Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

2 400 souris hémophiles vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Sous anesthésie, elles reçoivent des facteurs de coagulation par le nez ou par un patch collé sur la langue, puis subissent un prélèvement sanguin terminal ou une section de la queue pour mesurer le temps de saignement, sans être réveillées. Le porteur indique que leur maladie prédispose à des hémorragies parfois mortelles en cas de bagarre, d’où une surveillance quotidienne, week-ends compris. Il affirme que la souris hémophile est, après le chien, le seul modèle permettant de mesurer l’activité de ces médicaments et que son statut hémophile est « indispensable ».

NTS-FR-916912v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système cardiaque · Système gastrointestinal · Système respiratoire ·
Mots-clés
Hémophilie, Voies d’administrations, Facteurs de la coagulation
Souris : 2400

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’hémophilie est une maladie hémorragique grave caractérisée par un déficit en agents de la coagulation, appelés facteurs de coagulation, sans lesquels la coagulation (formation du caillot de sang permettant de tarir l’hémorragie lors d’un traumatisme) est impossible. Un déficit en facteur numéro VIII aboutit à l’hémophilie de type A et un déficit en facteur numéro IX aboutit à l’hémophilie de type B. Le traitement actuel de cette maladie, qui consiste en l’administration régulière au long cours des facteurs de coagulation par voie intraveineuse, est efficace pour prévenir ou traiter l’apparition d’un saignement mais altèrent fortement la qualité de vie des patients. Le développement de voies d’administration, autres qu’intraveineuse, pour le traitement de l’hémophilie, permettrait donc d’améliorer la qualité de vie des patients. En pratique courante, il existe des médicaments qui peuvent être administrés au travers des muqueuses de la bouche ou du nez. Le nez a déjà montré son efficacité pour le passage de médicaments et de vaccins en dehors de l’hémophilie. La bouche présente elle l’avantage d’éviter le tube digestif (pas de dégradation du médicament, ni de réaction de défense de l’organisme) et d’avoir une muqueuse très fine facilitant la traversée des médicaments. Parmi les éléments impliqués dans la biodisponibilité muqueuse, un récepteur semble jouer un rôle majeur dans la capture des médicaments, qui s’appelle le FcRn. Ce récepteur joue ainsi un rôle de transporteur permettant le passage d’actifs à travers la barrière muqueuse. L’objectif de ce projet est ainsi de comparer deux voies d’administration muqueuses (voie nasale et voie buccale) de facteurs anti-hémophiliques dans un modèle de souris (souris sauvages ou modifiés génétiquement). Ce modèle permettra d’identifier les paramètres d’efficacité et de toxicité associé à ces deux nouvelles voies d’administrations non invasives. Cinq médicaments seront testés : les facteurs VIII et IX non modifiés, 2 dérivés du facteur IX et 1 dérivé du facteur VIII, modifiés pour améliorer leur disponibilité dans le sang leur liaison au récepteur FcRn. Après chaque traitement, des études de coagulation seront effectuées, nécessitant 2400 souris sur une durée de 5 ans afin d’atteindre une puissance statistique nécessaire à l’interprétation des données.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le développement de voies d’administration non invasives pour les facteurs anti-hémophiliques pour le traitement de l’hémophilie A et B seraient bénéfiques pour les patients : – Améliorer l’adhésion au traitement – Améliorer l’observance (la prise régulière des médicaments à visée préventive) – Améliorer la qualité de vie en réduisant les contraintes liées aux injections répétées – Eviter des réactions de défenses de l’organisme en évitant le tube digestif (comprimé) et la circulation sanguine (administration par voie intraveineuse)

