Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

390 seiches communes vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Œufs et juvéniles sont exposés de façon chronique au chlorure d’aluminium, puis soumis à des tests de prédation, le porteur attendant des troubles de l’alimentation, des retards de croissance et, dans les cas sévères, des atteintes des fonctions vitales. Les animaux contaminés sont tués pour mesurer l’accumulation d’aluminium et ne peuvent être relâchés, seuls quelques individus témoins non contaminés étant conservés. L’objectif déclaré est d’évaluer le risque, pour le réseau trophique marin, des métaux libérés par les anodes des parcs éoliens en mer.

NTS-FR-607314v1
Types de recherche
· Protection de l’environnement ·
Mots-clés
Protections cathodiques, Aluminium, Sepia officinalis, Ecotoxicologie
Céphalopodes : 390

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Dans un contexte de crise énergétique, la France poursuit l’objectif d’augmenter la part d’énergies renouvelables dans la production d’énergie européenne, et cet objectif passe en parti par l’installation de parcs éoliens en mer. Or, les structures métalliques immergées en milieu marin sont soumises à une forte corrosion du fait de la composition chimique de l’eau de mer. Afin de limiter la dégradation de ces structures, des anodes galvaniques (GACP) et à courant imposé (ICCP) ainsi que des revêtements anti-corrosions sont utilisés pour les protéger. Les anodes galvaniques (dites aussi sacrificielles) sont composées, pour la plupart, d’aluminium et de zinc principalement et d’autres métaux divers. Lors du passage du courant électrique, l’alliage de l’anode va se désagréger libérant ainsi dans l’environnement marin un cocktail d’éléments traces. Etant donné le fort développement à venir des parcs éoliens et en prenant compte les structures déjà en place (ports équipés en anodes ainsi que différents navires), il est essentiel d’apporter une connaissance scientifique précise sur la toxicité du cocktail de métaux découlant de la dissolution des GACP et d’établir une évaluation du risque chimique que présente l’aluminium, métal trop peu étudié en écotoxicologie marine. Ce projet permettra d’évaluer la toxicité de l’aluminium dissous dans la colonne d’eau (à partir d’un sel) et de l’aluminium solubilisé à partir du système de protection cathodique fonctionnant à l’aide d’une anode galvanique (GACP). D’autre part, ce projet mettra en place pour la première fois des manipulations visant à tester les effets des courants imposés (ICCP) sur l’environnement. L’objectif recherché de ce projet est de fournir des éléments scientifiques aux industriels et autres gestionnaires d’infrastructures marines pour leur permettre de choisir les méthodes les moins toxiques pour l’environnement et la santé humaine et d’étudier la possibilité de s’affranchir des protections cathodiques.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Dans le contexte d’implantion de nouveaux parcs éoliens en mer, ce projet va mettre en lumière le devenir des éléments traces et principalement de l’aluminium dans le réseau trophique marin et de déterminer le danger qu’il représente pour les écosystèmes marins. Plus spécifiquement, pour la seiche commune (Sepia officinalis), ces études vont permettre de déterminer les conséquences sur le développement embryonnaire, le développement des juvéniles et donc sur le renouvellement des populations de la Manche. En effet, dans les eaux de la Manche, les seiches se reproduisent le long des côtes, où l’environnement est le plus soumis aux pollutions métalliques d’origine anthropique, et plusieurs études ont déjà démontré un effet déléterre de certains métaux sur le développement embryonnaire et la survie des juvéniles. D’autre part, la bioaccumulation des éléments traces va également être mise en évidence dans les tissus des organismes, une information primordiale pour une espèce d’intérêt économique comme la seiche.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Deux stades de développement seront exposés de manière chronique à différentes concentrations en chlorure d’aluminium : le stade œuf et le stade juvénile (2 jours après l’éclosion). Chaque stade est soumis à 2 actes expérimentaux. Le premier acte concerne l’exposition des organismes à l’élément. Les oeufs sont exposés durant la totalité du développement embryonnaire (51 jours théorique à 17 °C) afin de déterminer un éventuel effet délétère de l’aluminium sur celui-ci. Le temps d’incubation, la taille à la naissance et des tests de prédation (pendant 7 jours après l’éclosion) sont performés sur les animaux arrivant au terme de l’incubation. Le temps d’incubation est également déterminé pour chaque condition. D’autre part, des prélèvements d’oeufs sont effectués au cours de l’exposition pour déterminer la cinétique de bioaccumulation de l’aluminium dans l’embryon et si la capsule est perméable à cet élément. Le deuxième acte concerne des juvéniles provennant d’oeufs non exposés au préalable et exposés pendant 45 jours après la naissance, ce qui correspond à la période pendant laquelle les systèmes nerveux, digestif et immunitaire se mettent en place. Exposer les animaux pendant cette période délicate de leur vie permettra de déterminer un éventuel effet de l’aluminium sur la maturation de ces systèmes. L’alimentation des juvéniles au cours de cette exposition est mesurée et la bioaccumulation est déterminée à la fin de la période d’exposition.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

