Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

120 truites arc-en-ciel vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque poisson subit sous anesthésie une micro-lésion musculaire à l’aiguille, avec ou sans injection de cellules souches, avant d’être tué à l’un des temps de prélèvement pour analyser le muscle. Le porteur affirme n’avoir jamais observé d’infection ni de mortalité et décrit une lésion sans douleur ni gêne pour la nage. Il vise à orienter les « pratiques zootechniques » de la filière truite, pour laquelle il juge le recours à l’animal vivant « incontournable ».

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La croissance musculaire nécessite l’activation et la différenciation des cellules souches musculaires aussi appelées cellules satellites. Chez les poissons, les cellules satellites maintiennent des capacités de prolifération et d’autorenouvellement qui permettent la formation continues de fibres musculaires pendant la croissance exponentielle du muscle. Néanmoins, la croissance musculaire hyperplasique diminue avec l’âge et les mécanismes cellulaires sous-jacents ne sont pas encore connus. Nous avons mis en place un protocole d’extraction de cellules souches de muscle de truite et de transplantation de cellules souches musculaires. Nos premiers résultats montrent que les capacités des cellules souches et de leur niche diminuent dès le poids de 500g. Notre objectif est de déterminer si les capacités de régénération sont également très inférieurs chez les poissons d’un poids de 1kg comparé à un muscle de truite jeune (10g).

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet devrait permettre de montrer que les capacités de régénération musculaire et donc aussi de formation de nouvelles fibres (hyperplasie) sont fortement altérées chez les poissons de 1kg en comparaison d’un poisson de 10g. Cette connaissance devrait permettre d’orienter les pratiques zootechniques afin de maitriser plus finement la croissance musculaire et les caractéristiques du muscle de truite.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux vont subir sous anesthésie une micro-lésion intramusculaire (blessure réalisée avec une aiguille ) avec (ou pas) injection d’un petit volume de cellules. Pour chaque prélèvement à J3, J7, J15, J30 et J60 les poissons sont euthanasiés selon la méthode §3.3.3.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Par le passé, nous avons déjà réalisé des expériences de transplantation et de lésion musculaire, et nous n’avons jamais observé d’infection (cutanée, interne) ou de mortalité. La zone lésée étant très petite (piqure d’aiguille), cela ne gène absolument pas la nage des poissons. Par ailleurs, l’injection de cellules souches musculaires dans le muscle ne provoque aucune douleur spécifique ni de nécrose ou infection.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’ensemble des animaux sera euthanasiés puisque des prélèvements de muscle sont indispensables au projet.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’objectif scientifique du projet étant de déterminer si les capacités de régénération musculaire sont altérées avec l’âge chez la truite, le recours à des animaux vivants est incontournable.

2. Réduction

3R / Réduction :

Afin de réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés, nous allons utilisés les mêmes animaux pour la régénération et la transplantation. En effet, un coté du poisson sera utilisé pour la transplantation et l’autre coté pour la régénération. Le nombre de point de la cinétique (6) est réduit tout en permettant une bonne caractérisation des premières étapes de régénération ainsi que la régénération complète. Ainsi nous utiliserons 60 animaux de 10g et 60 animaux d’1kg ce qui permettra de prélever que 10 animaux par point de cinétique.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront élevés dans les conditions optimales pour l’espèce (photopériode, qualité d’eau, densité, nourriture, enrichissement). Pendant la procédure, les animaux seront anesthésiés, leur manipulation sera réduite au maximum et une surveillance du comportement des animaux sera effectuée. Les paramètres physico-chimiques de l’eau (température, O2, NH4+) seront également régulièrement contrôlés. Au cours de l’expérimentation nous réaliserons une évaluation quantitative de points limites incluant la nage, la prise alimentaire, la prostration, l’état sanitaire qui permettront d’arréter l’expérimentation si nécessaire.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) est une espèce robuste dont l’élevage et la reproduction sont bien maîtrisés en pisciculture. L’espèce est grégaire et supporte des densités d’élevage importantes. Il s’agit d’une espèce d’intérêt agronomique puisqu’elle représente 95% de la production française piscicole en eau douce. Elle est par ailleurs un modèle biologique largement diffusée dans la communauté scientifique (environ 50 000 références). De plus, nous disposons d’une lignée de truites transgéniques mlc2-GFP qui expriment la GFP dans les cellules souches musculaires. Nous allons utiliser des poissons receveurs de 10g et 1kg. Une expérience préliminaire, nous a montré que les capacités myogéniques des cellules souches et de la niche diminuait rapidement dès 100g et atteignait un minimum autour de 500g. Ainsi pour maximiser nos chances d’observer une différence de capacité de régénération, nous allons utiliser des animaux de 10g (~3 mois) et de 1kg (~1,5 an).