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Pour la procédure 1, seulement un poiçon d’oreille sera réalisée pour pouvoir bien contrôler la qualité génétique de la lignée, Ce geste de quelques secondes sera réalisée par un zootechnicien entrainé et une légère compression (quelques secondes) sera réalisée si besoin. Pour les procédures 2 à 5, l’administration des médicaments se fera sur des animaux anesthésiés pour pouvoir évaluer l’efficacité de deux nouvelles voies d’administrations au travers de la muqueuse, la voie nasale (gouttes nasales) et la voie buccale (application d’un patch). Le patch, composé de sucres et des facteurs de coagulation, mesure 6mmx2mm et est placé sur la face ventrale de la langue. Il est mucoadhésif, biocompatible et se dégrade dans la salive en environ 20 min. Seulement une voie d’administration sera testée pour chaque souris. Il s’agit d’un inconfort de niveau léger et de très courte durée (temps d’administration inférieur à 1min dans les 2 cas (nasale et buccale) et prélèvement au maximum 24 heures après l’administration). De plus, cette administration sera exécutée après une anesthésie générale gazeuse. Il y aura 2 tests d’efficacités, un prélèvement sanguin et une section de la queue pour observer la coagulation, un seul réalisé pour chaque souris. Dans les deux cas, les gestes seront réalisés sous anesthésie générale et suivi d’une mise à mort alors que la souris sera toujours sous anesthésie générale. Ces tests seront réalisés au maximum 24 heures après l’administration nasale ou buccale. Durant le projet, tout sera mis en œuvre pour répondre au mieux aux critères de remplacement, de réduction et de raffinement (3R).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Un inconfort léger après administration nasale ou buccale est attendu pour une durée de quelques minutes. Puis les animaux seront tous mis à mort au maximum dans les 24h après l’administration des facteurs de la coagulation pour prélever le sang et pouvoir doser les facteurs de coagulation qui sont passés de la muqueuse à la circulation sanguine. Concernant le test de coagulation par section de la queue, il sera intégralement réalisé sous anesthésie générale avec mise à mort en fin d’expérimentation donc aucun effet indésirable n’est attendu. En raison du phénotype dommageable (l’hémophilie prédispose à des saignements), même si ces souris présentent très peu de signes cliniques tels qu’observés chez l’homme (hémorragies internes spontanées), en cas d’agressivité et de combats dans la cage, une hémorragie peut survenir et elle peut être mortelle. Une surveillance quotidienne de ces lignées est donc prévue (weekends et jours fériés inclus). En cas d’hémorragie, les souris seront mises à mort.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure : – pour la procédure 1 : après 6 mois de reproduction les souris seront mise à mort pour le remplacement des géniteurs. – pour les procédures 2 et 3 : le prélèvement sanguin est terminal car un important volume de plasma (partie du sang contenant les facteurs de coagulation) est nécessaire. Les souris seront mises à mort en fin de prélèvement alors qu’elles sont encore sous anesthésie générale. – pour les procédures 4 et 5 : l’efficacité clinique des facteurs anti hémophiliques, c’est-à-dire leur capacité à arrêter un saignement, ne peut se démontrer qu’à l’aide d’un test de coagulation réalisé en conditions réelles de blessures. Ce test de référence est la section d’un petit morceau de queue et une observation du temps de saignement (au maximum pendant 10minutes) chez une souris sous anesthésie générale. Les souris ne seront pas réveillées à l’issu du test, et elles seront mises à mort. – pour toute les procédures de 1 à 5, si un point limite est atteint, les animaux seront tous mis à mort.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Des analyses préliminaires sur modèle murin sont nécessaires avant de commencer les essais cliniques chez l’homme. Premièrement, des études préliminaires de toxicité de ces médicaments sur les muqueuses ont été effectuées in vitro, mais bien que satisfaisante, la toxicité n’a pas été étudié in vivo et donc le recours à l’homme n’est pas possible. Deuxièmement, le recours à l’animal vivant est justifié car il n’existe pas d’autres modèle permettant l’analyse des effets doses et effets temps après que des médicaments aient été administrés par voie nasale ou buccale. De la même façon, seul un modèle vivant, dynamique et doté d’un système vasculaire est nécessaire pour des études sur la coagulation sanguine (test de saignement). Enfin, des études chez l’homme ne peuvent pas être réalisées car cela mettrait le pronostic vital de patients hémophiles en jeu et le volume sanguin requis serait trop important dans un délai trop court.

