
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-01-22 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-860596)
423 souris vont être utilisé·es, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Une tumeur du côlon leur est induite par greffe sous-cutanée, puis traitée par ultrasons focalisés et injections répétées, la tumeur pouvant « gêner la locomotion et être douloureuse ». Les tumeurs sont récupérées après mise à mort. Le porteur affirme que le micro-environnement tumoral est « impossible à reproduire in vitro » et ne présente l’application clinique qu’au conditionnel (« pourrait découler »).
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les immunothérapies actuelles sont en plein essor dans le cadre du traitement contre le cancer. Cependant, malgré un effet démontré sur la régression tumorale et l’augmentation de la survie globale, ces thérapies ne sont effectives que chez 20 % à 40 % des patients. L’hypothèse est qu’il faut activer le système immunitaire. Il est proposé ici de l’activer avec les ultra-sons avec une application locale et ciblée. Les ultrasons thérapeutiques sont aujourd’hui utilisés en clinique pour de nombreuses applications. Selon la modalité du traitement, les ultrasons peuvent activer le système immunitaire. L’objectif de notre étude est donc de caractériser le potentiel des ultrasons en complément d’immunothérapie pour améliorer la réponse immunitaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet pourrait découler sur l’utilisation d’ultrasons en clinique pour réduire les risques de récidive dans le traitement de cancer avec l’immunothérapie mais aussi combinés à d’autres types de traitement.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux subiront une injection sous cutanée de cellules tumorales qui conduira au développement d’une tumeur. L’animal sera épilé (jusqu’à 3 fois ; 1 à 2 minutes de manipulation) et recevra un traitement par ultrasons (5min) par semaine (soit maximum 6) et des injections dans l’abdomen ou dans la tumeur de traitement (jusqu’à 12 maximum) à raison de 2 par semaine maximum.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux pourront ressentir du stress lors des contentions en amont des gestes techniques. Le traitement par ultrasons pourra générer en cas de problème de ciblage un échauffement de la peau (rare). Les injections génèreront de la douleur courte et la tumeur pourra gêner la locomotion et être douloureuse (rare).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble des animaux seront mis à mort afin de récupérer les tumeurs et d’analyser les réponses immunitaires par cytométrie.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous avons en amont réalisé des études in vitro afin de s’assurer de la non toxicité de l’immunothérapie et son efficacité. Ceci étant, l’interaction entre les cellules immunitaires et les cellules tumorales est un phénomène biologique complexe faisant intervenir différents types cellulaires particulièrement sensibles au micro-environnement de la tumeur qui est impossible à reproduire in vitro. De plus, des traitements destructifs et immunomodulateurs de la tumeur et de son environnement amènent à divers effets biologiques complexes et nombreux, également impossibles à reproduire in vitro.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les effectifs des groupes ont été déterminés grâce à des outils statistiques. Chaque procédure soulève une question à laquelle nous souhaiterions répondre, sans laquelle nous ne passerons pas à l’étape suivante. Ceci aura pour but d’obtenir les résultats attendus avant de passer à l’étape suivante, ce qui permet de ne pas gaspiller d’animaux lorsque les résultats observés ne sont pas ceux attendus.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Si nécessaire, de la crème cicatrisante sera appliquée sur la peau , là où les ultrasons seront passés. Les souris sont surveillées trois fois par semaine. Dès qu’un des points limites définis est atteint, pour réduire la douleur et l’angoisse, l’animal est mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris ont été choisies car elles contiennent le fond génétique d’où est issue la lignée cellulaire du modèle de cancer qui sera implanté. Des animaux de 5 à 7 semaines seront utilisés car l’âge de l’animal est une variable importante à contrôler pour caractériser la réponse immunitaire.