
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/07/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-896074)
2 250 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Une arthrite est induite par injection de collagène, qui provoque un gonflement des pattes et des articulations, sans qu’aucun anti-inflammatoire puisse être administré puisqu’il interférerait avec l’expérimentation. Le projet teste des cellules souches mésenchymateuses et leurs sécrétions pour réduire les signes d’arthrite. Le porteur annonce un impact « majeur » et des « retombées énormes » en santé publique, tout en renvoyant l’application humaine à un modèle préclinique.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Notre groupe travaille sur la mise au point d’approches de thérapies cellulaires pour inhiber l’inflammation ou régénérer le cartilage détruit suite à des pathologies ostéo-articulaires notamment dans le cas de la polyarthrite rhumatoïde. L’inhibition de l’inflammation associée à cette pathologie consiste à injecter de manière locale ou systémique des cellules « médicaments », les mitochondries ou les vésicules extracellulaires qu’elles sécrètent capables d’inhiber la réponse immunitaire. L’objectif de ce projet est donc d’évaluer les capacités thérapeutiques de cellules appelées cellules stromales mésenchymateuses (CSM) non-modifiées ou modifiées (ou ce qu’elles sécrètent) pour diminuer les signes d’arthrite. Les CSM sont des cellules qui possèdent des propriétés anti-inflammatoires qui les rendent particulièrement intéressantes pour mettre en place une approche thérapeutique de l’arthrite. Le modèle utilisé couramment est le modèle d’arthrite induite au collagène (CIA).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
En l’absence de traitement de l’arthrite chez environ 30% des patients atteints de formes sévères et résistants aux biothérapies, il est nécessaire de développer de nouvelles approches thérapeutiques. L’utilisation des cellules souches a déjà montré son intérêt dans plusieurs modèles de pathologies autoimmunes dont l’arthrite rhumatoide. Notre projet vise à évaluer l’efficacité thérapeutique de ces cellules dans un modèle pré-clinique d’arthrite chez la souris et à comprendre les mécanismes mis en œuvre par ces cellules afin de déterminer les meilleures options thérapeutiques chez l’homme. En terme de santé publique, l’impact attendu est majeur puisqu’il n’existe pas de traitement de l’arthrite. Améliorer les stratégies actuelles de thérapie cellulaire aura des retombées énormes à moyen terme sur la prise en charge des patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront deux injections dans le tissu cutané, deux intraveineuses ainsi que des prélèvements sanguins. Tous ces gestes seront effectués sous anesthésie générale gazeuse.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’immunisation des animaux et leur suivi constituent un protocole induisant des douleurs modérées et pour lequel il n’est pas possible d’administrer de traitements anti-inflammatoires qui interféreraient avec l’expérimentation. L’immunisation des animaux pour induire l’arthite se fait par des injections dans le tissu cutané après anesthésie gazeuse. Elle provoque un gonflement des pattes et des articulations. Un stress lié à l’anesthésie et une douleur au site d’injection peuvent être provoqués. Cependant, la douleur reste faible et sans impact sur le comportement des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux sont euthanasiés pour prélevés les organes d’intérêt
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
– Remplacement : Afin de proposer une thérapie cellulaire chez l’homme, il est important de démontrer l’efficacité thérapeutique des cellules souches mésenchymateuses humaines et murines dans un modèle pré-clinique pertinent chez l’animal. Des modèles in vitro ne suffisent pas seuls à évaluer l’efficacité de ces cellules ou des molécules ou des vésicules qui en dérivent.
2. Réduction
– Réduction : le nombre d’animaux a été calculé avec l’aide d’un logiciel permettant d’évaluer le nombre d’animaux minimum nécessaire pour mettre en évidence des différences statistiquement significatives sur les paramètres à mesurer (données préliminaires obtenues dans d’autres expériences réalisées au laboratoire)
3. Raffinement
– Raffinement : toutes les mesures seront prises pour réduire la souffrance des animaux. Le milieu d’hébergement sera enrichi (carrés de cellulose, copeaux de litière) et les animaux seront surveillés quotidiennement. Le bien-être des animaux sera suivi à l’aide d’une grille de score de bien-être. Si les souris ont du mal pour se redresser ou à se nourrir, de la nourriture gélifiée sera mise à disposition des souris directement dans la cage des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris mâles de la souche utilisée sont susceptibles à l’arthrite au collagène qui est le modèle expérimental de référence pour la pathologie humaine. Les souris doivent être âgées d’au moins 9 semaines et posséder un système immunitaire mature. Les animaux sont utilisés à semaine 9, âge recommandé pour ces modèles d’arthrite induite