Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

5 268 souris vont être utilisé·es, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles subissent un stress de contention de deux heures par jour pendant dix jours, répété à deux âges de leur vie, des chirurgies d’injection intracrânienne et un test de peur acquise par stimulations électriques de 0,7 mA, pour étudier l’anxiété et la dépression induites par le stress. Le cerveau est prélevé après mise à mort. Le porteur affirme que ces connaissances « serviront à la société humaine mais aussi à améliorer le bien-être animal en général », une justification qui dépasse largement le contenu du projet.

NTS-FR-841989v1
Types de recherche
· Éthologie / comportement / biologie animale · Oncologie · Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
Stress postnatal, Anxiété, Susceptibilité aux maladies psychiatriques, Origine des maladies, Prédiction des maladies
Souris : 5268

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet vise à étudier les origines des maladies psychiatriques, particulièrement les troubles anxieux et la dépression induites par le stress. Ces types de maladies psychiatriques sont un enjeu de santé majeur. Il n’y à pas à l’heure actuelle de connaissance des causes neurologiques qui sont à la base de ces maladies et nous n’avons pas de biomarqueurs comme moyen de les dépister, ni même de les diagnostiquer correctement. Le ministère de la santé ainsi que l’OMS ont envoyé des messages forts, rappelant l’urgence d’agir face à ces maladies dévastatrices. Ce projet à trois objectifs majeurs. Le premier vise à découvrir les modifications au niveau du cerveau induites par le stress, et comment cela se traduit au niveau comportemental. Le deuxième, vise à perturber la fonction de circuits neuronaux spécifiques pour prouver leur implication dans les effets du stress. En parallèle, urines et selles seront collectés. Ces excrétats contiennent des milliers de molécules qui reflètent fidèlement l’état dans lequel se trouve l’organisme, que l’état soit normal ou dysfonctionnel. Un troisième objectif sera de lire dans ces molécules des signatures de l’état dans lequel se trouvent les souris et détecter ainsi celles qui sont plus susceptibles de devenir malades. Ici l’emploi du mot susceptibilité est important car il s’agit bien d’animaux qui ne sont pas encore malades mais qui ont une plus forte tendance à le devenir s’ils subissent à nouveau des évènements stressants dans leur vie. Grâce aux signatures nous pourrons donc prédire qui tombera malade si de nouveaux stress sont vécus. Ceci ouvre donc la voie à des méthodes de prévention et de traitement. Les molécules que l’on retrouve dans les excrétats sont très similaires entre les souris et les hommes, donnant la possibilité d’utiliser les découvertes faites dans ce projet en santé humaine.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet est une étape clé pour permettre de mieux comprendre les circuits neuronaux impliqués dans le contrôle de l’anxiété liée au stress et de comprendre l’impact des gènes de susceptibilité aux maladies psychiatriques sur les processus pathologiques en découlant. Ces connaissances pourraient aboutir à des méthodes de prédiction et de traitements des maladies psychiatriques qui serviront à la société humaine mais aussi à améliorer le bien-être animal en général.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Un lot d’animaux va subir un protocole de stress consistant en des stress psychologiques par contention d’une durée maximale de 2h pendant 10 jours et cela deux fois dans leur vie, pendant l’enfance et au stade de jeune adulte. A la fin de chaque période de stress des prélèvements d’urine et de selles seront réalisés en laissant l’animal produire naturellement ces excrétats qui seront collectés. Des prélèvements de sang seront aussi effectués avant le deuxième stress chez le jeune adulte. Un autre lot d’animaux subira les mêmes procédures que citées ci-dessus mais avec en plus une chirurgie consistant en une injection intracranienne avant ou après le premier stress de l’enfance. Un autre lot subira toujours le même protocole de stress mais sera génétiquement modifié c’est à dire qu’une des molécules nécessaires à l’activité normale d’une sous-population de neurones qui contrôlent la réponse au stress sera enlevé. La plupart des animaux auront leur comportement testé à travers divers tests de comportement. Ces tests durent chacun une dizaine de minutes et seront espacés sur quatre semaines, ne dépassant jamais 1 test par jour et 3 tests par semaine.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances et effets indésirables seront principalement liés au stress provoqué par des restreintes physiques. Ce type de stress n’entraine pas de douleur mais provoque un stress psychologique. Les chirurgies provoqueront des douleurs au niveau du site d’incision cutanée et d’injection. Les tests de comportement seront pour la plupart sans douleur et basés sur la tendance naturelle des animaux à explorer ou éviter une zone anxiogène sans contrainte. Les tests d’abandon pour mesurer des symptômes dépressifs seront des contraintes physiques générant du stress de courte durée (6 minutes au maximum). Le test de la peur acquise sera légèrement douloureux car de légères stimulations électriques (5 au total de 1 seconde chacun de 0.7mA chacun) seront subis. Les perfusions intracardiaques entraineront des douleurs lors de l’ouverture du de la cage thoraxique pour accèder au coeur.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront euthanasiés pour permettre des études moléculaires et histologiques post-morten du cerveau.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Notre projet repose sur différentes approches telles que l’étude du comportement et l’étude du développement et de la plasticité du système nerveux. Nous voulons comprendre le développement et les fonctions des systèmes de contrôle des émotions. Actuellement, il n’y a pas de méthodes substitutives qui pourraient remplacer le recours a l’animal dans nos travaux. La souris est le modèle de choix car ressemblant à l’homme concernant les mécanismes à l’oeuvre dans le développement et les fonctions des systèmes de contrôle des émotions. Enfin, il existe des tests du comportement chez la souris permettant d’identifier des symptômes pyschiatriques se manifestant de la même manière chez l’homme. Tout ceci permet d’appliquer à l’homme ce qui est trouvé chez la souris.