2. Réduction

3R / Réduction :

Dans la procédure 1, le nombre minimal de reproducteurs a été sélectionné. Dans les procédures 2 à 5, le groupe contrôle est commun à l’analyse des facteurs VIII et IX ce qui réduit le nombre d’animaux. Dans les procédures 4 et 5, seulement 2 temps d’analyse seront étudiés car les résultats des procédures 2 et 3 seront utilisés pour réduire le nombre d’animaux utilisés. De plus, des souris mâles et femelles seront utilisées de façon indifférente car aucune différence n’est attendue entre espèces pour les paramètres étudiés. Ainsi, toutes les naissances d’animaux seront concernées par les procédures, sans mise à mort sélective d’un des deux sexes. Ainsi, le principe de réduction du nombre d’animaux est appliqué au sein des 5 procédures.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Pour veiller au bien-être de l’animal, les conditions d’élevage, d’hébergement, des soins et des méthodes utilisées pour chaque étape de l’expérimentation seront optimisées pour minimiser douleurs, souffrance et angoisse, tel que l’enrichissement du milieu (copeau de bois, coton et dôme de cellulose). Un suivi quotidien des animaux sera effectué, cela permettra d’augmenter la surveillance (contrôle à 1h et antalgique dans l’eau de boisson) en cas d’altération du comportement (présence d’une courbure du dos) et d’identifier rapidement si un animal a atteint un des points limites définis ; auquel cas il sera profondément anesthésié puis mis à mort. L’administration par voie buccale ou nasale (inconfort de niveau léger et de très courte durée) sera exécutée sous contention légère après anesthésie gazeuse. Le prélèvement sanguin et le test in vivo de coagulation par section de la queue seront réalisées sous anesthésie générale associée à une analgésie (anti-douleur).

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris hémophile est la seule espèce animale, après le chien hémophile, à permettre la mesure de l’activité des médicaments de la coagulation. En effet, le dosage de l’activité coagulante des facteurs anti-hémophiliques humains ne peut être effectué qu’en l’absence des protéines analogues du modèle. Le statut hémophile est donc indispensable. C’est pourquoi l’utilisation de souris pour cette étude se justifie car uniquement deux modèles d’animaux hémophiles sont disponibles : le chien et la souris. Les deux modèles murins hémophiles (hémophilie A et hémophilie B) servant de base à tout protocole préclinique concernant l’activité coagulante des facteurs sont très bien caractérisées. Ils permettent de mettre en évidence la capacité coagulante des molécules générées après l’administration de molécules thérapeutiques. L’absence des facteurs anti-hémophiliques murins proches de nos facteurs anti-hémophiliques humains est un prérequis pour la mesure de l’activité du produit. En plus d’être un modèle pertinent en hématologie et en immunologie, la souris est un animal de petite taille, facilement manipulable et génétiquement bien caractérisé. Ce protocole sera effectué sur des souris sevrées depuis 3-4 semaines (le sevrage se fait entre 3 et 4 semaines de vie selon la taille des souriceaux). Ces souris (entre 6 et 12 semaines) seront pesées quotidiennement à partir de la 3ème semaine de sevrage pour vérifier qu’elles ont le poids idéal (soit au moins 20-25g), pour recevoir un maximum de 10µl de matériels à tester par voie nasale et un patch de 10mm². En effet, ces jeunes individus présentent des parois vasculaires plus propices à une bonne efficacité des molécules à tester nous permettant de nous rapprocher des conditions chez l’homme. Ainsi, les modèles animaux seront bien représentatifs du profil hémorragique observé dans l’hémophilie. Des individus plus âgés ont un profil de coagulation différent des individus plus jeunes. Les expérimentateurs sont formés aux gestes impliquant un contact avec la souris, et à l’observation des signes cliniques fondamentaux, coagulation inclus.