
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 15/12/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-468908)
60 porcelets vont être utilisés, quarante étant étourdis puis mis à mort sans reprise de conscience et vingt, soumis à des atteintes légères, renvoyés auprès de leur mère ou de leurs congénères. L’objet est de tester un outil d’étourdissement et de mise à mort de porcs de moins de 25 kg, comparé à des outils existants, pour la mise à mort d’urgence à la ferme. Le porteur situe le projet dans une « demande des éleveurs » et le règlement européen sur la mise à mort d’urgence. Il affirme qu’aucun remplacement n’est possible et qu’il faut évaluer ces outils en conditions réelles.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet s’inscrit dans le cadre d’une demande des éleveurs de porcs de pouvoir disposer d’outils pour la mise à mort d’urgence de porcs souffrants et en impasse thérapeutique. Cet acte est réglementé au niveau européen par le Règlement 1099/2009. La mise à mort d’urgence y est définie comme la mise à mort d’animaux blessés ou atteints de maladie entrainant des douleurs ou souffrances intenses lorsqu’il n’existe pas d’autre possibilité pratique d’atténuer ces douleurs ou souffrances. Depuis 2022, le décret 2022-137 inscrit également cet élément dans le droit français, stipulant que l’éleveur est autorisé à mettre à mort un animal blessé ou atteint d’une maladie entrainant des douleurs ou souffrances intenses, lorsqu’il n’existe pas d’autre possibilité pratique d’atténuer ces douleurs ou souffrances. Les méthodes actuellement utilisées en élevage de porcs en France sont listées dans l’annexe 1 du règlement européen précédemment cité. Ces méthodes sont également communes aux autres pays de l’Union Européenne. Une étude a été menée en France il y a une vingtaine d’année sur différents outils : les résultats n’ont jamais été publiés et les outils utilisés alors ne sont plus les mêmes aujourd’hui. Nous ne disposons pas à ce jour, de référence sur les outils utilisés en élevage. Cette étude a deux objectifs principaux : acquérir des connaissances sur les outils utilisés pour la mise à mort d’urgence pour des animaux de moins de 25 kg et tester un outil d’étourdissement et de mise à mort alternatif, afin de limiter la souffrance des animaux lorsqu’ils sont blessés, malades, en impasse thérapeutique ou suite à un accident. Cette étude vise à mieux connaitre et améliorer les protocoles actuels de mise à mort utilisés en élevage.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Des freins existent chez les éleveurs concernant la réalisation de la mise à mort. Or le recours à cette pratique est nécessaire pour prendre en compte le bien-être des animaux en abrégeant leurs souffrances en cas d’impasse thérapeutique. Les données que va permettre d’acquérir ce projet n’ont jamais été collectées. L’étude sera l’occasion de les publier et de communiquer sur les meilleures méthodes à proposer aux éleveurs en termes de bien-être animal.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chaque animal sera amené avec un ou plusieurs autres congénères dans une salle dédiée à l’étude. Après une période d’acclimatation les animaux seront étourdis et mis à mort dans le respect du bien-être animal. Au cours de l’étude, 40 animaux seront étourdis et mis à mort. Les méhodes utilisées impliquent une perte de conscience immédiate.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
C’est une étude sur l’étourdissement et la mise à mort d’urgence. La personne qui réalisera les mises à mort est vétérinaire, est formée à ces techniques et les a déjà mises en oeuvre dans le cadre de son activité.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux gardés en vie à la fin de l’étude (procédure 2) seront replacés dans leur salle (avec leur mère en maternité ou avec leurs congénères en post sevrage). Pour les procédures 1, 3, 4 et 5, les animaux seront mis à mort dans le cadre de l’étude.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’y a pas de remplacement possible dans le cas de la mise à mort de porcs à l’élevage. Les animaux cibles sont les porcs d’élevage. Il faut pouvoir évaluer les outils dans les conditions réelles.
2. Réduction
Le nombre d’animaux impliqués a été réduit au minimum pour pouvoir comparer les différentes situations. Pour la première partie, le nombre de 20 par modalité a été choisi afin de permettre la comparaison des comportements entre animaux. Pour la seconde partie, le nombre de 5 par modalité a été retenu pour permettre une comparaison des critères physiologiques.
3. Raffinement
Les animaux seront toujours déplacés en groupe pour limiter le stress lié à l’isolement social. Ils seront toujours à deux ou trois dans le caisson à mousse de diazote pour reproduire la situation la plus fréquemment rencontrée en élevage. Lors de la réalisation des méthodes de mise à mort, il sera pris soin de ne pas les réaliser devant ou dans la même salle que les animaux en attente.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’étude porte sur l’étourdissement et la mise à mort d’urgence de porcs en élevage. Par conséquent, les conditions de réalisation doivent être similaires à ce qui pourrait se produire en élevage de porcs. L’espèce choisie est donc le porc domestique, Sus scrofa domesticus. Les porcelets utilisés auront un poids compris entre 2 et 25 kg : ce sont les poids recommandés pour les différentes méthodes. Il s’agira donc d’animaux sous la mère et d’animaux en post sevrage.