Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

208 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles subissent des tests de tolérance au glucose avec prélèvements sanguins répétés, des tests d’effort où des chocs électriques sont appliqués, des injections de vecteurs viraux dans le sinus de l’œil sous anesthésie et un tatouage, pour étudier le rôle d’une enzyme sur la masse musculaire et l’obésité. Le porteur indique qu’un régime gras peut créer une obésité et une résistance à l’insuline sources d’inconfort, et qu’une souris est retirée du test d’effort au-delà de vingt chocs électriques. Il décrit des essais préalables sur cellules musculaires mais juge l’animal entier « indispensable » pour relier les taux de lipides à la fonction musculaire.

NTS-FR-480343v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale · Système endocrinien · Système musculosquelettique ·
Mots-clés
muscles squelettiques, force et endurance, lipides et obésité, vieillissement et sénescence
Souris : 208

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les sphingolipides constituent une vaste famille de lipides complexes impliqués dans de nombreux mécanismes physiopathologiques. Les céramides, à la base de leur métabolisme, sont connus pour influencer la sensibilité à l’insuline dans plusieurs tissus, y compris le muscle squelettique. Plus récemment, plusieurs travaux ont démontré que l’inhibition de la synthèse de novo des céramides chez la souris permet de prévenir le déclin de la masse musculaire et de la performance physique dans plusieurs contextes pathologiques et notamment au cours du vieillissement. L’objectif de ce projet est donc d’évaluer l’effet de la réduction des concentrations intramusculaires de ces espèces de céramides sur la masse musculaire, la performance physique et l’homéostasie glucidique et ce, chez des animaux adultes jeunes, mais également au cours du vieillissement et dans le contexte de l’obésité et de la thermoneutralité, qui sont des contextes favorisant le développement de la résistance à l’insuline.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet devrait nous apporter de nouvelles connaissances théoriques sur la physiologie des muscles squelettiques et plus précisément sur l’importance de certains lipides sur la dégradation de certaines fonctions musculaires notamment lors de l’obésité et/ou du vieillissement.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

A l’issue de leur réception, après 15 jours d’acclimatation et durant ce projet, les animaux seront soumis à trois tests permettant d’évaluer leur métabolisme glucidique. Ceux-ci durent moins de 3 heures et nécessitent le prélèvement de 3 à 5 µL de sang via la veine caudale à 9 reprises durant un test. Une mesure de la composition corporelle, entraînant un isolement et une contention dans un tube en plexiglas, causera un inconfort à l’animal qui n’excèdera pas 2 minutes. Cette manipulation sera répétée une fois en fin de protocole pour les jeunes mâles et de manière mensuelle pour les mâles âgés. Les tests d’exploration des capacités musculaires, d’une durée maximale de 5 minutes, vont générer soit de l’inconfort soit du stress. Ce dernier sera diminué par la présence de personnel formé et attentif, par l’entraînement des animaux et par la diminution de l’intensité des chocs électriques, lors du test d’endurance, à la valeur seuil minimale de détection. Les animaux recevront des vecteurs viraux par voie rétro-orbitaire, ceci sera réalisé une seule fois sur animaux anesthésiés ce qui diminuera grandement la douleur, d’autant qu’un collyre anesthésiant sera appliqué en per opératoire. Cette partie des procédures expérimentales n’excède pas 10 minutes entre l’endormissement et le réveil de l’animal. De même, l’identification par tatouage sera faîte sur animaux anesthésiés et une fois en début de protocole, acte rapide (15 secondes environ) et peu invasif.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Plusieurs nuisances ou effets indésirables pourraient être observés. Un stress lié à l’isolement, même s’il est de courte durée, pourrait être constaté lors des expériences de mesure de la composition corporelle, de la force musculaire ou lors du test d’endurance. Un stress lié à la contention et aux injections par voie intrapéritonéale pourrait survenir lors des tests in vivo de tolérance au glucose et de sensibilité à l’insuline. Un inconfort pourrait être constaté au réveil des animaux anesthésiés pour l’injection des vecteurs viraux via le sinus rétro-orbitaire ou pour leur identification par tatouage. La mise en régime enrichi en lipides en créant une obésité associée éventuellement à une insulino-résistance voire à un diabète pourrait engendrer un grand inconfort à l’animal.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A l’issue des procédures, tous les animaux seront nécropsiés, des tissus et organes collectés pour des analyses histologiques, d’expressions génique et/ou protéique.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Des expériences préliminaires sur des cultures cellulaires issues de muscles squelettiques ont déjà été réalisées et ont montré l’importance de l’intérêt porté aux lipides intramusculaires. Cependant, pour faire le lien entre les quantités de certaines espèces lipidiques, ici les céramides, et la masse musculaire, les perfomances physiques ainsi que l’homéostasie glucide, l’animal en tant que modèle intégré est indispensable.

