
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 09/07/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-974841)
1 880 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, chacune portant une greffe de cancer du sein humain pendant treize semaines, avec seize séances d’imagerie sous anesthésie et treize prises de sang à la joue sur animal éveillé. La tumeur est mesurée deux fois par semaine, les traitements sont injectés dans la veine de la queue ou directement dans la tumeur sans anesthésie, et le porteur attend douleurs, difficultés à se déplacer, lésions aux points d’injection et métastases pouvant provoquer gêne respiratoire et atteinte du foie. Toutes sont tuées à treize semaines, ou plus tôt si un point limite terminal est atteint, pour prélever la tumeur et les organes. Le bénéfice annoncé, un transfert vers la clinique « dans un futur proche » pour des cancers du sein métastatiques sans solution, reste au conditionnel, quand l’atteinte est immédiate et déclarée sévère pour les 1 880 animaux.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Il n’existe aucun traitement efficace pour traiter les patients atteints de cancer du sein avec métastases. Les objectifs du projet sont donc de développer de nouveaux médicaments capables de cibler la tumeur primaire ainsi que les métastases dans les cancers du sein. En particulier les objectifs de ce projet sont de proposer de nouvelles thérapies innovantes seules ou en combinaison avec des drogues de chimiothérapie pour proposer un traitement efficace de ces cancers du sein pour lesquels il y a un réel manque de solutions thérapeutiques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le cancer est l’une des principales causes de mortalité dans le monde. Le nombre de nouveaux cas devrait augmenter au cours des prochaines décennies. C’est ainsi que l’apparition de métastases dans les cancers du sein très aggressifs est la principale cause de décès et ces cancers très agressifs sont ceux qui bénéficient le moins des thérapies ciblées. Malgré le développement de nouvelles stratégies, des traitements efficaces sont encore en devenir pour les cancers dits métastatiques. Des approches thérapeutiques innovantes, guidées par des découvertes fondamentales, sont nécessaires d’urgence pour répondre à cette problématique. Notre projet permettra de tester et valider de nouveaux médicaments efficaces contre le cancer du sein métastatique pour permettre dans un futur proche un transfert vers la pratique médicale en clinique aux bénéfices des patients atteints de cancer du sein métastatique en réel manque de solutions thérapeutiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris, sous anesthésie, recevront une injection unique sous la peau au niveau de la glande mammaires des cellules de cancer du sein humain (durée 30s). Un suivi de la taille de la tumeur sera réalisé 2fois par semaine (2 minutes). Cinq semaines après l’injection des cellules tumorales, les souris seront analysées en imagerie après une injection d’un produit de contraste au niveau de l’abdomen (sous anesthésie, durée 10 min) 2 fois par semaine pendant 8 semaines. En fonction des groupes d’animaux, deux traitements seront administrés avec des dosages, modes d’administration (dans la veine de la queue, sans anesthésie; durée 30 secondes ou au niveau de la tumeur, sans anesthésie; durée 30 secondes) et durées différents. Une prise de sang au niveau de la joue sur animal éveillé sera réalisée 1 fois par semaine pendant 13 semaines (durée 30s, sans anesthésie).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’injection des cellules tumorales peut entrainer une douleur de courte durée au site d’injection. Lors du développement d’une tumeur au niveau de la glande mammaire, il peut en découler une douleur et lorsque la tumeur grossira une éventuelle difficulté de locomotion. Les souris peuvent aussi présenter du stress lié à la mesure répétée de la taille de la tumeur (2 fois par semaine), l’injection répétée des traitements et les anesthésies répétées pour les séances d’imagerie. Les injections répétées des traitements peuvent également générer une douleur et des lésions au niveau du site d’injection. L’apparition de métastases pourrait engendrer de la douleur, une difficulté respiratoire, éventuellement une atteinte hépatique. Le prélèvement sanguin peut être source de stress et pourrait entrainer une hémorragie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés soit à la fin de la procédure (13 semaines après le début) soit de manière anticipée si atteinte d’un point limite terminal. Post-mortem, des prélèvements de la tumeur primaire et des différents organes des souris seront effectués pour analyser la présence et contenu des cellules tumorales.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le modèle murin de cancer du sein que nous utiliserons reproduit la physiopathologie de la progression du cancer du sein que l’on retrouve chez la femme avec tout d’abord une croissance de la tumeur, puis l’apparition de métastases. Ce modèle animal entier vivant permet aussi de reproduire la biodistribution des traitements que l’on retrouve dans le corps humain. Les interactions des cellules cancéreuses avec l’hôte (ici la souris) ne peuvent pas être reproduites en culture cellulaire. Nous avons réalisé au préalable le maximum d’expériences in vitro avec des cellules humaines dans des tubes à essai. Néanmoins, l’utilisation d’animaux est indispensable car malheureusement la capacité de former des métastases ne peut pas être évaluée in vitro.
2. Réduction
Le nombre d’animaux a été réduit au minimum après estimation des effectifs basée sur les données antérieures du laboratoire et une simulation statistique afin de garantir l’obtention de résultats statistiquement recevables.
3. Raffinement
Nous serons attentifs au bien-être des animaux en veillant à ce que les animaux soient maintenus autant que possible en groupe dans un environnement agréable et stimulant grâce à leur mise disposition des carrés de coton et des tunnels en carton. Tout au long du déroulement de l’expérience, une surveillance quotidienne (visuelle) sera effectué ainsi qu’une observation systématique de l’état clinique (3 fois par semaine) des souris utilisées sera assurée. L’état des animaux sera scrupuleusement évalué grâce à une grille de critères d’observation prédéfinis qui dirigerons la mise en place d’actions spécifiques en cas de souffrance. L’injection de cellules tumorale sera fera sous anesthésie générale par injection d’anesthésiques. L’imagerie de l’apparition des métastases sera faite sous anesthésie gazeuse. En cas de signes d’affaiblissement de la souris, nous ajouterons de la nourriture humidifiée dans la cage. Si la tumeur présente une zone de nécrose, un traitement local avec un anti-douleur sera mis en place juste avant l’injection des traitements anti-cancéreux. En cas de lésions liées aux injections répétées, la zone sera désinfectée et la cicatrisation surveillée. Si l’état de la souris ne s’améliore pas en 24h, l’euthanasie sera réalisée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous utilions dans ce projet des souris, car le modèle de cancer du sein est bien décrit dans la littérature scientifique et les nouvelles thérapies peuvent y être testés avec la possibilité d’utiliser des voies d’administration similaire à celles réalisées chez les patientes. Les souris utilisées seront âgées de 6 à 8 semaines, âge à partir duquel les souris sont sexuellement matures et considérées comme jeunes adultes. Cela correspond à la période au stade de développement chez la femme de ce type de cancer.