
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/10/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-894353)
626 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Elles sont infectées par le virus de la grippe au moyen d’une instillation nasale sous anesthésie, puis prélevées, pour caractériser une protéine capable de moduler la réponse immunitaire. Le porteur décrit les atteintes attendues d’une infection pulmonaire, douleur, hypothermie, perte de poids et baisse d’activité. Il affirme qu’aucun modèle in vitro ou ex vivo ne reproduit la complexité de la réponse immunitaire, ce qui rend selon lui les modèles animaux nécessaires.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Chaque année, dans le monde, le nombre de cas de grippe est d’environ 1 milliard et le nombre de décès liés à la grippe est estimé entre 290 000 et 600 000. L’émergence d’une pandémie, comme la pandémie actuelle de COVID-19, met fortement en évidence l’impact sanitaire, social et économique d’une infection virale incontrôlée. La vaccination est la stratégie la plus efficace contre les virus. Cependant, la courte durée de l’immunité induite par le vaccin, associée à la dérive des virus, affecte négativement cette protection. En plus de cela, le développement de nouveaux médicaments antiviraux a été lent, et même les médicaments disponibles sur le marché soulèvent des préoccupations quant à la résistance aux médicaments et/ou à leur toxicité. Par conséquent, des stratégies de traitements plus efficaces contre les infections virales sont essentielles à développer. Les médicaments orientés vers l’hôte et capables de moduler le système immunitaire, en améliorant ou en limitant les réponses exacerbées, élargissent considérablement le répertoire des cibles thérapeutiques. Il a été mis en évidence une protéine capable de moduler la réponse immunitaire en cas d’infections bactériennes. Son rôle en cas d’infection grippale chez des souris sera caractérisé afin d’évaluer son potentiel thérapeutique. A plus long terme, le ciblage de la voie de cette protéine pourra apporter une option thérapeutique innovante visant à augmenter la réponse de l’hôte notamment lors d’infections.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A court terme, le projet consiste à décrire de façon très complète les défauts de la réponse immunitaire en absence de la protéine d’intérêt suite aux infections virales. Ce projet permettra donc la caractérisation complète et détaillée de la voie de la protéine dans un contexte d’infection virale. A plus long terme, le ciblage de la voie de cette protéine pourra apporter une option thérapeutique innovante visant à augmenter la réponse de l’hôte notamment lors d’infections.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Le projet comprend au total 626 souris. Les infections intranasales de suspension virale durent environ 1 minute et seront effectuées sur souris sous anesthésie générale (injection de l’anesthésique : 10 secondes) qui dure entre 40 minutes à 1h. Les souris seront surveillées pendant leur réveil et de manière régulière. A la fin de l’expérimentation, les échantillons seront récupérés soit sur souris anesthésiées (injection de l’anesthésique : 10 secondes) pour les prélèvements sanguins environ 1 minute par animal et sinon de manière post-mortem après euthanasie de la souris.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Douleur au point d’injection lors de l’injection d’anesthésique avant de procéder à l’infection intranasale. Également des douleurs induites par une infection virale pulmonaire, hypothermie, perte de poids, activité et mobilité réduite.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mises à mort afin de récupérer des organes vitaux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les expériences sur les souris présentées ici ne peuvent pas être remplacées par des méthodes alternatives car actuellement, aucun modèle in vitro ou ex vivo ne permet de mimer les réponses immunitaires ou de modéliser la complexité d’un organisme pour analyser cette dernière. Par conséquent, les modèles animaux sont nécessaires à ce projet.
2. Réduction
Les expériences sont conçues pour utiliser un nombre minimum d’animaux, mais suffisant pour pouvoir réaliser les tests statistiques adaptés sur des souris mâles et femelles. L’utilisation des mâles et des femelles limitent ainsi la perte d’animaux. De plus, pour réduire le nombre de souris, un maximum d’analyses sera effectué sur chaque animal. Les doses proposées ne seront pas toutes testées en même temps et la dose recommandée et publiée sera testée en premier. Des doses à la hausse ou à la baisse parmi celles proposées en fonction des résultats préliminaires obtenus seront testées si besoin.
3. Raffinement
Les procédures expérimentales ont été optimisées pour réduire au maximum l’inconfort et le stress subis par les animaux. Lors des injections, les mamelles seront évitées et l’infection sera réalisée sous anesthésie générale. Le réveil des animaux se fera sous surveillance et sur des tapis chauffant pour limiter la perte de température. Après l’infection, des croquettes humides seront ajoutées dans la cage pour limiter la perte de poids. Une surveillance régulière (prise de poids, température et observations comportementales) afin de ne jamais induire un dépassement de point limite de souffrance sera mise en place. Les souris seront élevées en communauté à l’exception des cas des mâles seuls dans leur portée. Si le cas d’un mâle isolé se présente, l’ajout de maison en carton, nids ou bâtons de bois sera mis en place. Avant chaque expérience, une période d’acclimatation de 5 jours après leur arrivée en zone d’hébergement sera mis en place. Des points limites bien définis permettent de limiter la souffrance animale a minima.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Utiliser le modèle souris permettra donc de ne pas répéter des expériences inutiles en étudiant la littérature existante, et de comparer aisément les résultats afin de progresser plus rapidement. De nombreux anticorps spécifiques reconnaissant les marqueurs du système immunitaire murins permettent de faire des études sur ce modèle. Les souris transgéniques n’exprimant pas la protéine d’intérêts ne présentent pas de phénotype dommageable autre que le défaut de réponse aux infections étudiées dans ce projet. Les souris utilisées seront des souris adultes.