
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/07/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-729413)
Chirurgies de trois heures au maximum sur 150 animaux anesthésiés, prélèvements et administrations répétés jusqu’à trois fois sur 500 autres : 520 souris et 130 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré ou menées sans réveil. Ces séances forment le personnel de l’animalerie aux gestes pratiqués en routine, une société extérieure intervenant pour la partie chirurgicale. L’argument avancé est que maîtriser ces gestes évite « un stress et une souffrance animale supplémentaires » et permet de « réduire le nombre d’animaux nécessaires », au prix de 650 animaux non-humains tués pour l’apprentissage. Le porteur précise que la mise à mort fait elle-même partie des gestes à acquérir, « dans le respect du bien-être animal ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les personnes travaillant avec des animaux de laboratoire doivent maitriser des gestes techniques plus ou moins complexes : administrations, prélèvements, … Leur formation initiale doit parfois être complétée par une formation spécifique en chirurgie, en fonction des études qu’ils seront amenés à réaliser, et suivre un tutorat pour l’acquisition de gestes techniques ou maintenir leur compétence avec l’évolution des connaissances et pratiques. Le but de ce projet est d’acquérir de nouvelles techniques, notamment des techniques chirurgicales, se perfectionner ou de maintenir la maitrise des gestes techniques pratiqués en routine dans les animaleries expérimentales par le personnel utilisant des animaux à des fins scientifiques. Ces formations doivent lui donner les moyens d’optimiser les procédures expérimentales en évitant un stress et une souffrance animale supplémentaires liés à une non maitrise du geste technique et ainsi, réduire le nombre d’animaux nécessaires. Nous ferons appel à une société extérieure pour la réalisation des sessions de formation de chirurgie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus du projet sont, à l’issue de la formation, l’acquisition de nouvelles compétences, une maitrise des gestes techniques utilisés en routine ou des gestes chirurgicaux par les utilisateurs de l’animalerie et un maintien accru des compétences.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis aux interventions suivantes : – des procédures chirurgicales sur animal anesthésié (150 animaux, 3h au maximum) ; – des prélèvements ou administrations sur animal vigile ou anesthésié (500 animaux, quelques secondes à 30 minutes). Chaque geste simple pourra être réalisé 3 fois au maximum, et ce avec au moins deux jours d’intervalle entre chaque geste.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Une infection peut apparaitre pour tout acte avec une piqure Des saignements peuvent être observés pendant quelques minutes lors des chirurgies ou des prélèvements. Un stress ou une douleur peut être occasionné par un geste non maitrisé. Détresse respiratoire, hypothermie ou hémorragie peuvent être observées lors d’anesthésie et chirurgie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés à l’issue des sessions de formation. L’euthanasie fait partie des gestes à acquérir dans le respect du bien-être animal.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La formation aux gestes techniques du personnel travaillant avec des animaux utilisés à des fins scientifiques nécessite de se former sur animaux vivants. Cet apprentissage nécessite de le faire la première fois en présence de personne experte et ayant une excellente maitrise de la technique. Cependant, à chaque fois qu’il sera possible, les stagiaires auront accès soit à des vidéos soit à des systèmes d’entrainement sans animaux vivant. Si les gestes techniques de base peuvent être enseignés et appris sur des systèmes inertes d’entrainement, la mise en condition réelle sur le modèle animal reste essentielle pour l’apprentissage du maintien de l’animal, la mise en place et la gestion du matériel, la dissection des tissus vivants et la gestion des mouvements. La mise en condition sur modèle animal est donc d’une aide fondamentale dans l’apprentissage des conditions réelles d’utilisation des animaux à des fins scientifiques. Pour la formation pratique, il n’existe pas de méthode de substitution, qui pourraient restituer fidèlement les comportements et réactions des animaux et/ou la manipulation des tissus vivants.
2. Réduction
Le nombre d’animaux nécessaires aux formations en chirurgie expérimentale et pour la formation du personnel aux gestes techniques a été estimé à minima pour permettre la maitrise des gestes. Seuls les animaux nécessaires seront utilisés, si le personnel et les étudiants en formation acquièrent rapidement les gestes techniques, le nombre total d’animaux utilisés sur 5 ans sera réduit d’autant. La majorité des rongeurs utilisés seront des animaux surnuméraires issus des élevages de l’établissement utilisateur.
3. Raffinement
Les animaux utilisés pour l’apprentissage de gestes simples ou lors des travaux pratiques de chirurgie seront anesthésiés selon des méthodes appropriées et maitrisées par les formateurs. En fonction des gestes réalisés lors des sessions de tutorat et systématiquement pour les gestes chirurgicaux, une analgésie sera réalisée ainsi qu’une anesthésie locale. Le protocole d’anesthésie sera décidé par le vétérinaire formateur en chirurgie expérimentale ou par le tuteur qui a l’expérience de l’anesthésie la plus adaptée au geste réalisé. Les animaux sont maintenus sur un tapis chauffant tout au long de la chirurgie. Pour la formation chirurgicale, les procédures seront réalisées sans réveil des animaux. Pour les animaux utilisés pour l’acquisition de gestes techniques simples, ils pourront être utilisés plusieurs fois si nécessaire, mais pas plus de trois fois par geste, avec un temps de récupération de 2 jours minimum entre chaque session d’apprentissage. Certains gestes peuvent être réalisés sur animaux vigiles. Après réalisation des gestes, ils seront observés quotidiennement afin de s’assurer de leur bon état général et tout geste potentiellement stressant sera réalisé sous anesthésie générale afin de préserver le bien-être animal et celui du personnel apprenant. Les procédures sont toujours réalisées sous la supervision de personnel ayant la maitrise des gestes. Enfin, la définition de points limites permettra de réduire au minimum les nuisances sur le bien-être des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Ces formations sont destinées au personnel de l’établissement utilisateur travaillant sur le modèle souris et le modèle rat (bien que plus rarement utilisé). Les gestes techniques seront réalisés, si possible sur des animaux de même espèce/souche/sexe/âge que ceux prévus pour les projets nécessitant des gestes techniques ou de la chirurgie expérimentale.