
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-04-24 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-142192)
4 500 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dont 4 000 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles sont infectées par le virus respiratoire syncytial et exposées à la poussière d’acariens pour reproduire une bronchiolite et un asthme, y compris des nouveau-nés de cinq à sept jours infectés éveillés, avec des pertes de poids pouvant dépasser 25% et une trachéotomie avant la mise à mort. Le porteur indique que la manipulation des nouveau-nés peut entraîner leur rejet par la mère. Les nouvelles molécules testées ne visent une introduction en clinique qu’à terme, l’apport immédiat restant l’évaluation chez la souris.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif est de tester l’efficacité thérapeutique de composés chimiques ou biologiques dans des modèles de bronchiolite et d’asthme induits par le virus respiratoire syncytial, la poussière d’acariens, ou leur combinaison.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permettra de tester de nouvelles molécules candidates pour une utilisation en préventif ou en curatif sur l’infection au RSV, l’asthme allergique ou l’asthme exacerbé. A terme, cela permettra l’introduction en clinique de nouvelles stratégies thérapeutiques pour ces maladies.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour reproduire la bronchiolite, des souris de 5-7 jours ou de plus de 6 semaines seront infectées une ou deux fois au virus respiratoire syncytial par voie intranasale, vigile pour les nouveau-nés (acte de 5min) ou sous anesthésie générale pour les animaux sevrés (
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans le cas de l’infection au RSV, avec ou sans administration de poussières d’acariens, nous nous attendons à des pertes de poids importantes pouvant dépasser 25%, mais 25% de perte de poids (ou 20% maintenue sur 3 jours) constituera un point limite. Des difficultés respiratoires pourraient être observées et seront suivies grâce à une grille de scoring (voir procédures 1&3). Elles sont toutefois très rares. Les animaux pourraient présenter le poil hérissé de manière transitoire. Dans le cas des poussières d’acariens seules, nous nous attendons à des pertes de poids modérées . Dans ce modèle, nous n’attendons pas de difficultés respiratoires ou d’autre signe que la perte modérée de poids mais leur absence sera surveillée. Compte tenu des volumes administrés, et à l’analgésie et anesthésie si besoin mis en place, le stress et la douleur associés aux administrations et prélèvements seront légers. Dans le cas particulier de la pose d’une minipompe, la douleur associée à la chirurgie sera modérée au vu de l’analgésie mise en place. Le stress associé sera léger. Concernant les mesures de paramètres mécaniques par ventilation forcée, elles impliqueront une trachéotomie, donc l’anesthésie inclura l’administration de buprénorphine et un alpha-2 agoniste. Par ailleurs, elles seront réalisées sous anesthésie profonde (avec ajout de curares pour bloquer les mouvements respiratoires spontanés) et suivies d’une euthanasie sans réveil. Dans le cas d’utilisation de nouveau-nés, leur manipulation pourrait entrainer un rejet par la mère.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Après les deux procédures, les animaux seront mis à mort afin de pouvoir procéder à la récupération des organes et de grands volumes de sang, ainsi qu’à des lavages broncho-alvéolaires et des mesures de compliance pulmonaire, nécessaires pour évaluer l’efficacité des composés testés sur les maladies d’intérêt.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les molécules chimiques ou biologiques qui seront évaluées dans ce projet auront été si possible au préalable sélectionnées dans des tests in vitro afin de s’assurer de leur efficacité, de leur spécificité et de leur absence de toxicité. Elles auront aussi si possible été sélectionnées in vivo chez le rongeur sur leurs propriétés pharmacocinétiques (vérification de la compatibilité avec une efficacité dans la maladie visée). L’ensemble de ces données est souvent insuffisant pour prédire l’efficacité in vivo des molécules, car recréer in vitro une pathologie complexe est difficile, notamment lorsque différents types cellules et/ou tissus sont impliqués. L’efficacité réelle des meilleures molécules devra donc être vérifiée chez le rongeur en choisissant le modèle animal se rapprochant le plus des pathologies telle que décrites chez l’homme.