Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

40 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Porteuses par transgénèse d’une glycogénose de type III, elles subissent des biopsies de la queue, des jeûnes répétés de 6 à 12 heures, des injections intra-abdominales puis des incisions de la queue pour mesurer leur glycémie, avant un prélèvement sanguin terminal et la mise à mort pour prélever foie, reins et intestins. Le porteur indique que le jeûne peut provoquer des hypoglycémies avec prostration et refroidissement, et que 10 à 30 % de ces souris développent des tumeurs du foie entre 15 et 18 mois. Sur le remplacement, il affirme que l’étude de la régulation du sucre entre organes impose de travailler sur l’organisme « en entier » et conclut au recours à la souris.

NTS-FR-025092v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale · Système endocrinien ·
Mots-clés
Glycogénose de type III, Glycémie, métabolisme, Foie, Souris transgéniques
Souris : 40

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le glycogène est la forme de stockage de sucre apporté par l’alimentation. Il est principalement accumulé dans le foie et dans les muscles. Sa dégradation par le foie permet de libérer du sucre dans le sang pour maintenir la glycémie (concentration de sucre dans le sang) autour de 1g/L, et cela dès la fin d’un repas. Une baisse de la glycémie en dessous de 0,7 g/L est appelée hypoglycémie. La glycogénose de type III est une maladie génétique rare due à l’absence de l’enzyme qui permet la dégradation du glycogène en molécule simple de sucre. Cette maladie se caractérise, dès le plus jeune âge, par des hypoglycémies, lors de jeûnes courts, et l’accumulation de glycogène dans le foie. Il est connu que ces patients peuvent maintenir leur glycémie en induisant la production de sucre par l’organisme par une autre voie métabolique à partir de substrats comme les acides aminés (produits de dégradation des protéines). Ainsi, pour éviter les hypoglycémies qui peuvent être fatales, les patients doivent manger régulièrement, en privilégiant les sucres lents (maïzena cru) et des aliments riches en protéines. Ce projet a pour objectif de caractériser les conséquences exactes de l’absence de la dégradation du glycogène sur le métabolisme du foie et la régulation de la glycémie, en déterminant le rôle des deux autres tissus capables de produire du sucre, les reins et l’intestin. Pour cela, nous disposons d’un modèle de souris transgéniques qui développent les mêmes symptômes que les patients atteints de glycogénose de type III. Nous proposons d’étudier la régulation de la glycémie à partir de différents substrats qui sont connus pour être préférentiellement utilisés par le foie ou par les reins/l’intestin. Ceci nous permettra d’identifier la contribution de ces 3 organes dans le maintien de la glycémie chez les patients atteints de glycogénose de type III. Nous étudierons aussi le métabolisme hépatique, rénal et intestinal après un jeûne limité à 12h, temps nécessaire pour l’utilisation des stocks de glycogène du foie chez les souris saines. Ce projet devrait permettre de mieux définir les mécanismes moléculaires permettant aux souris atteintes de glycogénose de type III de maintenir leur glycémie et d’évaluer le rôle des reins et de l’intestin en l’absence de dégradation des stocks de glycogène par le foie.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

A terme, ce projet devrait permettre de mieux caractériser l’adaptation du métabolisme chez des souris atteintes de glycogénose de type III pour maintenir une glycémie physiologique, évitant le décès des souris par hypoglycémie lors de jeûne court. Notre hypothèse est que les reins et l’intestin pourraient compenser la perte de la production de sucre par le foie. Ainsi, ce projet devrait mettre en exergue la contribution des reins et de l’intestin dans le maintien de la glycémie. Cette étude permettra aussi de comprendre les mécanismes moléculaires induits chez les patients traités par des régimes enrichis en protéines. Ces régimes sont connus pour apporter des acides aminés, après dégradation des protéines, qui sont utilisés comme substrats pour produire du sucre, principalement par les reins et l’intestin, alors que le foie ne peut pas produire de sucre à partir de ces acides aminés.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les souris subissent une biopsie de l’extrémité de la queue qui est un geste qui dure quelques secondes. Les souris seront soumises à 2 périodes de jeûne de 6 h, et à une période de jeûne de 12h. Pour déterminer l’effet des 2 produits administrés aux souris, la solution sera injectée progressivement, en environ 30 sec-1 min, dans l’abdomen des souris. Leur glycémie sera ensuite mesurée sur une période de 2 heures, après l’incision de l’extrémité de leur queue. L’incision est un geste très rapide qui dure 1 ou 2 secondes, et qui sera réalisé juste avant l’injection des produits à tester. Une prise de sang sera réalisée en moins de 1 minute, avant la mise à mort des souris. Au total, l’expérimentation s’étalera sur 3 semaines.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

