
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/04/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-691201)
192 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une lésion musculaire par injection de cardiotoxine puis des injections intramusculaires sous anesthésie, avant d’être mises à mort pour prélever leurs muscles, afin d’étudier le rôle d’une protéine dans la régénération. Le porteur affirme que les injections ne provoquent pas d’effets indésirables aux doses utilisées et que les souris reprennent leur activité dès le réveil. Il conclut qu' »aucune autre méthode alternative » ne peut se substituer à l’animal pour ce processus.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les muscles squelettiques composent la moitié de la masse totale d’un individu et permettent la motricité du corps. Ils sont principalement composés de fibres musculaires mais également de vaisseaux sanguins, de nerfs et d’un tissu de soutien. Suite à une blessure, les différents types cellulaires qui composent le tissu coopèrent et interagissent pour reconstruire le muscle blessé. Parmi elles, les cellules souches musculaires s’activent et fusionnent ensemble pour former de nouvelles fibres musculaires. Le projet de recherche porte sur l’étude du rôle d’une protéine impliquée dans la fusion de ces cellules souches. Cette protéine est connue pour bloquer la fusion et donc la bonne réparation des muscles blessés. Le projet consiste à étudier par quels mécanismes elle agit sur la régénération. L’hypothèse est que plusieurs types cellulaires participent à ce processus en réponse à la protéine d’intérêt. L’approche qui sera développée consiste à isoler et étudier les cellules issues d’animaux modèles traités avec la protéine lors de la régénération musculaire. Cela permettra d’évaluer quelles sont les cellules répondeuses à cette protéine et comment ces cellules réagissent au traitement par cette protéine. A terme, ce projet de recherche permettra de comprendre les mécanismes par lesquels la protéine contrôle la réparation du muscle blessé.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A terme, les résultats du projet permettront de comprendre précisément comment la protéine d’intérêt contrôle les différents types cellulaires lors de la réparation d’un muscle squelettique blessé. En plus d’augmenter les connaissances des mécanismes fondamentaux qui régulent la fonction de ces cellules lors de la régénération, les résultats de cette étude pourraient permettre la conception de nouvelles stratégies de médecine régénérative.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Deux injections intramusculaires dans le muscle releveur de la patte seront réalisées. Elles durent moins de 5 secondes et seront faites sur animaux anesthésiés. Une injection d’analgésique (anti-douleur) sera également réalisée.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les injections de la protéine d’intérêt n’ont pas été rapportées comme provoquant des effets indésirables chez l’animal aux doses utilisées. L’utilisation d’anesthésiques au cours des procédures de lésion musculaire et d’injection de la protéine garantit l’absence de douleur chez l’animal. Les expériences précédemment menées avec cette procédure confirment que les souris reprennent leurs activités dès le réveil et qu’elles ne montrent pas de signes de douleurs pendant les jours suivants.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort et les muscles seront prélevés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Aucune autre méthode alternative actuelle ne peut se substituer à l’utilisation d’animaux pour l’étude de la régénération du muscle via l’activation des cellules souches musculaires. Ce processus repose sur des interactions complexes entre les tissus blessés et sur la coordination efficace de multiples types cellulaires. Ces résultats ne peuvent pas être obtenus par l’usage de lignées cellulaires, ce qui justifie la poursuite de notre projet utilisant des modèles murins.
2. Réduction
L’utilisation des animaux sera réduite au nombre nécessaire pour l’établissement des données expérimentales et contrôlée à l’aide d’analyses statistiques adaptées. Nous avons optimisé notre expérience afin d’utiliser un nombre d’animaux suffisant pour obtenir des résultats statistiques fiables, tout en réduisant au maximum le nombre d’animaux utilisé. La méthode de lésion musculaire utilisée est déjà très décrite au sein de la littérature et provoque peu de douleur chez l’animal.
3. Raffinement
Avant le début de la procédure, les animaux suivront une période d’acclimatation d’au moins une semaine. Les animaux seront également pesés 4 jours avant l’injection de cardiotoxine puis 4 jours après afin de vérifier qu’il n’y a pas de perte de poids anormale. Des anesthésiques et des médicaments anti- douleur seront utilisés afin de prévenir au maximum le stress et la souffrance des animaux. En plus de la surveillance quotidienne des animaux par le personnel animalier, les animaux seront observés avant et après la manipulation. Si des changements sont relevés pendant plus de 24h, des mesures adéquates seront prises en accord avec le personnel animalier afin d’améliorer les conditions de vie de l’animal et d’éviter toute souffrance inutile.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le tissu musculaire de la souris est extrêmement proche du tissu musculaire de l’humain, aussi bien dans sa composition cellulaire que dans son fonctionnement. La souris représente donc un modèle de choix pour l’analyse exploratoire des gènes impliqués dans la régulation du muscle. Les expériences seront principalement réalisées sur des souris âgées de 8 à 12 semaines. L’âge choisi est le plus adapté à l’étude de la régénération du muscle squelettique. Plus jeune, le tissu est encore en croissance. Plus âgé, une fibrose peut se développer et perturber le processus de régénération.