sont injectés en intrmusculaire (moins de 1 minute) et la récupération très rapide des animaux (moins de 5 min sous lampe chauffante) et puis remis en lot dans la foulée.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux seront soumis à une administration orale du parasite Eimeria à une dose qui ne cause pas de morbidité et qui n’induit pas de signes cliniques proches du point limite. Cependant, une perte de poids pourra être observée chez les animaux infectés non supplémentés sans atteindre le point limite ni des signes cliniques sévères. L’effet attendu de la supplémentation est d’améliorer l’état des animaux comme par exemple de limiter la perte de poids causée par l’infection et les conséquences négatives de l’infection (lésions, inflammation), diminuer l’excrétion parasitaire. Dans le cas peu probable que l’état des animaux supplémentés et infectés soit pire que les animaux contrôles, l’observation des animaux (2 fois par jour) permettra de déterminer si ceux-ci atteignent le point limite (plumes ébouriffée, prostration, yeux mi-clos, …). Dans ce cas, les animaux seront euthanasiés avant la fin de l’expérimentation. Les puces télémétriques seront placées chez 10 animaux par lot, sous anesthésie générale, pouvent engendrer un stress et une douleur légère au point d’implantation.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Pour l’unique procédure de ce projet, tous les animaux seront euthanasiés afin de pouvoir prélever différents tissus (caeca) et de pouvoir analyser la charge parasitaire contenue, le scoring des lésions et la réponse immunitaire induite.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif est d’évaluer les propriétés anticoccidiennes in vivo or, l’agent pathogène Eimeria tenella responsable de la coccidiose a un spectre d’hôte restreint : il infecte exclusivement le poulet Gallus gallus.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés est choisi en fonction de la dispersion des paramètres mesurés. Nos effectifs sont basés sur les études du laboratoire portant sur les scores lésionnels lors de supplémentation et pour lesquelles il faut en moyenne 20 animaux / groupe entre deux groupes pour avoir une différence significative avec une puissance de 93% avec un seuil alpha de 0.05 pour un test non paramétrique défini par le plan expérimental.
3. Raffinement
Les poulets seront hébergés dans des conditions environnementales contrôlées, ils disposeront d’un enrichissement social et comportemental. Ils seront hébergés en groupe de 20 poussins, au sol, dont la température est régulée (ajout le lampe chauffante) avec aliment et eau ad libitum ainsi qu’un éclairage 12h/24h. Ils bénéficieront également d’un enrichissement environnemental et matériel : l’espace de vie sera enrichi par la suspension de rubans, de perchoirs et de la litière favorisant le grattage (litière de miscanthus pour éviter les poussières). La prise de sang est réalisée avant l’euthanasie par du personnel formé et qualifié, ce qui permet d’effectuer une prise de sang en douceur et rapidement pour éviter toute souffrance. Dans ces conditions, l’animal est détendu et ne présente pas de signes d’angoisse et de stress. L’anesthésie gazeuse flash dure quelques minutes et récupération très rapide des animaux (moins de 5 min sous lampe chauffante), qui sont remis en lot dans la foulée. Pas de gène visible, ni de modification d’interactions entre les poussins. .
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le poulet Gallus gallus est l’espèce hôte chez laquelle se multiplient les parasites Eimeria. Des poulets de statut sanitaire protégé sont utilisés. L’étroitesse du spectre d’hôtes des parasites du genre Eimeria empêche toute tentative de manipulation d’une espèce parasitaire aviaire sur un modèle animal autre que la poule. Des poussins de 1 jour sont utilisés afin d’apporter la supplémentation alimentaire contenant les extraits lipidique ou protéique de larves d’insecte le plus tôt possible dans la vie des oiseaux, cela pouvant agir sur la composition du microbiote digestif, et contribuer la lutter contre l’infection parasitaire. Les oiseaux seront utilisés dès l’éclosion et seront ou non supplémentés dès leur début de vie pour évaluer l’effet de la supplémentation alimentaire en extraits d’insecte sur le contrôle de l’infection parasitaire, la croissance ds oiseaux et l’inflammation. Une coccidiose expérimentale sera ensuite induite à 14 jours d’âge afin de reproduire expérimentalement la fenêtre d’infection de la coccidiose aviaire. Les animaux sont mis à mort à 21 jours d’âge.