
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 15/03/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-651884)
1250 animaux non-humains vont être utilisés, 600 souris, 600 rats et 50 lapins, dont 1190 tués à l’issue et 60 adoptés. Chaque souris ou rat sert de support à une vingtaine d’actes, injections, gavages, prélèvements de sang, tests comportementaux, chaque lapin jusqu’à cinquante, pour former des élèves techniciens animaliers, la mise à mort faisant elle-même partie des gestes enseignés et les corps servant ensuite aux dissections. Le porteur reconnaît que des élèves peu familiers des techniques peuvent provoquer hématomes, fausses routes ou perforations du tube digestif. Il indique commencer chaque séance par des méthodes de remplacement, cartons, fausses peaux, vidéos, mannequins, mais juge « impossible » de se passer totalement d’animaux vivants pour former du personnel.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet décrit les séances de travaux pratiques d’un programme d’enseignement secondaire destiné à la formation diplomante de techniciens animaliers. Le recours à l’animal vivant n’a lieu que dans le cadre global d’une progression pédagogique qui inclut bien d’autres moyens d’enseignement. Les élèves de notre formation doivent devenir des techniciens animaliers de laboratoire en 3 an avec une progression des apprentissages pratiques. Chacune de nos 3 classes sont divisées en 2 groupes d’élèves dont la progression est suivie par un enseignant. Les animaux utilisés changent entre chaque groupe de TP pour respecter des temps de repos définis. Les élèves réalisent les travaux pratiques en binomes, et ils sont noté individuellement dans l’acquisition de la théorie, de la connaissance de la technique et la réussite dans la réalisation de la technique. Quelle que soit l’espèce, chaque séance d’apprentissage se déroule de la même manière, une première partie est consacrée à l’explication des objectifs et des conditions de réalisations illustré par des vidéos ou des essais sur mannequins. Cette phase est nécessaire pour l’acquisition des automatismes. Elle permet également d’espacer les passages sur animaux vivants facilitant les encadrements. A terme, ainsi, nos élèves peuvent être embauchés dans les laboratoires de recherche animale, avec une dextérité suffisante, et une bonne connaissances des règles éthiques, pour réaliser les protocoles expérimentaux qui leurs sont demandés dans les meilleures conditions. Cette progression pédagogique bénéficie à la fois à la qualité des résultats pédagogiques et à l’amélioration du sort des animaux utilisés en recherche.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Lors de ce projet, les apprentissages permettent d’aborder et de réaliser différentes procédures expérimentales. Il a pour but de raffiner les procédures de prélèvement et d’injection afin d’éviter la souffrance des animaux, de réduire le nombre d’animaux. Les bénéfices sont multiples : le premier concerne l’objectif pédagogique puisqu’il s’agit de former des personnes compétentes et habilitées à travailler avec des animaux de laboratoire : les élèves formés deviennent des professionnels des techniques enseignées et donc peuvent réaliser les procédures dans des conditions normalisées pour le respect de l’animal. Le deuxieme bénéfice est d’inculquer la culture du soin qui est de faire prendre conscience aux jeunes que l’on travaille avec du vivant et que l’on doit tout mettre en œuvre pour favoriser son bienêtre et pour respecter totalement l’animal. Cette culture du soin tient également compte du manipulateur car un personnel à l’aise et en confiance car bien formé sera d’autant plus respectueux de l’animal.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Le projet est prévu pour 5 ans avec un renouvellement total des animaux à chaque année scolaire. Les animaux sont donc utilisés entre septembre et juin en n+1. Durant cette période, ils participent au programme de formation des jeunes. Pour les 120 souris par année scolaire, chacune va participer au maximum à 20 interventions parmi la liste suivantes injection sous cutanée, intra péritonéale,intra musculaire, intra veineuse, gavage, prélèvement sanguin (Saphène, submaxillaire, sinus rétro orbitaire, caudale, cardiaque) et tests comportementaux Pour les 120 rats par année scolaire, chacun va participer au maximum à 20 interventions parmi la liste suivantes injection sous cutanée, intra péritonéale,intra musculaire, intra veineuse, gavage, prélèvement sanguin (Saphène, jugulaire, caudale, cardiaque) et tests comportementaux. Pour les 12 lapins par année scolaire, chacun va participer au maximum à 50 interventions parmi la liste suivantes injection sous cutanée,intra musculaire, intra veineuse, gavage, prélèvement sanguin (Saphène, auriculaire, cardiaque). L’ordre des actes peut varier en fonction des années et surtout de l’habilité des jeunes en vue de pratiquer les actes les plus simples en premier pour un meilleur respect de l’animal. Quelque soit l’animal, un délai minimum de 7 jours est respecté avant son utilisation lors d’une autre scéance de TP. Les séances de TP durent 1 h, et chaque animal est utilisé pendant quelques minutes, avec un nombre limité de tentatives pour chaque étudiant. Si l’élève échoue, l’a nimal est laissé tranquille.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le maximum de précautions sont prises pour que les animaux ne subissent pas d’effets indésirables. Néanmoins, les élèves n’étant pas familiers des techniques enseignées, peuvent provoquer des nuisances sur les animaux. Elles peuvent être de différentes natures : stress du à des appréhensions des élèves , contention trop lache ou trop ferme, ou erreurs de manipulations pouvant conduire à des blessures (hématome, fausse route ou perforation du tube digestif) ou des douleurs (intramusculaire, intradermique) . Une autre source de stress peut provenir de la succession des actes invasifs même si des délais entre chaque acte sont respectés. D’autres nuisances peuvent également survenir, il s’agit des blessures infligés par des congénères Vu que les animaux sont surveillés et observés chaque jour, la détection d’un effet indésirable sur un animal conduit immédiatement à la mise en place d’une procédure adaptée : information au responsable, recherche de la cause de cet effet, avis vétérinaire si besoin, et si cela est possible : soulagement de l’animal sinon mise à mort pour éviter les souffrances inutiles.