
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/07/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-271387)
15 000 rongeurs et lapins vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Souris, rats, cochons d’Inde, hamsters et lapins subissent des chirurgies destinées à induire une pathologie, dont délétion osseuse pour créer de l’arthrose, plaie cornéenne, plaie cutanée, extraction de dents ou pose d’un cathéter jugulaire, avant application d’une substance test. Le porteur reconnaît douleurs, boiteries, difficultés à s’alimenter et parfois automutilation, puis tue tous les animaux pour analyses. Ces modèles servent à tester substances et dispositifs médicaux pour l’industrie pharmaceutique, présentés comme un préalable au test sur l’humain.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de réaliser différentes chirurgies chez les rongeurs et les lagomorphes pour induire une pathologie, comme l’arthrose, ou mettre en place des modèles de transplantation, ou encore pratiquer des administrations intraveineuses répétées en perfusion, afin d’évaluer l’efficacité ou la toxicité de substances ou dispositifs médicaux, pour l’industrie pharmaceutique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permet d’induire des pathologies par chirurgie afin de tester une substance ou un dispositif médical sur des modèles expérimentaux correspondants. In fine, le bénéfice attendu est de pouvoir développer et tester ces substances sur l’Homme.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Tous les animaux sont anesthésiés et analgésiés avant le début de la chirugie. Pour les modèles de délétion osseuses, les animaux subissent une délétion au niveau des lombaires ou de la trochlée fémorale. Pour le modèle de plaie cornéenne, les animaux subissent une lésion de la cornée avec application d’une substance test. Pour le modèle de plaie cutanée, les animaux subissent une lésion au niveau de la peau avec application d’une substance test. Pour le modèle de chirurgie dentaire, les animaux subissent le retrait d’une ou plusieurs dents, suivi de l’application d’une substance test. Pour le modèle de cathétérisation jugulaire, on met en place un dispositif vasculaire au niveau du cou permettant l’injection d’une substance test. En fonction des projets, différents prélèvements sanguins peuvent être réalisés. A l’issue du projet, tous les animaux sont mis à mort pour des analyses vitro et ex-vivo.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les modèles de délétion osseuse peuvent générer de la douleur et des boiteries modérées à plus ou moins long terme. Le modèle de plaie cornéenne peut générer une douleur modérée et une sensibilité ophtalmique jusqu’à cicatrisation. Le modèle de plaie cutanée peut générer une douleur modérée, une sensibilité dermique et une réaction inflammatoire jusqu’à cicatrisation. Le modèle de chirurgie dentaire peut générer une douleur modérée, une réaction inflammatoire, des difficultés à s’alimenter et se toilleter jusqu’à cicatrisation. Le modèle de cathétérisation jugulaire peut générer une douleur modérée et de l’incofort lié au dispositif pendant toute la durée de l’étude. Ces effets peuvent aboutir à une baisse d’activité ainsi qu’un changement de comportement (baisse de la prise alimentaire, agressivité, auto-mutilation, …). Ces effets sont limités dans le temps et ne dépassent pas deux semaines.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de chaque procédure, tous les animaux sont mis à mort pour des analyses vitro et ex-vivo.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le développement de produits pharmaceutiques ou de dispositifs médicaux nécessite de réaliser des expériences chez l’animal dans le cadre du développement non clinique, afin d’évaluer l’activité des produits dans un organisme complet et complexe : – Développement du modèle sur un petit nombre d’animaux, inférieur à 10 – Validation du modèle sur un plus grand nombre d’animaux – Etude pilote : application de la substance test sur un petit nombre d’animaux – Etude réglementaire : application de la substance test sur un nombre d’animaux permettant une analyse statistique représentative. Des tests in vitro sont réalisés au préalable par nos clients ou par notre instalaltion. Il est nécessaire de recourir aux animaux afin de tester une substance dans un organisme complexe.
2. Réduction
Pour chaque protocole, le nombre d’animaux est réduit au minimum requis tout en permettant d’obtenir des résultats statistiquement fiables. Les analyses statistiques seront effectuées à l’aide d’un logiciel, comme décrit dans les procédures internes. La distribution des données sera vérifiée et les tests statistiques seront sélectionnés en fonction de la normalité des données. Afin de réduire le nombre d’animaux, des échantillons de sang, d’urine, de salive, de LCR, de fécès ou des organes peuvent être prélévés pour des analyses à posteriori.
3. Raffinement
Pour les rongeurs, de l’enrichissement comme des batonnêts à ronger, des huttes/tunnels et du papier kraft sont ajoutés dans les cages. Les animaux sont hébergés en groupe sociaux compatibles. Pour les lapins, des bâtonnets à ronger et/ou du foin sont ajoutés dans les cages. Les animaux sont hébergés par un ou deux, entre animaux socialement compatibles. Pour la chirurgie, une anesthésie générale, adaptée en fonction des espèces, est réalisée. Une couverture analgésique adaptée est appliquée et évaluée en fonction des observations quotidiennes des animaux. En fonction du projet, le poids des animaux est enregistré deux fois par semaine jusqu’à la fin de l’expérience. Les animaux sont observés quotidiennement et un monitoring (observation du déplacement, posture, paralysie, comportement, respiration, aspect des yeux, de la peau, des poils, des muqueuses et des excrétions dans la cage) peut être mis en place. La perte de poids est évaluée en fonction du poids de départ de chaque animal ou du poids maximal de l’animal si celui-ci n’est pas adulte au début de l’étude. Selon les essais et besoins expérimentaux, une observation de la tolérance locale après chaque traitement peut être réalisée. Une observation accrue des animaux est réalisée 2 à 6 heures après les traitements. Des points limites adaptés sont mis en place.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les rongeurs sont des mammifères de petite taille ayant un organisme similaire à l’Homme. Leur génotype est connu et ils sont faciles à héberger. En outre, de nombreux articles bibliographiques sont disponibles pour décrire les différents modèles. Les lagomorphes sont des mammifères de taille moyenne ayant un organisme similaire à l’Homme. Leur métabolisme ainsi que la taille des organes font de cette espèce un modèle pertinent pour l’évaluation de certains produits. De plus, le modèle lapin permet comparer les résultats au modèle rongeur. En fonction des essais et études réglementaires (lié aux caractéristiques de la substance ou du dispositif testé), les animaux utilisés seront des adultes ou des jeunes adultes, car ils nécessitent un système immunitaire et des organes totalement développés et fonctionnels.