
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 10/02/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-051332)
12 macaques crabiers vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils subissent une chirurgie oculaire d’une heure puis des anesthésies répétées, mensuelles sur six mois puis tous les deux mois jusqu’à 24 mois pour la moitié d’entre eux, afin d’induire par injection une dégénérescence des photorécepteurs à cônes. Le porteur décrit une inflammation oculaire transitoire et affirme qu’aucune douleur n’est attendue en s’appuyant sur la clinique humaine, sans mentionner de test de la vision. Il indique qu’aucun milieu de culture ne reproduit la complexité de la rétine et qualifie ce modèle d' »indispensable » pour tester ensuite des thérapies chez les patients atteints de rétinite pigmentaire.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La Rétinopathie Pigmentaire (RP) est une maladie oculaire génétique grave qui touche environ une personne sur 3000 au niveau mondial. Cette maladie se caractérise par une perte progressive de la vision. Elle se caractérise sur le plan clinique par une perte progressive des photorécepteurs à bâtonnet suivie de la diminution de fonction des photorécepteurs à cône jusqu’à la cécité. Le système S joue un rôle essentiel dans la protection des photorécepteurs contre le stress oxydant. Nous avons démontré chez le rongeur que le système S jouait un rôle crucial dans la survie des photorécepteurs à cônes, cellules indispensables à la vision centrale et des couleurs. Il n’existe à ce jour, aucun modèle chez le primate non humain de dégénérescence des photorécepteurs à cônes. Un tel modèle est indispensable pour pouvoir tester par la suite des thérapeutiques ciblant la macula (région riche en cônes) et ainsi pouvoir envisager des traitements sur des patients atteints de rétinite pigmentaire. Le but de cette étude est de bloquer le système S par injection d’une molécule inhibitrice chez le primate non humain et de montrer une altération des cellules à cônes. La structure de la rétine sera analysée par imagerie du fond d’œil in vivo et la fonction rétinienne sera évaluée par électrorétinogramme. Nous procéderons par la suite à une analyse histologique de la rétine.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A ce jour, aucun modèle de dégénérescence rétinienne des photorécepteurs à cônes n’existe chez le primate non humain. Récemment, nous avons démontré chez le rongeur que le système S jouait un rôle crucial dans la survie des photorécepteurs à cônes, cellules indispensables à la vision centrale et des couleurs. Il n’existe à ce jour, aucun modèle chez le primate non humain de dégénérescence des photorécepteurs à cônes. Le but de cette étude est de créer un modèle de dégénérescence des cellules à cônes afin de pouvoir comprendre les mécanismes sous tendant cette dégénérescence et également de pouvoir tester par la suite des thérapeutiques ciblant la macula (région riche en cônes) et ainsi pouvoir envisager des traitements sur des patients atteints de rétinite pigmentaire. Le but de cette étude est de bloquer le système S par injection d’une molécule inhibitrice chez le primate non humain et d’étudier les mécanismes de la dégénérescence des photorécepteurs à cônes. Cette étude sera réalisée sur des temps courts (8 mois) afin de montrer histologiquement les modifications de la rétine et sur des temps plus longs (24 mois) afin de détecter des anomalies tardives. Nous évaluerons les changements structurels et fonctionnels de la rétine.La structure de la rétine sera analysée par imagerie du fond d’œil in vivo, la fonction rétinienne sera évaluée par électrorétinogramme et nous réaliserons une étude histologique. Un tel modèle est indispensable pour pouvoir tester par la suite des thérapeutiques ciblant la macula (région riche en cônes) et ainsi pouvoir envisager des traitements sur des patients atteints de rétinite pigmentaire.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Tous les animaux de ce projet seront anesthésiés pour intervention chirurgicale et examens longitudinaux. Chaque animal aura une chirurgie d’une durée de 1h. Les examens longitudinaux, imagerie du fond de l’œil et électrorétinogramme durent respectivement 1 et 2 heures. Les animaux seront anesthésiés une fois par mois pendant 6 mois (n=12 animaux) et tous les 2 mois de 7 à 24 mois pour 6 animaux.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’effet indésirable pouvant se manifester est une inflammation oculaire post chirurgie. Cette inflammation est transitoire et si elle a lieu dure 2 à 3 jours. Nous nous basons sur les effets indésirables constatés en clinique humaine. Aucune douleur n’est attendue. De même, en clinique humaine aucune douleur liée à la dégénérescence rétinienne n’est rapportée. Du stress peut être associé lors de la phase d’initialisation et du réveil des différentes anesthésies (chirurgie et examens longitudinaux). La répétition des anesthésies relativement longues pourrait entrainer des nuisances également pour l’animal (mise à jeun, temps de réveil post anesthésie désagréable).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux n=12 seront euthanasiés afin de réaliser des études histologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le recours à l’animal est nécessaire, car aucun milieu de culture ou système synthétique ne permet aujourd’hui de reproduire la complexité architecturale des cellules de la rétine, en particulier les interactions structurelles et fonctionnelles de ces cellules, ainsi que la réponse immunitaire potentiellement induite par l’administration sous-rétinienne des photorécepteurs dérivés de cellules souches.
2. Réduction
La mise en œuvre d’un suivi longitudinal non invasif (imagerie in vivo sur les animaux anesthésié) ainsi que par électrorétinogramme (étude fonctionnelle) permet de diminuer le nombre d’animaux utilisés ainsi que la contrainte imposée aux animaux. Différents marqueurs de survie des photorécepteurs et des autres cellules rétiniennes, de cellules inflammatoires seront utilisés lors des analyses histologiques sur les 12 rétines traitées comparées aux 12 contrôles.
3. Raffinement
Toutes les interventions sur animaux se feront sous anesthésie générale renforcée par des compléments analgésiques et anti-inflammatoires appropriés, pour réduire la contrainte imposée aux animaux. L’acuité visuelle des animaux sera évaluée par des tests d’électrorétinogramme (ERG). Plusieurs marqueurs indiqueront l’état inflammatoire, la qualité des photorécepteurs et des cellules ganglionnaires. Leur état de santé sera surveillé tout au long de l’expérience et évalué grâce à une grille d’observation postopératoire, cela nous permettra d’intervenir immédiatement s’il y a signe de souffrance et de veiller au bien-être des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le macaque est retenu comme modèle d’étude sur les critères suivants : – cette étude fait partie d’un projet qui vise à valider un modèle de dégénérescence des photorécepteurs à cônes Elle ne peut pas être menée chez le rongeur car l’organisation de l’œil n’est pas comparable à celle de l’Homme. Seul le primate non-humain possède une anatomie de l’œil proche de l’homme, avec notamment la présence d’une région maculaire dans la rétine centrale. – le macaque permet d’intégrer des méthodes d’évaluation fonctionnelle, telles que l’imagerie du fond de l’œil, et l’électro-rétinographie, qui peuvent être directement extrapolées à l’homme dans une démarche translationnelle. Uniquement des animaux adultes entre 2 et 15 ans seront utilisés. La rétine de ces animaux est comparable à celle de l’homme à l’âge adulte.