
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/07/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-683505)
Sept heures d’endoscopie digestive sous anesthésie générale, sans réveil prévu : 20 cochons vont être utilisés dans des procédures menées sous anesthésie, les animaux étant tués avant tout retour à la conscience. Ils arrivent la veille, sont mis à jeun quinze heures, anesthésiés le matin, puis utilisés par des gastroentérologues qui s’exercent à des techniques d’exérèse de lésions du tube digestif. Aucune connaissance nouvelle n’est visée, seulement l’entraînement de praticiens avant leur passage sur des patients. Le choix du cochon tient à son anatomie digestive proche de celle de l’humain et à sa « facilité d’élevage », et le porteur ajoute que les animaux ne pourraient de toute façon pas retourner à leur élevage d’origine pour des raisons sanitaires.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les progrès réalisés dans le domaine de l’endoscopie digestive interventionnelle thérapeutique en passant par la voie naturelle du tube digestif ont permis de lui accorder une place grandissante dans le traitement curatif des lésions pré-cancéreuses et cancéreuses superficielles du tube digestif. Contrairement à la plupart des techniques chirurgicales utilisées historiquement, les techniques qui seront enseignées dans ce projet permettent un traitement conservateur de l’organe atteint associé le plus souvent à un risque moindre de morbidité/mortalité. L’objectif de ce projet est de former des médecins gastroentérologues à des techniques d’exérèse endoscopique sur modèle vivant de porc. Afin de préparer au mieux cette phase sur animaux vivants, en début de séance, une mise au point orale théorique sera présentée aux participants sous format d’un diaporama power point, de films et d’images concernant la technique et les différents outils utilisés. La mise en place et le recours à ce type de formation est un pré-requis indispensable à la pratique et à la diffusion ce type de technique en clinique pour la prise en charge des patients atteints de lésions précancéreuses et cancéreuses superficielles du tube digestif et la formation théorique ne peut être qu’un préambule à l’acquisition et la maitrise de ces techniques. Le porc, de par ses similarités anatomiques avec l’Homme et sa facilité d’élevage, est le modèle idéal à cet apprentissage.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’ensemble des formations du personnel paramédical et médical a conduit la Haute Autorité de Santé dans un rapport précisant la place de la simulation en santé à proposer comme objectif éthique prioritaire l’item : « jamais la première fois sur le patient ». Cette formation permettra aux futurs chirurgiens d’acquérir une expérience pratique solide avant la mise en pratique sur les patients
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront une endoscopie digestive sous anesthésie générale, avec la pratique de différentes techniques, pour une durée de 7 heures. Ils seront ensuite euthanasiés, toujours sous anesthésie.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux seront sous anesthésie générale tout au long de la procédure. Ils pourront subir un stress au moment de l’induction de l’anesthésie (contention). L’injection par voie intramusculaire peut engendrer un hématome au niveau de la fesse.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Il n’y a pas de réveil des animaux, l’euthanasie se déroule sous anesthésie, en fin de procédure. Les chirurgies réalisées en nombre ne permettent pas le réveil des animaux. De plus, pour des raisons sanitaires, les porcs ne peuvent pas retourner à l’élevage d’origine.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La formation à une technique chirurgicale complexe ne peut se faire in fine que sur modèle vivant si nous voulons reproduire exactement les conditions opératoires. La mise en place et le recours à ce type de formation est un pré-requis indispensable à la pratique et à la diffusion ce type de technique en clinique pour la prise en charge des patients atteints de lésions précancéreuses et cancéreuses superficielles du tube digestif et la formation théorique ne peut être qu’un préambule à l’acquisition et la maitrise de ces techniques. Le porc, de par ses similarités anatomiques avec l’Homme et sa facilité d’élevage, est le modèle idéal à cet apprentissage.
2. Réduction
Il n’y a pas d’étude statistique ici, l’objectif étant purement pédagogique. Afin de réduire le nombre d’animaux nécessaires, les stagiaires travaillent par groupe de deux ou trois pour un même animal. Nous prévoyons 4 animaux par an, soit 20 cochons sur 5 ans.
3. Raffinement
Pendant toute la durée de leur présence sur la plateforme, les animaux expérimentaux seront maintenus en groupes sociaux (même portée élevée ensemble), dans des cases chauffées et sur paille pour qu’ils puissent fouir et jouer (enrichissement du milieu). Ils seront manipulés dans le calme par des agents expérimentés. Ils arriveront la veille de l’anesthésie, et seront mis à jeun avant l’intervention (15 heures), avec abreuvement adlibitum. Le matin de l’intervention, les animaux sont anesthésiés. Prémédication par voie intramusculaire, puis intubation orotrachéale puis inhalation d’un mélange gazeux d’oxygène vehiculant le gaz anesthésiant pour maintenir l’anesthésie. Un analgésique sera injecté avant le début de la procédure, et renouvelé en début d’après-midi. L’anesthésie est maintenue toute la journée, il n’y a pas de réveil des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle animal « porc vivant » est adapté à l’expérimentation et à la formation en endoscopie digestive en raison de son anatomie digestive proche de celle de l’homme et de sa taille permettant également une manipulation du matériel endoscopique standard. Ce modèle permet de reproduire des conditions similaires à celles de la pratique de l’endoscopie digestive chez l’homme en pratique clinique. De plus, ce modèle est celui recommandé par les groupes d’experts pour la formation à l’exérèse endoscopique des lésions superficielles du tube digestif telle que la dissection sous-muqueuse. Porcelet de 15 à 30 kgs pour avoir une taille des structures anatomiques similaire à celle observée chez l’Homme.