Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

163 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Porteuses d’une mutation reproduisant une maladie musculaire rare, elles subissent des tests de force et de coordination, une course forcée jusqu’à l’abandon entretenue par de petits chocs électriques, un isolement de douze heures et des prélèvements allant jusqu’à 15 % de leur volume sanguin, avant un test terminal sous anesthésie et la mise à mort pour prélever les muscles. Le porteur signale une faiblesse musculaire dès quatre mois, une angoisse modérée et des douleurs musculaires liées à la course forcée. Il affirme qu’un modèle cellulaire ne suffit pas à évaluer une thérapie et qu’il faut mesurer les effets sur l’ensemble de l’organisme.

NTS-FR-080645v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Recherche fondamentale · Système musculosquelettique · Troubles musculosquelettiques ·
Mots-clés
Myopathie, Dystrophie musculaire, Dysferline, BIN1, DNM2
Souris : 163

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les dysferlinopathies font partie des maladies rares du muscle et regroupent notamment la myopathie distale de Miyoshi et la myopathie des ceintures 2B. Les principaux signes cliniques sont la faiblesse musculaire et une atrophie prononcée des muscles, pouvant mener à des déficiences fonctionnelles sévères. A ce jour, il n’existe aucun traitement pour ces maladies, et aucune preuve de concept thérapeutique permettant de restaurer les fonctions motrices de souris modélisant cette myopathie. L’objectif de ce projet est ainsi d’étudier le potentiel thérapeutique de la modulation de deux gènes jouant un rôle important dans le muscle et s’étant déjà montrée efficace pour d’autres types de myopathies présentant des dérégulations similaires.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet a pour but d’évaluer deux potentielles thérapies et pourrait permettre de fournir une première preuve de concept thérapeutique en vue de traiter des patients atteints de dysferlinopathie. En outre, cette étude apportera de nouvelles clés de compréhension sur les mécanismes associés à cette maladie et sur les acteurs impliqués.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Des tests de force et de coordination non invasifs réalisés sur un temps court (une minute environ et 5 mins respectivement) seront réalisés trois fois durant la période d’étude des souris (de 4 à 6 mois d’âge). Chaque test sera réalisé trois fois avec un temps de repos de 10 minutes. Un autre test de fonction motrice consistant à faire courir la souris jusqu’à abandon sera réalisé 1 à 3 fois durant la vie de l’animal et durera au maximum 1h40. Les mouvements spontanées de l’animal seront également quantifiés durant 12h en laissant l’animal seul dans une cage. Des prélèvements de sang de 15% du volume total de l’animal seront réalisés toutes les deux semaines au maximum. Un dernier test sous anesthésie précédant l’euthanasie des animaux permettra de mesurer la force musculaire des souris. Ce test durera au maximum une heure, et l’animal sera surveillé.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les premiers signes cliniques apparaîssent à 4 mois chez les souris et se limitent à de la faiblesse musculaire au niveau des membres, pouvant induire une angoisse modérée chez l’animal. Les animaux seront euthanasiés à 6 mois afin d’éviter la progression de la maladie et pour réaliser par la suite des analyses moléculaires. Les nuisances causées par les différents tests sont la chute de l’animal dans une cage remplie de litière entraînant une légère peur chez l’animal, l’extension de l’animal par tirement progressif de la queue par l’expérimentateur, l’isolement de l’animal pendant 12 h, la contrainte à la course par délivrance de petits chocs électriques pouvant entraîner des douleurs musculaires sur le court terme et l’anesthésie générale de l’animal.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront euthanasiés à l’issue des deux procédures afin de récolter les muscles nécessaires aux analyses moléculaires et histologiques. Les animaux issus des accouplements ayant pour but le maintien de la lignée durant la durée du projet seront euthanasiés avant l’apparition des signes cliniques.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le projet consiste à évaluer l’effet bénéfique de thérapies sur les fonctions locomotrices et la fatigue musculaire. Malheureusement, l’utilisation d’un modèle cellulaire ne suffit pas pour évaluer le potentiel d’une thérapie dans le cas d’une maladie musculaire. En effet, il est nécessaire de pouvoir évaluer les effets sur la contractilité du muscle ainsi que sur l’ensemble de l’organisme. Le modèle murin, étant suffisamment proche de l’homme physiologiquement et structurellement, permet de pouvoir étudier la physiopathologie ainsi que les effets d’une thérapie.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les tests phénotypiques prévus sont faiblement invasifs et permettent donc un suivi longitudinal des souris, ce qui réduit fortement le nombre de souris nécessaires. Les analyses histologiques et moléculaires seront effectuées sur les mêmes animaux après euthanasie. Le nombre d’animaux a été choisi à partir des données présentes dans une étude traitant des déficits moteurs du même modèle de souris et permettant d’observer des différences de démarche, d’activité locomotrice et de poids de muscles entre les souris myopathes et les souris saines dès 15 semaines d’âge.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les nouveau-nés seront hébergés avec leurs parents jusqu’au sevrage avant d’être hébergés en groupe. Chaque cage sera enrichie avec des nids de chanvre. En cas de difficultés locomotrices des animaux, la nourriture sera placée dans la cage. Lors des mesures in situ, le stress et la douleur liés à la procédure seront éliminés par injection intrapéritonéale d’un mélange d’anesthésiants et d’analgésiques. Durant toute l’expérience, la température corporelle de l’animal sera maintenue à sa valeur basale au moyen d’une plaque et d’une lampe chauffante. Un contrôle visuel de sa respiration sera effectué. Les animaux seront pesés deux fois par semaine et observé quotidiennement pour vérifier que leur état ne se dégrade pas. Dès lors qu’une perte de poids est observée, les animaux seront alors pesés quotidiennement. L’animal sera sorti de sa cage par les mains du manipulateur disposées en coupe. Avant chaque test phénotypique, l’animal sera familiarisé avec le matériel pour minimiser son stress.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les souris sont suffisamment semblables à l’homme physiologiquement pour être un bon modèle d’étude des maladies musculaires. Dans notre projet, par exemple, la mutation présente chez les souris provient d’une mutation spontanée d’une lignée murine récapitulant les principaux signes cliniques observés chez l’homme. Les souris seront utilisées entre 4 mois et 6 mois d’âge, i.e. adultes. Cet âge correspond à l’apparition des signes cliniques moteurs chez les souris déficientes en dysferline. Le phénotype dégénère progressivement tout au long de la vie de la souris, il est donc préférable de réaliser les tests phénotypiques le plus tôt possible afin de limiter l’angoisse animale.