2. Réduction

3R / Réduction :

Pour déterminer le nombre d’animaux nécessaires et suffisants nous nous sommes essentiellement basés sur nos habitudes expérimentales et sur les variabilités inter-individuelles régulièrement constatées. En effet, un calcul de puissance est difficile à mettre en oeuvre étant donné le nombre de tests inclus dans la même procédure. Les tests statistiques qui seront mis en oeuvre seront des tests non paramétriques utilisés soit pour comparer des variables quantitatives uniques entre deux temps des procédures pour un même animal, ou pour comparer des variables quantitatives uniques entre deux groupes d’animaux, et encore pour comparer des variables quantitatives continues entre plusieurs groupes d’animaux. D’autre part, grâce à l’utilisation d’un appareil permettant de mesurer la répartition des masses maigre et grasse, nous pouvons réaliser un suivi longitudinal de ces paramètres sans euthanasier les animaux. Enfin, récemment a été mis en place au sein de notre Institut un fichier de partage des tissus ou organes collectés lors des nécropsies, nous pensons proposer les tissus autres que nos tissus d’intérêt aux autres équipes de recherche du centre.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés par fratrie dans des cages sur portoirs ventilés en respectant le nombre d’animaux indiqué dans le Directive Européenne 2010/63/UE. De l’enrichissement type feuille de papier, bâtonnet en bois ou igloo seront systématiquement ajoutés dans les cages, quantité qui sera augmentée au moment de l’administration des vecteurs viraux. Après l’identification par tatouage, si une inflammation locale ou systémique (encore plus rare que la précédente) survenait, les souris seraient traitées par un mélange antibiotique/anti-inflammatoire. Si cette médication ne suffisait pas elles seraient alors mises à mort. Un suivi quotidien sera réalisé soit par le personnel de la zootechnie soit par les expérimentateurs en charge du projet. La pesée hebdomadaire permettra une habituation à l’Homme ce qui devrait diminuer le stress des animaux et indirectement la variabilité inter-individuelle dans les réponses mesurées; elle permettra également de vérifier l’absence de perte de poids qui, si elle excède 20% du poids corporel, entraînerait une mise à mort de l’animal concerné. Le réveil de l’animal, après anesthésie par un mélange isoflurane-oxygène, pour l’injection des vecteurs viraux, se fera dans une cage posée sur un tapis chauffant; du collyre sera appliqué sur l’oeil de l’animal qui aura été injecté. Enfin, la mesure du test d’exercice en endurance ne sera réalisée qu’une fois en toute fin des procédures, donc avec des animaux habitués à la manipulation et après deux tests à blanc de courte durée. Malgré toutes ces précautions, un animal sera sorti du protocole si le nombre de chocs devient supérieur à 20.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’espèce Mus musculus (souris), mammifère proche d’Homo sapiens, est le modèle animal expérimental le plus étudié dans la littérature notamment pour les études physiologiques et métaboliques, ce qui permet de meilleures comparaisons et une certaine pertinence des résultats. Des animaux adultes jeunes (3 mois lors de leur arrivée dans le service de zootechnie et 7-8 mois en fin de protocole) ou âgés (15 mois lors de leur arrivée dans le service de zootechnie et 21-22 mois en fin de protocole) seront utilisés. En effet, nous souhaitons analyser divers paramètres et facteurs (cf description du projet et procédures) sur des animaux jeunes contrôles et les comparer soit à des animaux rendus obèses par un régime nutrionnel approprié ou par modification de leur température d’hébergement ou âgés, pour lesquels une obésité associée à une insulino-résistance peut s’installer et se développer.