– Les souris atteintes de glycogénose de type III sont susceptibles de développer des hypoglycémies au cours du jeûne de 12h qui peuvent entrainer un mal-être général, caractérisé par un ralentissement de leur déplacement, même sous stimulation du zootechnicien, une prostration, et éventuellement un refroidissement de l’animal. – De plus, ces souris (entre 10 et 30%) peuvent développer des tumeurs hépatiques entre 15 et 18 mois. – L’entaille de l’extrémité de la queue des souris entraine une légère douleur. – L’injection de produits chimiques peut entrainer une légère inflammation du péritoine. – La prise de sang réalisée peut entrainer une légère douleur due à la piqure.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort pour prélèvement de tissu par une méthode éthiquement autorisée. Le foie, les reins et les intestins seront prélevés pour des analyses moléculaires.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La production de sucre par l’organisme implique 3 organes, le foie, les reins et l’intestin qui agissent de façon coordonnée pour maintenir les taux de sucre dans le sang à des valeurs comprises entre 0,7 et 1,1 g/l en dehors des repas. Le maintien de l’homéostasie glucidique implique une régulation inter-organe, via l’action de diverses hormones et de signalisations nerveuses. Notre étude nécessite donc de travailler sur l’organisme en entier pour conserver ce dialogue complexe entre organe.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de souris a été calculé au plus juste à partir des connaissances de la pathologie étudiée, du modèle animal, et du métabolisme, mais aussi des résultats d’études précédentes ayant permis de valider les approches expérimentales utilisées. Afin de pouvoir faire une analyse statistique avec une puissance de 80% et p

3. Raffinement

3R / Raffinement :

-Pour habituer les animaux aux manipulations et aux zootechniciens, les animaux seront pesés de façon hebdomadaire permettant aussi de suivre leur poids. A noter que l’ensemble du personnel a suivi une formation aux techniques de contention des souris moins stressantes que sans soulever l’animal par la queue. -Afin d’éviter les éventuelles hypoglycémies et l’épuisement des souris qui pourrait être dû à leur faiblesse musculaire, les souris ont accès à la nourriture directement dans la cage et des embouts des biberons longs. – La connaissance des modèles animaux atteints de glycogénose a permis de définir des points limites, en identifiant les manifestations physiologiques liées aux hypoglycémies chez la souris. Un suivi de glycémie sera réalisé si un animal reste prostré dans une cage, et/ou ne répond pas ou peu aux stimulations du zootechnicien. En cas d’hypoglycémie sévère (glucose inférieur à 30-40 mg/dL), la souris sera systématiquement injectée avec une solution de glucose et une partie de sa cage sera placée sur une plaque chauffante afin de maintenir sa température corporelle. -À la suite de la prise de sang en veine submandibulaire, l’arrêt du saignement sera rapidement maitrisé par un point compressif de la veine. -Pour prévenir la douleur due au prélèvement de sang, de la crème anesthésiante sera appliquée localement sur l’extrémité de la queue des souris ou la zone de piqure, 30 min avant l’incision. – Une perte de poids de plus de 15%, associée à une dégradation de l’état général de l’animal (poils hérissés, yeux fermés…) sera un point limite pouvant survenir lors d’une atteinte hépatique ou du développement d’une tumeur du foie -Enfin, l’état de bien-être sera évalué quotidiennement par l’observation des signes physiologiques (état du pelage, mouvements/posture de la souris, morsures…). En cas de petites plaies, une crème à base de teintures mères et d’huiles essentielles qui apaise et cicatrise sera systématiquement appliquée par les zootechniciens en charge du suivi du bien-être animal.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Souris (Mus musculus) En ce qui concerne la production de sucre par l’organisme, les études réalisées sur des vertébrés inférieurs tels que le poisson montrent que les régulations observées ne sont pas les mêmes que chez les mammifères. Les expériences seront donc réalisées avec des modèles animaux dont les systèmes de régulation sont semblables à l’homme et qui reproduisent toute la pathologie observée chez les patients. Par ailleurs, le modèle murin est compatible avec une étude en laboratoire en raison de sa petite taille, de sa manipulation aisée et des nombreux outils d’analyse disponibles (anticorps, kits biochimiques…). Le génotypage des souris par l’analyse d’ADN purifié à partir d’une biopsie de queue sera réalisée à l’âge de 15 jours, afin de sélectionner les souris avant leur sevrage. Les protocoles seront ensuite réalisés chez des souris adultes âgées d’environ 12 mois qui correspond à un stade précédant le développement de tumeurs du foie chez les souris atteintes de glycogénose de type III. Cette étude s’intègre dans un projet global d’étude des mécanismes de la tumorigenèse du foie en relation avec les perturbations du métabolisme.