
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/01/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-885150)
224 bars vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ils sont élevés seuls en aquarium pendant huit semaines et subissent cinq prélèvements de nageoire et d’écailles ainsi qu’une prise de sang sous anesthésie, plus l’implantation d’une puce, pour mettre au point une mesure de l’efficacité alimentaire par les isotopes stables. Le porteur vise une sélection génétique plus simple des poissons sur ce caractère et présente les prélèvements comme des nuisances mineures qui cicatrisent vite. Il indique tuer les animaux faute de pouvoir les placer, leur fonds génétique interdisant selon lui un retour en milieu naturel, ces bars étant destinés à la consommation.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif du projet est la mise au point d’une méthode utilisant les isotopes stables du carbone et de l’azote comme indicateur de l’efficacité alimentaire chez le bar européen. Pour cela, le projet propose de coupler les mesures d’efficacités alimentaires en élevage individuel et en alimentation restreinte avec la vitesse d’absorption des isotopes stables du carbone et de l’azote de l’aliment par le poisson. L’élevage individuel des bars permettra de quantifier l’ingéré et la croissance individuelle des bars ce qui permettra de mesurer l’efficacité alimentaire individuelle des poissons. Avant de réaliser cette évaluation, les poissons seront acclimatés et nourris avec un aliment A. Lors de l’évaluation, les poissons seront nourris avec un aliment B. Les aliments A et B auront des valeurs d’isotopes stables du carbone et de l’azote différents grâce à l’utilisation de sources de matières premières différentes telles que du blé ou soja versus du maïs. Les valeurs des isotopes stables du carbone et de l’azote seront étudiées dans différents tissus comme les globules rouges, les écailles ou les nageoires par spectroscopie. La corrélation entre les facteurs de discrimination trophique de chaque individu et leur efficacité alimentaire sera ensuite évaluée.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette nouvelle méthode d’évaluation de l’efficacité alimentaire basée sur les isotopes stables permettra d’évaluer facilement les performances individuelles de poissons élevés en groupe, rendant ainsi plus simple et plus applicable à grande échelle une sélection génétique sur ce caractère.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pour réaliser ce projet, les animaux seront élevés individuellement et seront prélevés à cinq reprises d’un bout de nageoire et d’écailles. En fin de projet une prise de sang sera réalisée. Chacun de ces prélèvements prend moins d’une minute et sera réalisé sous anesthésie. L’élevage individuel durera 8 semaines.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Pour les besoins de l’expérimentation, les poissons seront élevés dans des aquariums individuels. Par ailleurs les poissons seront prélevés 5 fois au cours de l’expérimentation d’un bout de nageoire, d’un prélèvement d’écailles et une prise de sang sera réalisée en fin d’expérimentation. Les lésions engendrées par ces prélèvements cicatrisent rapidement, les poissons régénèrent en quelques semaines les écailles et les bouts de nageoires perdus. Les prélèvements répétés de nageoires n’engendrent pas d’effet négatif sur la nage des poissons. Les prélèvements de nageoires sont réalisés à l’aide d’un biopsie punch de faible diamètre , ce qui permet une reconstitution du tissu prélevé en moins de deux semaines. Enfin les poissons seront identifiés à l’aide d’une puce RFID injectée dans le muscle dorsale. Ces prélèvements et le marquage sont des nuisances mineures pour cet espèce.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
À la fin de l’expérimentation, les poissons seront euthanasiés. Les animaux ne seront pas utilisés dans un autre projet et ne peuvent être gardés dans les installations expérimentales. Le placement des animaux de bouche n’est pas aisé, ceux-ci étant destinés à la consommation humaine. Leurs fonds génétiques restreints ne permettent pas une remise dans le milieu naturel.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce type d’expérimentation, où la variation observée et recherchée est liée à l’individu, ne peut se faire que sur animaux vivants. Il n’y a donc pas de remplacement possible. La mesure de l’efficacité alimentaire (ingéré/gain de poids) est un caractère complexe mettant en jeu une multitude de mécanismes comme la capacité à assimiler les nutriments, le métabolisme énergétique, l’activité de nage des poissons, la microflore intestinale… Ce caractère complexe étudié au niveau individuel n’a pas d’alternative non animale disponible du fait de ses nombreuses composantes et des variabilités individuelles qu’explore l’étude.
2. Réduction
Les effectifs ont été calculés à partir de données d’expérimentations précédentes sur le bar pour assurer une puissance de détection suffisante des effets escomptés.
3. Raffinement
Pour réduire la souffrance et l’angoisse, les animaux sont manipulés uniquement sous anesthésie pour toutes les mesures individuelles, et sont diposés dans des aquariums leur permettant un contact visuel avec des congénères. Les prélèvements de nageoire et d’écailles seront réalisés à chaque fois à une localisation différente. Tout au long de l’expérimentation, les poissons seront surveillés individuellement et soustraits à l’expérimentation en cas de souffrance.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le bar est une espèce majeure de l’aquaculture méditerranéenne, pour laquelle la question de l’efficacité alimentaire se pose avec acuité, cet élevage consommant aujourd’hui, à quantité de production égale, près de deux fois plus d’aliment qu’un élevage de truite ou de saumon. Les animaux seront au stade juvénile (entre 20 et 100g de poids moyen) pour à la fois pouvoir mesurer des croissances significatives et permettre que les animaux soient dans un confort relatif dans les bacs individuels de 10 litres qui seront utilisés