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Chez la souris, d’après la littérature et d’après les études déjà réalisées dans notre laboratoire et sur la base de tests de type ANOVA, un nombre minimum de 8 animaux adultes par groupe est nécessaire pour observer une réduction significative de 50% d’un seul paramètre d’intérêt (exemple : inflammation constatée par histologie). Ce nombre pourra monter jusqu’à 15 pour une réduction significative sur plusieurs autres paramètres suite à un traitement préventif ou curatif (analyse de l’expression de cytokines…). Des animaux satellites devront être utilisés pour les mesures de paramètres mécaniques ventilatoires (sur animaux non infectés donc études sans RSV). La possibilité de se passer d’animaux satellites et de réaliser ces mesures sur les mêmes animaux que les autres analyses sera évaluée lors des premières études utilisant cette méthode.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront pesés au minimum 2 fois par semaine : • A partir de 10% de perte de poids, les animaux seront pesés quotidiennement et une réhydratation sous-cutanée sera mise en place • Entre 10 et 15% du poids au J0 du protocole : les animaux seront réhydratés avec du Lactate, 0.5mL, une fois par jour • Entre 15 et 20% du poids au J0 du protocole : les animaux seront réhydratés avec du Ringer Lactate, 0.5mL, deux fois par jour. Un scoring des difficultés respiratoires sera effectué tous les jours. En pratique, toute gêne respiratoire très marquée constituera un point limite avec euthanasie immédiate. En cas de suspicion de toxicité du composé chimique ou biologique administré, les traitements seront interrompus. Les principaux points limites en plus de ceux liés au scoring concernent l’état général de l’animal et sont listés en détail dans les procédures. Des points limites supplémentaires seront ajoutés en cas de détection d’effets non prévus de l’induction d’inflammation pulmonaire et/ou en cas de mise en place de méthodes plus raffinées d’évaluation de la souffrance des animaux. En cours d’étude, plusieurs anesthésies seront pratiquées notamment en cas de prélèvements de sang ou d’injections de produits : • Les administrations IV, IM, IP, SC et ID de composés tests se feront si nécessaire sous anesthésie générale à l’Isoflurane. • Une administration de buprénorphine sera réalisée avant les administrations IM/ID. • L’implantation d’une mini pompe en sous-cutané pourra être nécessaire lors d’une délivrance continue du composé test. La chirurgie d’implantation sera réalisée sous anesthésie générale Isoflurane et dans des conditions d’asepsie, avec une prise en charge analgésique 30 min avant l’anesthésie, puis jusqu’à 48 heures post chirurgie si besoin. Le suivi de la cicatrisation sera enregistré, et les sutures désinfectées régulièrement. Afin de minimiser les risques d’infection lors d’injections intradermiques, une tonte de la peau avec désinfection sera réalisée avant injection. Les injections intradermiques se feront sous un volume de 50 µL par site d’injection afin de limiter la douleur.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
– L’infection RSV chez la souris est bien documentée dans la littérature. – L’inhalation de poussière d’acariens pour déclencher une réponse asthmatique allergique est aussi très bien caractérisée chez la souris. – Les études de toxicité pour toute nouvelle molécule chimique ou biologique devant être réalisées a minima sur une espèce rongeur (rat ou souris), la connaissance de la dose active dans un modèle rongeur est une donnée critique qui permet de calculer la fenêtre thérapeutique entre la dose active sur la pathologie pulmonaire et la dose toxique dans la même espèce. Pour les études RSV, des nouveau-nés de 5-7 jours pourront être utilisés, de même que des animaux sevrés (jeunes adultes ≥ 6 semaines). Des femelles gestantes seront commandées à 2 semaines de gestation, afin d’avoir une mise bas une semaine plus tard dans nos locaux. Les nouveau-nés seront utilisés pour réaliser une primo-infection à l’âge de 5-7 jours, suivie d’une seconde infection 5 semaines plus tard. Cette condition permet de récapituler tous les signes cliniques de la bronchiolite du jeune enfant. L’infection RSV unique ou double pourra aussi être réalisée sur des animaux sevrés (≥ 6 semaines) pour reproduire uniquement la composante inflammatoire de la maladie, sans production de mucus. Pour les études utilisant la poussière d’acariens, seuls des animaux adultes sevrés ≥ 6 semaines seront utilisés. Pour les études combinant infection RSV et poussière d’acariens, seuls des animaux adultes sevrés ≥ 6 semaines seront utilisés.