
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/03/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-733402)
448 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent des injections intra-péritonéales puis une instillation de bléomycine dans le nez, une substance qui déclenche l’inflammation puis la fibrose du poumon, avant d’être mises à mort le jour même de l’administration. Le projet cherche à montrer qu’un récepteur qu’elles expriment, une fois activé, réduit la fibrose pulmonaire, dans l’espoir lointain d’une nouvelle approche thérapeutique. Le porteur indique que les cultures de cellules ne reproduisent pas la complexité des interactions in vivo et juge « nécessaire » le recours à la souris.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
De nombreuses maladies pulmonaires interstitielles pouvant évoluer vers la fibrose pulmonaire existe chez l’homme et actuellement il n’existe pas de traitement permettant de guérir la fibrose ; Seuls 2 traitements sont utilisés et ils permettent uniquement de ralentir la progression de la maladie. Nous avons identifié un récepteur exprimé par toutes les cellules dont l’activation permet la mise en place de réponses immunitaires anti inflammatoires et développé une molécule qui active ce récepteur. L’objectif de ce projet est de démontrer que c’est bien l’activation de notre récepteur d’intérêt qui conduit à la diminution de la fibrose pulmonaire chez la souris. Ceci permettrait à terme de développer une nouvelle approche thérapeutique pour traiter les fibroses pulmonaires.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet amènera une preuve importante certifiant que l’activation de notre récepteur dans des pathologies inflammatoires et fibrotiques peut être bénéfique, contrairement à ce qui est connu à ce jour. La mise au point de cette nouvelle technique d’étude de l’activation de notre récepteur pourrait être utilisée dans plusieurs autres pathologies pulmonaires, mais aussi être adaptée à d’autres organes. Cette technique permettrait de détecter réellement et efficacement l’activation de notre récepteur in vivo. En effet, aujourd’hui seules les voies de signalisation en aval du récepteur d’intérêt sont étudiées, or ces voies sont communes à l’activation de nombreux récepteurs cellulaires.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux anesthésiés (diminution du stress) seront soumis à une injection par voie intranasale de petits volumes de solution. Ces solutions sont indolores pour l’animal et le geste ne dure pas plus d’une minute. 192 animaux recevront 2 injections intrapéritonéales (ip) à 30 minutes d’intervalle (1 ip flanc droit, 1 ip flanc gauche) suivi d’une instillation par voie intranasale (25 ul narine droite, 25 ul narine gauche). 256 animaux recevront 1 injection intrapéritonéale suivie d’une instillation par voie intranasale (25 ul narine droite, 25 ul narine gauche). Ces injections et instillations sont très bien supportées par les animaux et le geste technique dure une dizaine de seconde à chaque fois.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’administration par voie intranasale de petits volumes (25ul par narine) de liquide est certainement désagréable, mais non létale. La littérature montre que l’administration de bléomycine induit une inflammation marquée du poumon qui précède la fibrose (visible à partir du 14ème jour) et que cette dernière est associée à une mortalité de l’ordre de 30% (Jiang D, 2005 PMID 16244651). Néanmoins, malgré ce taux de mortalité élevé, ce modèle reste le modèle de choix pour étudier l’incidence de l’intensité inflammatoire sur l’apparition des fibroses pulmonaires. Dans ce projet, les souris seront mises à mort le même jour que l’administration de la bléomycine, s’affranchissant ainsi des effets létaux et sévères de la bléomycine sur le bien-être animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
tous les animaux sont mis à mort à la fin de chacune des deux procédures
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous avons utilisé des cellules en culture pour définir les concentrations actives de nos molécules. Néanmoins l’utilisation de cellules en culture ne permet pas de mimer la complexité des interactions cellulaires et moléculaires nécessaire à la caractérisation de l’activation de notre récepteur.
2. Réduction
Une étude de la littérature a été menée pour s’assurer de la non-reproduction de résultats. L’étude statistique prévisionnelle nous permet de prédire le nombre minimal d’animaux qu’il faut inclure par groupe expérimental.
3. Raffinement
Nous avons montré l’absence de toxicité de nos composés et de leur véhicule sur des cellules en culture et sur des animaux vigiles. Nous utilisons une technique basée sur l’instillation de bléomycine par voie intranasale, cette technique évite une chirurgie. L’instillation est réalisée sur des souris anesthésiées pour diminuer leur stress et nous utilisons un tapis chauffant pour reverser l’hypothermie associée à l’anesthésie. Pour limiter au maximum la souffrance des souris nous avons établi une grille d’observation qui liste les mesures prises pour assurer le bien-être et nous avons défini des points limites à partir desquels les mesures sont prises pour limiter la souffrance de l’animal ou arrêter l’expérience.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons choisi de travailler sur la souris car l’instillation de la bléomycine chez la souris mime l’état inflammatoire et fibrotique des patients atteints de fibrose pulmonaire. Ayant montré dans le cadre d’un projet antérieur que les modulateurs positifs de notre récepteur d’interet inhibent la fibrose pulmonaire, il est important de démontrer son activation dans les mêmes conditions. Les souris mâles seront mises en expérimentation à un âge de 8 semaines. A cet âge, le système immunitaire des souris est mature et les souris développent une inflammation et une fibrose pulmonaire après l’exposition à la bléomycine .