
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 15/04/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-495047)
Pour déterminer quel anesthésique tue le plus vite les poissons zèbres selon leur stade de développement, 945 individus vont être utilisés dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré. Chacun passe une heure dans un bain d’anesthésique, puis vingt-quatre heures de suivi pendant lesquelles les expérimentateurs observent ses battements de cœur et ses réflexes à trois, six et vingt-quatre heures. Ceux qui survivent peuvent présenter des signes d’intoxication, des difficultés respiratoires ou des troubles de la nage, avant d’être tués au terme des vingt-quatre heures pour cause de détérioration jugée irréversible. Le porteur range ce travail sous le principe de raffinement : neuf méthodes de mise à mort testées sur trois stades de développement, à trente-cinq individus par méthode.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La Directive européenne 2010/63/CE autorise l’euthanasie des poissons par surdose d’anesthésiques ou l’étourdissement électrique. Chez le poisson zèbre, la directive prend effet à partir de 5 jours post-fécondation. Dès lors, la méthode d’euthanasie la plus utilisée dans les laboratoires est la surdose de tricaine (MS-222). Bien que l’efficacité de cet anesthésique soit démontrée chez les poissons zèbres adultes, peu d’informations sont disponibles sur son efficacité pour les stades larvaires, juvéniles. Toutefois, il a été montré que le MS222 est inefficace pour l’euthanasie des poissons zèbres aux stades embryonnaires. La différence d’efficacité du MS222 par rapport aux adultes peut être expliquée par les transitions importantes lors du développement du poisson, liées aux changements métaboliques et au développement des organes, qui peuvent affecter la sensibilité des poissons aux anesthésiants en fonction de leur stade de développement. L’objectif de l’étude est d’identifier des protocoles d’euthanasie respectueux du bien-être animal pour parvenir à l’euthanasie des poissons zèbres, pendant leurs premiers stades de vie, notamment pour les stades larvaires, juvéniles. L’accent est mis sur la réduction de la durée de la procédure et l’amélioration du confort des animaux lors de l’euthanasie. Cette étude s’inscrit dans le cadre du principe de « Raffinement » en expérimentation animale, visant à minimiser la douleur et la détresse des animaux de laboratoire lors de l’euthanasie. Dans cette optique, l’étude vise à déterminer le meilleur choix d’anesthésiant pour garantir une euthanasie rapide et sans souffrance à différentes étapes du développement du poisson zèbre, couvrant les stades larvaires, juvéniles.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à déterminer la méthode d’euthanasie la plus efficace et rapide à différents stades de vie des poissons zèbres, tout en minimisant la douleur et la détresse de l’animal. Les résultats de ce projet serviront de base à des recommandations qui seront bénéfiques à la communauté des chercheurs qui travaillent sur le modèle du poisson zèbre en France et en Europe.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à une exposition aux anesthésiques pendant 1 heure par balnéation (dans l’eau de nage), suivie d’une période de suivi de 24 heures. Les battements du cœur et les réflexes des animaux sont observés pendant 1 heure en présence d’anesthésiants, puis pendant 1 heure de récupération. Ensuite, les poissons sont surveillés, pour les mêmes paramètres, trois fois post-récupération : à 3 heures, à 6 heures et à 24 heures. A l’issue de cette période, les animaux seront euthanasiés (24h post-exposition).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Lors de la phase de récupération, les animaux peuvent présenter des signes d’inconfort ou des effets indésirables, notamment des signes d’intoxication, tels que des difficultés respiratoires ou des troubles de la nage.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Étant donné que l’exposition aux surdoses d’anesthésiants pendant une heure pourrait entraîner une détérioration irréversible et un inconfort prolongés des animaux, tous les animaux seront euthanasiés à la fin de la procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’étude dont il est question vise à trouver des méthodes d’euthanasie qui soient rapides, efficaces et qui minimisent la souffrance des animaux. Le remplacement des animaux par des modèles in vitro ou in silico n’est pas possible dans ce cas. En effet, ces modèles ne permettent pas de reproduire l’expérience de l’euthanasie chez les animaux. Ils ne peuvent donc pas être utilisés pour évaluer l’efficacité et la sécurité des protocoles d’euthanasie.
2. Réduction
La taille des effectifs a été établie grâce à un calcul de puissance. Nous aurons ainsi besoin de 35 individus pour chaque méthode d’euthanasie, totalisant ainsi 315 individus pour les neuf méthodes. En testant ces méthodes sur les trois stades de développement, nous utiliserons un total de 945 animaux sur une période de 5 ans. Cette approche nous permettra d’obtenir des données statistiquement valides et une interprétation fiable des résultats.
3. Raffinement
Les conditions d’hébergements des animaux sont très précises afin de préserver le bien-être animal et d’enrichir l’environnement. Les poissons zèbres sont enlevés dans une eau circulante (renouvellement de l’eau de l’aquarium environ 8 fois par heure). Les alevins (5 à 15 jours post-fécondation) sont nourris avec des rotifères (nourriture vivante), ce qui leur permet de chasser. Les poissons sont surveillés quotidiennement par les zootechniciens. Un suivi des animaux rigoureux sera effectué avec attribution de note qui dicteront des actions (point limites). Les poissons zèbres sont maintenus à une température de 26 degrés Celsius. Les poissons sont surveillés quotidiennement par les zootechniciens.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le poisson zèbre est largement utilisé dans la recherche scientifique, notamment en raison de la transparence de ses larves et de sa génétique similaire à celle des humains. L’euthanasie par immersion de surdose d’anesthésiants est une pratique courante pour ces poissons. Bien qu’elle soit efficace chez les adultes, aucune étude n’a encore évalué son efficacité aux premiers stades du développement du poisson zèbre. Notre objectif est de déterminer l’efficacité de différents agents anesthésiques pour l’euthanasie des poissons zèbres à trois moments clés de leur développement : la formation des organes (embryons), l’acquisition des comportements sociaux (larves) et la transition de la larve au stade juvénile. En étudiant l’euthanasie par immersion de surdose d’anesthésiants à ces moments critiques du développement du poisson zèbre, nous pourrons mieux comprendre leur efficacité et garantir une euthanasie sans douleur pour ces animaux. Cette étude contribuera à améliorer les pratiques d’euthanasie des poissons zèbres dans les laboratoires de recherche.