2. Réduction

3R / Réduction :

Notre plan expérimental est conçu de telle manière que les premières expériences réalisées permettront d’optimiser les conditions des expériences suivantes et de réduire, par conséquent, le nombre d’animaux nécessaires à leur mise en œuvre. Le nombre d’animaux par groupe a été évalué en utilisant un logiciel de statistique, ce qui permet d’avoir une bonne estimation des effectifs suffisants pour l’obtention de données statistiquement fiables tout en s’assurant d’une utilisation des animaux au strict nécessaire.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux sont stabulés en groupes sociaux avec un enrichissement du milieu comprenant des dômes, des briques en bois à ronger et du matériel de nidification. Les animaux sont observés quotidiennement. Des signes potentiels de souffrance sont recherchés et des points limites adaptés aux différentes phases des procédures ont été fixés. Quatre phases vont être à distinguer. Phase 1, Le suivi quotidien avec recherche de signes de souffrance décrits dans les procédures; phase 2, le suivi de trois jours selon une grille de score si certains signes de souffrance sont relevés pendant la phase 1 de suivi quotidien; phase 3, le suivi pendant les périodes de contentions imposées pendant 10 jours consécutifs ; phase 4 les périodes pré et post-opératoire de chirurgie stéréotaxique, elles-mêmes obligatoirement suivies de trois jours de surveillance selon la même grille de score mentionnée ci-dessus. La douleur générée par la chirurgie sera limitée grâce à des anesthésiques et anti-inflammatoires. L’injection d’un anti-inflammatoire non stéroïdien pendant 2 jours après la chirurgie permettra de prévenir la douleur de l’animal. La perfusion intracardiaque se fera sous anesthésie profonde.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous avons une très bonne connaissance des caractéristiques biologique des souris par les travaux scientifiques et techniques publiés. L’élevage selon les mêmes conditions assure la reproductibilité des expérimentations. Le temps de génération rapide et la taille des portées permettent de développer un élevage rapidement et en nombre conséquent. La souris constitue un excellent modèle pour l’étude du fonctionnement du cerveau surtout concernant les circuits neuronaux qui contrôlent les émotions car ils sont similaires à ceux du cerveau humain. De plus, nous disposons de techniques adaptées à cette espèce. Pour toutes ces raisons, ce choix d’espèce constitue un excellent modèle pour nos études. Le stress précoce de 10 jours consécutifs commencera entre P10 et P40 (P=postnatal). Les stades d’études moléculaires et histologiques de P20 à P60 sont justifiés par le fait que nous étudions les effets du stress pendant la période ou le cerveau continue de maturer concernant le contrôle des émotions. Nous essayons de déterminer les périodes les plus sensibles car elles sont aussi les périodes au cours desquelles des environnements stressants peuvent provoquer des dysfonctionnements du cerveau provoquant des susceptibilités aux maladies psychiatriques. Les paramètres biologiques seront donc étudiés après le premier stress entre P20 et P60 mais aussi entre P70 et P240, après une seconde période de stress de P60 à P70 qui elle provoquera l’apparition de symptômes d’anxiété chez les animaux ayant subis le premier stress. Les tests de comportement seront réalisés entre P50 et P240 car nous voulons vérifier qu’il n’y a pas de symptômes avant le deuxième stress mais que consécutif au deuxième stress des symptômes apparaissent.