Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

1 234 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dont 252 dans des procédures menées sous anesthésie sans réveil et 982 impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une greffe de tumeur par chirurgie abdominale, puis des séances d’imagerie qui les maintiennent endormies deux à quatre heures, pour étudier le rôle de cellules immunitaires dans les cancers solides de l’intestin. Le porteur affirme que les souris rencontrent « peu d’effets indésirables » liés à la tumeur, et que, faute de lignées cellulaires d’ILC, le recours au « modèle murin » est « essentiel ». Les retombées cliniques annoncées, de nouvelles approches contre le cancer, sont renvoyées au conditionnel.

NTS-FR-925387v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale · Système gastrointestinal · Système immunitaire ·
Mots-clés
Immunité Innée, Imagerie intravitale, Cancer, Cellules lymphoides innées, Migration cellulaire
Souris : 1234

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet propose de s’appuyer sur l’imagerie d’animaux entiers afin (1) d’analyser l’organisation de la réponse immunitaire anti-tumorale et (2) d’identifier le mode d’action des cellules lymphoïdes innées (ILCs). Nous souhaitons identifier le rôle de chacune des populations cellulaires retrouvées au sein d’une tumeur afin d’évaluer leur contribution directe ou indirecte dans la réponse immunitaire. Nous nous intéresserons particulièrement aux réponses immunitaires impliquées dans les cancers « solides » qui représentent la majorité des cancers, et plus particulièrement ceux touchant l’intestin. Ce projet permettra d’apporter de nouvelles connaissances sur l’utilisation des ILCs dans les cancers primaires de l’intestin pour ainsi contribuer, au long terme à améliorer de la prise en charge et/ou le diagnostic des patients en clinique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Nous proposons ici de caractériser au niveau moléculaire et cellulaire le mécanisme de surveillance immunitaire des cellules lymphoïdes innées dans un modèle tumoral et suite à un défi inflammatoire. Ainsi, nous obtiendrons une compréhension intégrée du système immunitaire dans des conditions normales et pathologiques. Ainsi, la compréhension du mécanisme qui régule les premières phases de l’immunité innée contre la progression tumorale pourrait conduire à de nouvelles approches thérapeutiques pour prévenir ou améliorer l’espérance de vie après la tumorigenèse.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

La greffe tumorale consistera à une intervention chirurgicale de 15 minutes et les animaux seront sous surveillance quotidienne. Certains animaux subiront une intervention chirurgicale de 30 minutes pour effectuer l’imagerie et seront maintenus endormis pendant 2 à 4h.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Notre connaissance suggère que les souris rencontrent peu d’effets indésirables causés par la pousse tumorale. La localisation de la tumeur ne semble pas impacter leur mobilité, leur alimentation, leur pelage et leur comportement. L’injection de molécules que nous proposons d’étudier dans ce projet aura peu d’effets indésirables ou à court terme (24-72h).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure car ils ne peuvent être ni réutilisés, ni replacés, ni adoptés car ils auront reçu initialement des cellules tumorales ou une chirurgie viscérale non opérable.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La validation de facteur des cellules lymphoïdes innées (ILCs) seront faites au préalable in vitro à l’aide des lignées cellulaires tumorales pour remplacer les animaux. Ces expériences pourront être effectuées dans des cultures cellulaires et nous permettront de déterminer des doses ou la cinétique sur laquelle nous souhaiterions étudier le mode d’action de ces potentiels molécules. Ces travaux nous permettront de réduire le nombre d’animaux que nous utiliserons par la suite pour identifier leur mode d’action. Néanmoins, les lignées cellulaires d’ILC humaines ou murines n’existant pas, les tests in vitro ne pourront pour le moment pas être réalisés. De plus, les modèles in vitro actuels ne permettent pas de récapituler la complexité des réponses immunitaires ayant lieues in vivo. De ce fait, nous avons recours aux animaux afin de décortiquer le mécanisme d’action des ILCs.

2. Réduction

3R / Réduction :

D’après notre expertise issue des projets précédents et notre collaboration avec des statisticiens, nous avons déterminé́ le nombre d’animaux par groupe qui nous permettront d’utiliser les tests statistiques robustes. La nombre de souris nécessaire à l’expérimentation a été déterminée en tenant compte d’une réduction maximale du nombre d’individus tout en garantissant une significativité statistique des résultats. Les résultats seront analysés par des tests statistiques adaptés. Les animaux ne pourront pas être réutilisés car ils seront porteurs de tumeur(s). L’utilisation de l’imagerie sur l’animal vivant nous permet de réduire le nombre d’animaux utilisé car l’observation en temps réel permet d’acquérir plusieurs données à partir d’un un même animal, en observant les cellules immunitaires avant traitement, puis dans les heures qui suivent l’administration des traitements. Dans la mesure du possible, les expériences utilisant différentes techniques ex vivo seront effectuées sur les même animaux afin de limiter leur utilisation.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Pour épargner toute douleur, les animaux seront suivis quotidiennement fréquemment et des points limites (poil ébouriffé́, prostration, diarrhée) sont établis pour raffiner les procédures et soulager les animaux à l’aide d’analgésique ou de les mettre à mort si la souffrance persiste. Dans le cadre de la tumorigenèse intestinale, la tumeur ne pourra pas être mesurée au cours de l’expérimentation mais le volume tumoral sera mesuré après la mise à mort afin de contrôler la pousse tumorale. Le nombre de cellules tumorales injectées est volontairement faible afin de prévenir une pousse tumorale trop importante. L’injection se faisant dans la partie externe de l’intestin, l’animal qui n’aura aucune difficulté à bouger ou à s’alimenter. Concernant l’intervention chirurgicale pour la greffe de tumeur, l’animal sera administré en amont de l’opération avec une dose d’antalgique afin de minimiser la douleur et sera anesthésié sur plaque thermo contrôlée pour limiter la perte de chaleur corporelle. La cage sera supplémentée avec du gel hydrique et la litière pourra être remplacée par une litière en cellulose en post-chirurgie.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le développement lymphocytaire et les réactions immunitaires sont des processus complexes. De façon générale, l’immunité nécessite plusieurs types de lymphocytes participants chacun dans une ou plusieurs interaction(s) directe(s) ou indirecte(s) avec un ordre spatio-temporel. De ce fait, les systèmes de culture in vitro actuels ne permettent pas de modéliser cet environnement complexe. De plus, il n’existe, pour le moment, aucune lignée cellulaire murine ou humaine de cellules lymphoïdes étudiées. Par conséquent, l’étude de ces processus nécessite pour l’instant l’utilisation d’animaux vivants. Cependant, la compréhension du mécanisme de développement cellulaire faite in vivo, nous permettra probablement d’établir de nouveaux modèles in vitro utilisant des lignées cellulaires afin de réduire la contribution animale. Par conséquent, le modèle murin est essentiel dans notre domaine de recherche. Tous les animaux utilisés dans ce projet de recherche seront adultes (>6 semaines). Notre étude s’effectue sur un système immunitaire adulte afin de se rapprocher au mieux de la clinique et des patients porteurs de ces cancers.