D’après les précédentes études menées sur l’exposition de seiches à divers métaux, des effets indésirables pourront être observés sur le comportement de prédation des individus induisant des difficultés à s’alimenter, aussi bien résultant d’une altération du système nerveux que du système digestif ; des retards de croissance pourront également apparaître en fonction des conditions testées ; dans les cas les plus sévères, des effets sur les fonctions vitales pourront être observés. D’autre part, sur les oeufs, des effets sur le développement embryonnaire, que ce soit par la durée ou par l’achèvement de celui-ci sont envisagés.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les tissus issus des animaux contaminés seront utilisés pour déterminer la bioaccumulation de l’aluminium au cours des périodes d’expositions. Ils seront donc mis à mort. D’autre part, ces animaux ne peuvent pas être relâchés dans l’environnement du fait des effets éventuels de la contamination sur leur développement et leur survie. Les animaux non contaminés provenant des lots de contrôle et non utilisés pour les études de bioaccumulation peuvent être réutilisés pour d’autres expériementations et sont donc confiés à un laboratoire d’éthologie animale.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’objectif de ce projet est d’étudier le devenir des éléments traces et principalement de l’aluminium dans le réseau trophique marin. Pour cela, il est nécéssaire de travailler sur des organismes vivants et sur des durées relativement longues (45 jours) afin de déterminer dans quelle mesure ils bioaccumulent dans les organismes et quels sont les effets qu’ils peuvent engendrer sur les fonctions biologiques de ces derniers.

2. Réduction

3R / Réduction :

Initialement portées à 8, le nombre de concentration à tester a été réduite à 4 afin de limiter le nombre d’animaux à exposer. D’autre part, les animaux seront utilisés pour le plus grand nombre d’analyses possible. En effet, les animaux soumis aux tests comportementaux seront également utilisés pour les prélèvements de tissus visant à déterminer la bioaccumulation de l’aluminium. Par ailleurs, l’impact sur les populations naturelles de seiches de la Manche est limité puisque la quantité d’oeufs prélevés correspond à la ponte d’une ou deux femelles, et que dans le milieu, une petite fraction de ces oeufs arrivent à maturité. Les analyses statistiques seront réalisées à l’aide de tests non paramètriques conçus pour des échantillons de faible effectif. Le test de Kruskal-Wallis est utilisé pour comparer les taux de croissance moyens et les temps d’incubation ainsi que les réponses comportementales mesurées lors des tests de prédation (Temps moyen de détection de la proie, temps moyen avant la première tentative de capture, nombre de tentatives, succès de la tentative). En cas de rejet de l’hypothèse nul, un test post-hoc est utilisé pour une comparaison deux à deux des valeurs. La méthode de Bonferroni est appliquée afin d’éviter l’apparition d’un résultat faussement significatif.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

La méthode d’exposition des organismes aux éléments choisis limitent les conditions de stabulation, toutefois, plusieurs éléments sont mis en place afin de limiter des le stress des animaux. Les proies fournies sont exclusivement naturelles, locales et vivantes ; la température et de la photopériode sont réglées de manière à correspondre avec celles observées sur les côtes de la Manche à la période correspondant aux essais. Des cachettes et des zones d’ombre sont placées dans les bacs d’exposition des animaux. Les animaux sont suivis quotidiennement afin de prévenir un état traduisant un mal-être physique, physiologique ou psychologique : suivi de la prise alimentaire, du contrôle de la flottaison, de la réaction au stress (mouvements désordonnés, rétropropulsion, jets d’encre excessif…), apparition de lésions externes.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Beaucoup d’études concernant les métaux se sont intéressées aux espèces marines d’intérêt économique comme les bivalves, les gastéropodes et les téléostéens mais très peu d’études se sont portées sur les céphalopodes qui pourtant deviennent une ressource de plus en plus exploitée pour palier à l’affaiblissement des stocks de poissons. Dans la Manche, la seiche (Sepia officinalis) est l’une des premières espèces de céphalopodes pêchées en termes de quantité. Par ailleurs, la seiche présente une grande capacité d’accumulation des éléments traces par rapport à d’autres espèces marines et a un rôle central dans le transfert des métaux dans le réseau trophique marin. Ces animaux sont en effet des prédateurs exclusifs de plusieurs espèces et également proies de nombreux prédateurs du réseau trophique marin (téléostéens, mammifères marins) mais également terrestre (oiseaux). Des oeufs récoltés le plus rapidement après la ponte seront utilisés afin de déterminer la perméabilité de la capsule à l’aluminium au cours du temps. En effet, au cours du développement embryonnaire des changements des propriétés physiques de la capsule peuvent induire ou non une entrée éventuelle de l’aluminium dans l’embryon, comme c’est le cas pour certains métaux comme le Zinc ou le Mercure . Par la suite, il sera possible d’étudier les effets éventuelles de l’aluminum sur le développement embryonnaire. Les juvéniles seront âgés de 2 jours lors de leur exposition, qui durera 45 jours, afin de déterminer s’il y a un effet de l’aluminium sur le développement du système nerveux et digestif, qui a lieu lors du premier mois après l’éclosion.