
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 01/08/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-949938)
420 rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, gardés en vie pour maintenir la lignée ou dirigés vers d’autres projets. Il s’agit d’élever une souche de rats spontanément diabétiques, la lignée GK, dont les individus développent hyperglycémie, polyurie et complications tardives comme des neuropathies ou des néphropathies. Le titre du projet qualifie lui-même ce phénotype de « dommageable ». Le porteur destine la descendance à des recherches sur le diabète, la dysfonction érectile ou le syndrome des ovaires polykystiques, et décrit la souche comme « non remplaçable ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de maintenir et faire prospérer une lignée de rat spontanément diabétique afin de pouvoir réaliser les expérimentations indispensables à l’activité du laboratoire en matière d’exploration préclinique dans les domaines de la dysfonction sexuelle mâle et femelle et des pathologies aux troubles métaboliques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’élevage de rats GK au phénotype particulier permettra l’exploration pré-clinique dans plusieurs domaines (métabolique, santé féminine, dysfonctionnement érectile) afin de sélectionner et tester l’efficacité de candidats médicaments afin de traiter ces troubles.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
La mesure de la glycémie nécessite une goutte de sang, prélevée à la queue du rat ou bien au niveau de la joue, sur une bandelette afin d’être lue dans un appareil de lecture adéquate. Ce prélèvement sera effectué au maximum une fois par mois, pendant une durée de 30 secondes à 1 minute maximum, chez les rats mâles de 9 semaines afin de choisir les reproducteurs.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Ces rats sont des rats diabétiques non obèses avec une hyperglycémie, une hypoinsulinémie et une polyurie. Ils peuvent aussi développer des complications tardives comme une rétinopathie, une microangiopathie, neuropathie ou une nephropathie, ou encore une inflammation des intestins qui peut mener à des diarrhées.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
À l’issue de cette procédure d’élevage, les animaux ont la possibilité d’être maintenu en élevage pour continuer de maintenir la lignée ou pourront être réutilisé le cas échéant sur d’autres des projets portant sur des études sur le diabète, mais aussi la dysfonction uro-génito-sexuelles ou le syndrome des ovaires polykystiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le rat GK (Goto-Kakizaki) est une souche de rat présentant un diabète de type 2 sans obésité. Il s’agit d’un modèle précieux pour les études sur le diabète, mais aussi la dysfonction érectile, l’hyperactivité vésicale ou le syndrome des ovaires polykystiques. Dans ce contexte, l’élevage de rats GK permet une recherche préclinique pour pouvoir évaluer l’efficacité et sélectionner des candidats médicaments innovants pouvant présenter un intérêt dans le traitement de ces pathologies liées à l’expression naturelle du diabète de type II chez cette souche de rat. L’érection ou la miction sont des processus physiologiques nécessitant la coordination de plusieurs mécanismes physiologiques, ainsi, un modèle animal est requis pour pouvoir les étudier et évaluer l’érection et l’effet potentiellement bénéfique d’un nouveau médicament. De plus la souche de rat GK a été démontrée comme un modèle reproduisant les caractéristiques du diabète chez l’homme, incluant notamment une dysfonction érectile et une hyperactivité vésicale ayant fait l’objet d’un publication scientifique. De plus, il a été montré récemment que les rates GK développent spontanément un syndrome des ovaires polykystiques. L’éthiologie de cette pathologie est encore inconnue, et un modèle animal spontané est le meilleur outil pour les recherches scientifiques sur cette maladie. Ainsi le rat GK n’est pas remplaçable car il s’agit d’un modèle complexe qui ne peut pas être reproduit à l’aide d’une lignée cellulaire ou de modélisation informatique.
2. Réduction
Le nombre d’animaux sera maintenu au minimum et ajusté en fonction des demandes des équipes utilisatrices et du bon maintien de la lignée de manière à pouvoir renouveler les reproducteurs sans consanguinité.. De plus, le rat GK étant un modèle de plusieurs pathologies (syndrome des ovaires polykistiques, dysfonction érectile, urologie, diabète), la descendance mâle et femelle pourra être utilisée dans des projets incluants les procédures expérimentales correspondantes.
3. Raffinement
Une semaine d’habituation minimum est laissée aux animaux avant de pouvoir les regrouper en cages d’accouplement. Ils sont hébergés en groupe sociaux de 2 ou 3 (en fonction de leur poids/croissance,
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Afin de limiter l’utilisation de gros animaux tels que le chien, les rongeurs et plus particulièrement le rat est l’espèce animale la plus largement utilisée dans le domaine de la médecine uro-génito-sexuelle. L’organisation anatomique des organes participant à l’activité uro-génito-sexuelle ainsi que leur innervation sont comparables chez le rat et chez l’homme. De plus le rat GK est un modèle spontané de diabète de type 2 et des pathologies uro-génito-sexuelles associées, ainsi que du syndrome des ovaires polykistiques. Les animaux mis en reproduction sont agés au minimum de 9 semaines afin d’avoir atteint leur maturité sexuelle. Le sevrage est effectué entre 4 et 5 semaines, selon le nombre et la taille des petits.