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Chaque procédure correspond à une espèce, elles sont donc totalement indépendantes l’une des autres. Les animaux à l’issue de chacue des procédures ont le même sort quelque soit l’espèce. La plupart des animaux sont mis à mort pour différentes raisons. Les élèves doivent être formés sur les techniques de mises à mort. Les animaux morts sont réutilisés l’année suivante pour les dissections et les entrainements à la réalisation de points de suture. Un vide sanitaire de l’animalerie est ainsi possible pendant la période sans animaux permettant de maintenir un statut sanitaire propre. Une faible partie des animaux sont adoptés par les élèves car ceux qui sont en seconde et première doivent faire encore des stages en laboratoires animaliers. Il se pose donc des problème de logistique du à la quarantaine du personnel pour rentrer en zone.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Plusieurs méthodes sont utilisées pour éviter d’avoir recours aux animaux : La première consiste à travailler sur des supports inertes tels que des cartons, fausses peaux… qui permettent de s’entrainer à la manipulation des seringues et aiguilles pour trouver les bons angles, pour apprécier la force de pénétration de l’aiguille et pour rester fixe pendant la manipulation du piston. La deuxième méthode permet de visualiser la procédure grâce à la diffusion de vidéos réalisées en interne en précisant les difficultés et solutions. La troisième permet pour certaines manipulations de la réaliser plusieurs fois sur mannequins avant de passer sur animaux vivants. Quelle que soit la séance de TP, elle débute toujours par au moins une des méthodes de remplacement, mais il est impossible de remplacer totalement les animaux car l’apprentissage des gestes techniques pour former des personnes compétentes et habilitées nécessite de se confronter à des situations réelles où l’animal interagit. La vidéo est utilisée en amont mais également en aval de la manipulation. Cette dernière permet de pointer du doigt les difficultés de chaque apprenant pour qu’il prenne conscience de ses erreurs et qu’il les corrige pour les prochaines scéances.
2. Réduction
Comme chaque année de formation ne travaille pas sur la même espèce chaque semaine, nous pouvons considérer que nous formons 28 élèves par semaine les souris sont utilisées en actes invasifs pendant 20 TP nécessitant donc 120 souris par année scolaire Il en est de même pour les rats. Pour les lapins, le nombre de TP avec actes invasifs est de 15, les élèves travillent par binome et ou trinome permettant de réduire les animaux à 12 car entre chaque TP, au minimum, une semaine de repos est possible, le plus souvent, ce delai de repos est de 15 jours. De plus, le nombre d’actes invasifs est limité à 3 par TP et par animal. La rotation des espèces entre les années de formations et le suivi individuel des animaux permet de réduire au maximum le nombre d’animaux de chaque espèce.
3. Raffinement
Le raffinement peut être évalué grâce à plusieurs points par un suivi journalier avec sensibilisation à la détection des comportements des animaux et vérification des résultats des procédures précédentes par la mise en place d’un tableau de suivi individuel de chaque procédure réalisée sur l’animal, ce suivi individuel évite également l’utilisation des mêmes animaux car les apprenants prennent l’habitude de vérifier ceux qu’ils peuvent utiliser. Par un apprentissage progressif des techniques en commençant par les plus simples (identification, injection, prélèvement) ; par la prévention de la douleur pour des actes Par le recours à l’anesthésie pour des prélèvements sanguins difficiles (sinus rétro orbitaire, sub mandibulaire, jugulaire) Par le recours à des prélèvements sanguins tels que l’intra cardiaque sans réveil de l’animal Par une alternance des manipulations au cours des semaines Par un encadrement précis (14 élèves par tp) : surveillance rapprochée de l’enseignant pour des nouvelles procédures avec arrêt de la manipulation de l’élève si danger, aide à la réalisation dans les premiers temps (l’encadrant divisent le groupe en 2 pour pouvoir surveiller les actes de chaque apprenant) Par le travail en binôme pour une entraide et par la mise en place de tutorat entre élève lorsque l’enseignant a validé les compétences des élèves tuteurs Par la participation des élèves à la cellule de Bien être animal pour le développement de la culture du soin Par un suivi vétérinaire Par le respect de l’hébergement en groupe unisexe, les paramètres physicochimiques sont contrôlés et surveillés chaque jour. Si après une session de pratique, un animal présente des signes de douleurs ou présente des différences par rapport à son comportement avant la séance, il sera intégré dans un processus de suivi pour verifier régulièrement l’évolution des signes et prendre les mesures approrpiées (description des signes, chronologie de la surveillance avec délai entre chaque observation, avis vétérinaire..). Par le respect de points limite définis (nombre maximal d’utilisation avec acte invasif, delai entre les utilisation, perte de poids, changement morphologique du corps, masse, blessure, examination physique des yeux orifices, grille de score, …). En fonction du type de point limite atteint, trois possibilités de soulagement sont possibles : arret des actes invasifs, analgésie et soins pour soulager l’animal ou mise à mort immédiate en cas d’impossibilité de soulagement.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris, le Rat et le Lapin sont les mammifères les plus couramment utilisés en laboratoire de recherche. Nous formons nos élèves à l’utilisation de ces animaux, et pour cela que nous les utilisons. Nous recevons des animaux jeunes adultes, qui sont soit utilisés en travaux pratiques, soit mis à la reproduction. Par la suite, nous utilisons en général des animaux jeunes adultes parce que ce sont qui sont le plus couramment inclus dans des protocooles.