
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 09/06/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-381760)
100 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque animal reçoit trois injections intramusculaires dans les pattes arrière sur animal vigile maintenu par contention, puis deux prélèvements sanguins au sinus rétro-orbitaire sous anesthésie, pour comparer des candidats vaccins anticytokines en développement. Le porteur indique que les prélèvements oculaires peuvent provoquer douleurs, blépharospasme et écoulements. Il conclut que l’absence de méthode in vitro rend le recours à la souris « incontournable », préférant une lignée transgénique produisant des protéines humaines.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les cytokines sont des protéines naturelles qui assurent la communication intercellulaire et orchestrent les réponses immunitaires, inflammatoires ou allergiques. Leur surexpression ou dérégulation conduit à l’apparition ou au développement de pathologies auto-immunes, inflammatoires ou cancéreuses. Ces pathologies sont aujourd’hui de véritables enjeux de santé publique. C’est pourquoi, une nouvelle stratégie d’immunothérapie active a été développée, reposant sur la production d’anticorps anti-cytokine, par le système immunitaire du patient, après administration d’un candidat vaccin. Ce dernier est composé d’une protéine porteuse couplée à une cytokine. Un test d’activité chez la souris permet de sélectionner les meilleurs candidats vaccin lors de la phase de développement. Il n’existe à ce jour pas de méthodes in vitro permettant d’évaluer la réponse immunologique à ce vaccin. Cette limitation rend incontournable le recours à l’expérimentation animale, pour tester l’efficacité de nouveaux candidats vaccins. Cette étude sert à valider la conformité des lots de vaccins produits pour les études précliniques, ainsi qu’à valider les évolutions du procédé inhérentes au développement jusqu’aux études cliniques. A terme ce test chez la souris sera standardisé pour être utilisé comme test de contrôle qualité pour la libération des lots de vaccins.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à valider que les modifications apportées au cours du développement du procédé de fabrication du vaccin n’affectent pas l’activité in vivo de ce dernier qui à terme sera administré chez l’homme au cours d’un programme d’évaluation clinique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chaque animal recevra trois injections de vaccin par voie intramusculaire aux sites d’injections des pattes arrière (100 µl au total, 50 µl par patte). Les injections sont réalisées sur animaux vigiles maintenus par contention pendant 30 secondes. Ensuite, chaque animal sera prélevé 2 fois au sinus retro orbitaire sous anesthésie générale par inhalation d’isoflurane (anesthésie sur une durée de 5min). Le prélèvement de sang est réalisé en moins de 30 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables généralement observés sont principalement dus à l’injection ou au prélèvement au sinus retro orbitaire. Les effets secondaires liées au candidat vaccin ne sont pas attendus. Le principe du vaccin étant de provoquer une réponse immune, des effets indésirables de type inflammatoire peuvent se produire principalement au site d’injection et se manifester par des œdèmes et érythèmes pouvant durer quelques heures à quelques jours. L’injection se faisant par voie intramusculaire dans le muscle de la patte arrière une douleur musculaire localisée pourra entre autres être détectée si l’animal a tendance à se mordre au niveau de la zone douloureuse. Les prélèvements sanguins se faisant au niveau du sinus rétro-orbitaire, des effets indésirables sur l’œil peuvent se produire. La survenue de contractions répétées et involontaires des muscles des paupières (blépharospasme), la sécrétion lacrymale éventuellement accompagnée de photophobie, les écoulements, la survenue d’œil rouge ou opaque seront examinés, puisqu’ils traduisent des douleurs oculaires et l’état des yeux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Le système immunitaire des souris utilisées ayant été stimulé par les candidats vaccin, ce dernier conservera une « mémoire » des vaccinations précédentes. Nous ne serons donc plus dans la possibilité d’obtenir chez ces souris, une réponse immunitaire comparable à des animaux nouvellement-vaccinés. De surcroit les souris ont une durée de vie assez courte et l’utilisation d’animaux âgés n’est pas recommandé pour l’obtention d’une bonne réponse immunitaire. Après le deuxième prélèvement, soit à jour 56 après la première injection, les animaux sont mis à mort par dislocation cervicale.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La stimulation du système immunitaire par vaccination ne peut s’effectuer que sur animaux vivants. Il n’existe pas à ce jour de méthode in vitro permettant de remplacer le recours à l’expérimentation animale.
2. Réduction
Ce protocole suit la condition pour lequel un nombre de 10 animaux par groupe procure une puissance statistique suffisante (tests statistiques classiques, i.e. Wilcoxon). Les groupes de souris sont divisés en sous-groupes de 10 selon leur sexe.
3. Raffinement
Les animaux disposent d’une période d’acclimatation conséquente (minimum 7 jours) avant l’initiation de tout protocole, afin de limiter l’angoisse subie. Ils subissent ensuite des contraintes très modérées. Les injections réalisées en intramusculaires et les prélèvements sanguins sous anesthésie gazeuse, ont lieu de façon ponctuelle et n’induisent pas de modification de leur bien-être. Enfin, des points-limites généraux avec l’établissement d’une grille d’évaluation regroupant les critères relatifs au bien-être tout le long de l’étude ont été établis. De plus, des antalgiques sont prévus si l’animal présenté un signe de souffrance (Buprénorphine à 0,05 mg/kg par voie sous-cutanée). Si un animal présente l’un des points limite à un seuil critique, il est mis à mort afin d’abréger sa souffrance. Une attention particulière sera portée aux conditions d’hébergement des animaux. Le bruit dans les zones d’hébergement ainsi que dans la zone d’expérimentation sera réduit au maximum. Les souris seront hébergées par groupe de 5 souris maximum par cage. Ce milieu sera enrichi (igloo + copeaux) et la nourriture et l’eau seront fournis ad libitum afin de s’assurer du bien-être de l’animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Il n’existe à ce jour pas de méthodes in vitro permettant d’évaluer la réponse immune à un vaccin. Cette limitation rend incontournable le recours à l’expérimentation animale, préférentiellement la souris, pour tester l’efficacité de nouveaux candidats vaccins. La réponse immunitaire chez la souris est assez proche de celle de l’Homme. Dans le cas des tests de nos vaccins candidats pour l’Homme, il est nécessaire d’utiliser une lignée de souris transgénique. Ces souris sont capables de produire des protéines d’intérêt ayant une séquence humaine. Ces conditions sont ainsi proches des réponses immunes attendues chez l’Homme lors de l’administration de nos vaccins et sont donc plus pertinentes pour en évaluer l’efficacité.