
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/01/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-344417)
2 500 souris et 400 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ce sont des animaux de surplus d’élevage, déjà destinés à la mise à mort, sur lesquels des personnes en apprentissage s’entraînent aux injections, aux prélèvements sanguins et aux perfusions, chaque animal subissant jusqu’à deux administrations et un prélèvement. Le porteur admet que des gestes encore mal maîtrisés peuvent rendre la contention plus longue et le geste plus douloureux. Il affirme que les réactions de l’animal vigile restent « indispensables » et ne peuvent être reproduites par des méthodes de remplacement, et présente le projet comme une réduction puisqu’il utilise des animaux voués à la mort.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’utilisation d’animaux dans la recherche est parfois nécessaire, la recherche sur les cellules ou les modèles informatiques ne suffisent pas et il est parfois nécessaire de travailler sur organisme entier notamment en raison des nombreuses intéractions qui existent entre les différents organes. Ainsi l’utilisation des animaux de laboratoire permettent l’amélioration des connaissances de maladies complexes et la mise au point de traitement. L’espèce la plus utilisée étant la souris pour plusieurs raisons. La souris partage 90% de ses gènes avec l’Homme, peut souffrir des mêmes maladies (obésité, diabète, cancer…), supporte bien la consanguinité (lots d’animaux homogènes d’un point de vue génétique) et peut être modifiée ganétiquement (OGM avec par exemple invalidation d’un gène d’intérêt), peut aussi être modifiée au niveau de son microbiote (souris axéniques) et il existe de nombreux outils d’analyse (anticoprps par exemple). L’avantage aussi est la petite taille, elles est facile à héberger sous statut sanitaire défini, à élever et à manipuler. Il est important de savoir manipuler l’espèce dont on a besoin dans son projet scientifique, la réglementation demande à ce que le personnel soit formé et compétent. Les établissements utilisateurs accueillent le personnel des équipes de recherche qui va être amené à travailler sur les espèces souris et/ou rats dans le cadre de leurs projets de recherche. Le personnel de l’établissement utilisateur a pour rôle d’accompagner les utilisateurs et certains utilisateurs ont besoin d’être formés aux gestes techniques sur les animaux. Hormis la formation réglementaire (applicateur et concepteur), les utilisateurs ont parfois besoin de se former et s’entrainer en interne en fonction des besoins de leurs projets. Le personnel de l’établissement est formé, compétent et titulaire des formations réglementaires (concepteur ou applicateur et chirurgie expérimentale) et également à jour pour la formation continue. Le programme de ces formations en interne et la validation des gestes est assuré par le responsale du suivi des compétences de l’établissement. Le présent projet a pour but de lister certains gestes techniques réalisés sur des animaux de réforme dans le cadre d’apprentissage ou de training. Le projet global va utiliser au maximum 2300 animaux mâles et femelles de tout âge ne présentant pas de gène d’intérêt, n’ayant pas de phénotype dommageable et dont l’état de santé a été jugé satisfaisant.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet permettra de former les nouveaux entrants (zootechniciens nouvèlement recrutés ou personnels d’équipes de recherche utilisateurs du service de zootechnie) et de s’assurer qu’ils maîtrisent parfaitement les gestes d’administration de composés et de prélèvements sanguins avant de les laisser travailler en autonomie. La formation permet aussi d’éviter les biais et les erreurs, si la personne ne maitrise pas totalement les gestes, lors de la réalisation des projets scientifiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les gestes enseignés et/ou pratiqués seront diverses injections (intra-péritonéale, sous-cutanée, intraveineuse…), des prélèvements sanguins sous anesthésie et des perfusions. Des tests d’anesthésie pourront également être faits lors de la mise en place d’un projet incluant de la chirurgie ou dans le cadre du raffinement des procédures d’anesthésie. Chaque animal pourra faire l’objet au maximum 2 administrations (gavage ou injection) et d’un prélèvement sanguin.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Ce projet est réalisé pour valider ou former aux gestes techniques d’administration de substances et de prélèvements sanguins des personnes pouvant être novices, il est donc possible que certains gestes techniques encore mal maitrisés produisent une légère nuisance aux animaux (contention un peu longue par rapport à une personne plus habituée, stress de l’expérimentateur ressenti par l’animal, geste un peu plus douloureux car en apprentissage…).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Après utilisation de ces animaux, ils seront mis à mort, comme cela était intialement prévu puisqu’il s’agit d’animaux non-utilisés (surplus d’élevage).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour l’apprentissage de l’approche de l’animal, de sa contention et des gestes techniques, les réactions comportementales de l’animal vigile ne peuvent être reproduites par des méthodes alternatives et restent indispensables pour finaliser une formation efficiente et pour permettre aux participants d’aborder les animaux dans les conditions les plus proches de leur réalité quotidienne.
2. Réduction
Afin de réduire le nombre total d’animaux utilisés à des fins scientifiques, nous utilisons uniquement des animaux de surplus d’élevage, qu’il est prévu de mettre à mort dans la semaine. Nous réduisons également au maximum le nombre d’animaux utilisés pour chaque personne. Néanmoins, afin de limiter le nombre de gestes appliqués à chaque animal 3 animaux par participant sont nécessaires.
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés en cages de portoir ventilé, en groupe, avec de l’eau et de la nourriture ad libitum et de l’enrichissement (une maison + de quoi faire un nid). Les animaux sont surveillés quotidiennement par du personnel compétent qui vérifie l’état des animaux, le niveau du biberon et de la mangeoire. En cas de signes cliniques détectés, l’information est remontée et des points limites adaptés sont appliqués.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris et les rats sont les animaux de laboratoire utilisés dans le service de zootechnie Les animaux seront utilisés en fonction de leur disponibilité. Le critère d’âge n’est pas restrictif sur l’utilisation de ces animaux.