
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 27/03/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-142996)
654 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chaque animal reçoit une injection de busulfan puis de cellules immunitaires humaines issues de cellules souches, avec quatre prélèvements sanguins dont le dernier sans réveil, pour tester la capacité de ces cellules à prévenir un rejet de greffe. Le porteur indique que les gestes peuvent provoquer perte de poids et prostration, et que les injections risquent de perforer l’intestin ou la vessie. Il affirme qu’aucune méthode alternative ne reproduit in vitro la complexité des échanges entre types cellulaires, les données pour l’humain restant préliminaires.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les cellules souches pluripotentes induites sont des cellules adultes reprogrammées génétiquement pour donner différents types cellulaires comme les cellules du système immunitaire. L’objectif du projet sont 1/ de vérifier que ces cellules immunitaires obtenues à partir des cellules pluripotentes induites sont capables de survivre et de proliférer in vivo 2/ que ces cellules ont stables et n’induisent pas de maladie inflammatoire ou des tumeurs (absence de toxicité) 3/ qu’elles ont la capacité d’empêcher le rejet de greffe en transplantation
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus du projet sont de : 1) obtenir des données précliniques préliminaires d’efficacité thérapeutique du produit. 2) d’obtenir des données de sécurité/d’abscence de toxicité du produit thérapeutique avant les premiers tests chez l’humain
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
24h avant l’injection des cellules, une injection de busulfan, une molécule anti-cancéreuse couramment utilisée en clinique pour le traitement des leucémies, sera réalisée. L’injection du busulfan et des cellules prend environ 1 minute par souris, une seule injection par animal. Selon notre expérience, la dose de busulfan que nous utilisons n’est pas toxique pour la souris. Nous effectuerons 4 prélèvements sanguins au cours de l’expérience. Chaque prélèvement sanguin prend environ 2minutes/souris maximum. Le dernier prélèvement sera fait sous anesthésie locale et générale gazeuse sans réveil. L’anesthésie prend environ 3 à 4 min/souris. La douleur des animaux pourra être atténué par injection de buprénorphine, un analgésique morphinique ayant une action antalgique.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables peuvent comprendre une perte de poids, un aspect hirsute du poil, la prostration (l’animal reste recroquevillé dans un coin de la cage et ne se déplace plus) . Les nuisances liées aux gestes techniques telles que les injections peuvent comprendre une perforation de l’intestin ou de la vessie, un durcissement de la région abdominale, la formation d’un hématome au point d’injection. Pour les prélèvements de sang, une hémorragie et une plaie au site de prélèvement
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à l’issue de chaque procédure pour la récupération d’échantillons biologiques
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’emploi des modèles animaux est nécessaire au projet car il n’existe pas à l’heure actuelle de méthodes alternatives permettant de reproduire in vitro la complexité physiologique des échanges entre les nombreux types cellulaires et l’impact du micro-environnement sur la stabilité de nos cellules.
2. Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux utilisé, chaque groupe contiendra le nombre minimum indispensable à l’obtention de résultats statistiquement pertinents.
3. Raffinement
Dans une approche éthique, nous prévoyons de limiter au maximum le nombre d’animaux avec des scores cliniques sévères et mettre en place des points limites adaptés. Pour les actes de prélèvement invasifs comme les prélèvements sanguins, nous utiliserons un anesthésique local pour limiter la douleur. Nous utiliserons également une litière adaptée (douce, non-poussiéreuse) et un enrichissement qui favorise l’expression des comportements normaux de la souris (enfouissement, nidification…). Un apport de gel hydrique dans la cage est réalisé pour simplifier l’accès des animaux à une source hydrique et sera mis à disposition des animaux dès le début de leur hébergement pour les habituer à cette source hydrique. Les souris immuno-déficientes sont hébergées en portoir ventilé par groupe de 5 souris maximum par cage dans la zone stérile de l’animalerie. Pour la préhension des animaux et éviter le stress nous utiliserons un tunnel auquel nous les habituerons lors de leur phase d’acclimatation.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons différencié des cellules immunitaires régulatrices humaines à partir de cellules souches pluripotentes humaines et développé des méthodes permettant de modifier génétiquement ces cellules. Afin de pouvoir estimer l’efficacité et l’abscence de toxicité provoquée par ces cellules sur l’organisme de l’animal, nous devons utiliser un modèle murin le plus relevant possible. Un tel modèle n’existe que chez la souris et permet l’analyse de la biologie des cellules humaines in vivo. Nous utilisons des souris adultes de 8 à 12 semaines pour leur poids relativement stable en fin de croissance, pour la facilité de manipulation, de prélèvement et d’analyses d’échantillons, d’évaluation physique (bien-être).