
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 26/08/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-937930)
40 rats et 10 chiens vont être utilisés dans ce projet, les rats opérés sous anesthésie et tués avant tout réveil, les chiens réutilisés ensuite dans d’autres procédures. Chaque chien peut subir quatre prélèvements de liquide synovial au genou, deux par articulation, plus deux injections intra-articulaires par genou, le tout sous anesthésie, avec un risque de gonflement, de douleur articulaire et d’infection. L’objectif déclaré est de former le personnel à ces gestes pour des études de toxicologie réglementaire préalables à la mise sur le marché de médicaments et de dispositifs médicaux. Le porteur ajoute que l’apprentissage sur ces deux espèces permet de transposer les compétences aux primates non humains, dont l’utilisation à des fins de seule formation n’est pas réglementaire.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’établissement utilisateur est spécialisé dans la recherche pré-clinique et effectue des études de toxicologie et pharmacologies réglementaires (Bonnes Pratiques de Laboratoire, textes ICH M3(R2) et ICH S3A) indispensables à la mise sur le marché de médicaments, vaccins, dispositifs médicaux, thérapies, etc. Ce type d’études requièrent une qualification au poste et aux gestes techniques réalisés, afin de garantir la qualité des résultats et la validité des études, un objectif synergique des exigences 3Rs. Pour que ces études soient menées par du personnel qualifié, la formation initiale et continue du personnel aux nombreuses techniques de prélèvements et d’administration est primordiale. Ce projet a pour objectif de valider la faisabilité de l’administration intra-articulaire et du prélèvement de liquide synoviale chez le rat, ainsi que former le personnel à ces deux actes chez le chien afin de pouvoir l’effectuer dans le cadre d’étude de toxicologie et de pharmacologie réglementaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet assure la validation de l’injection intra-articulaire et du prélèvement de liquide synoviale chez le rat et la formation pratique à ces 2 gestes chez le chiens pour personnel concepteur et/ou réalisateur de procédures expérimentales afin de garantir la maitrise des gestes techniques nécessaires à la qualité des données expérimentales (précision, reproductibilité) et les respects des exigences 3Rs de réduction (liées à la qualité des études) et de raffinement (impact minimum des gestes techniques sur le bien-être des animaux : en particulier stress, anxiété, douleur) dans le cadre d’études pré-cliniques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Dans ce projet, les chiens peuvent être soumis à 4 prélèvement de liquide synovial (2 par articulation du genou), avec au moins 3 jours de repos entre 2 prélèvements et jusqu’à une semaine pour une même articulation. Ces prélèvements se font systématique sous anesthésie. Les rats peuvent être soumis à des prélèvements intra-articulaires terminaux uniquement (sous anesthésie, sans réveil) Chez ces deux espèces, deux injections intra-articulaire sous anesthésie par articulation du genou peuvent être faite avec au moins 1 semaine d’intervalle pour une même articulation et 3 jours entre 2 articulations afin de s’assurer de l’absence d’effets délétères de l’injection.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’injection ou le prélèvement de liquide synovial peut entrainer un gonflement, une douleur au niveau de l’articulation, ou encore une infection si les conditions d’asepsie ne sont pas respectées.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La procédure est une procédure légère : les animaux peuvent donc être ré-utilisés dans d’autres procédures, afin de réduire le nombre total d’animaux utilisés. Cette re-utilisation se fait sur décision vétérinaire prenant en compte l’ensemble des procédures dans lesquels l’animal a été et va être impliqué.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe pas de modèles satisfaisants des articulations des rats et des chiens qui permettraient de ne pas utiliser d’animaux pour pratiquer ces deux gestes. Le recours à l’utilisation d’animaux de formation est donc nécessaire afin de maitriser les bons gestes in-vivo avant la manipulation et la réalisation d’actes sur des animaux d’étude. Cela permet également de suivre l’état clinique de l’animal à postériori de la formation, indiquant la bonne réalisation du geste ou non. L’utilisation de rats euthanasiées dans le cadre d’autres procédures ou une procédure sans réveil seront faites avant le passage à l’animal vivant.
2. Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux à commander spécifiquement en vue d’être utilisé pour ce projet, les animaux non euthanasiés ou non utilisés en fin d’étude et les animaux sentinelles seront réutilisés en 1er intention. De plus, afin d’optimiser l’utilisation de chaque animal et de réduire le nombre d’animaux de formation, les deux articulations du grasset pourront être utilisées deux fois chacune, avec au moins 3 jours d’intervalles entre 2 articulations et 1 semaines pour une même articulation afin de s’assurer de l’absence d’effet délétère. Enfin, lorsque cela est possible, les 2 gestes techniques (prélèvement de liquide synoviale et injection intra-articulaire) seront réalisés sur la même articulation, réduisant le nombre d’animaux utilisés.
3. Raffinement
Tout lot de rats ou tout chien inclus dans ce projet fait l’objet d’un examen et d’une approbation du service vétérinaire afin de s’assurer du bon état de santé de chaque individu et, si besoin, d’exclure du projet ceux jugés inaptes à une utilisation en formation. Une traçabilité des animaux utilisés en formation est assurée, comme pour toute autre utilisation, et enregistrée comme toute autre utilisation des animaux sur le site, ce qui en permet le suivi et l’analyse en réunion SBEA. Chaque animal utilisé possède une fiche individuelle sur laquelle est documentée, à chaque utilisation, le(s) type(s) de gestes techniques pratiqué(s) en précisant les volumes d’administration et de prélèvement, les produits administrés, etc), ainsi que l’identification du collaborateur en formation et du tuteur présent lors de la session. Ces fiches individuelles sont consultables par le service vétérinaire et la SBEA dans le cadre du suivi de l’utilisation des animaux en formation. La ré-utilisation d’animaux issus d’autres procédures expérimentales de gravité réelle ‘’légère’’ ou ‘’modérée’’ permet l’utilisation d’animaux habitués à la contention et à la réalisation des gestes techniques, ce qui contribue à une diminution du stress de l’animal avant sédation. Enfin, le passage à la réalisation d’un geste technique sur l’animal vivant peut d’abord se faire sans réveil (pour les rats), afin de s’assurer de la bonne maitrise du geste et réduire au maximum le risque d’apparition de nuisances au réveil de l’animal. Les animaux sont hébergés collectivement. Cependant, un isolement pourra être effectué pendant 24h suivant la réalisation des gestes techniques afin de mieux observer l’apparition d’effets délétères. Cet isolement ne sera que physique, et fera l’objet d’enrichissement supplémentaires (ajout d’un jeux/objet supplémentaire non présent au quotidien dans les box d’hébergement, ainsi que des friandises cachées dans des copeaux propres). Tous les animaux hébergés dans l’établissement font l’objet d’un suivi quotidien. Les chiens font l’objet de sessions régulières d’habituation aux manipulations et contentions effectuées dans le cadre des études pré-cliniques, encadrées par un programme de training mis en place et suivi par la SBEA.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Ce projet est préliminaire à la réalisation d’études de toxicologie réglementaires (ICH M3(R2) et ICH S3A) in vivo chez le rat et le chien, il est donc important que le personnel soit formé sur ce type d’espèces. De plus, l’apprentissage de gestes techniques sur ces espèces permet ensuite de transposer les compétences acquises à d’autres espèces comme les primates non humains qui sont essentiels dans la recherche biomédicale mais dont l’utilisation dans un cadre de formation uniquement n’est pas règlementaire. L’âge des animaux utilisés dans la formation sera proche de l’âge des animaux lors des études. Pour les Rongeurs, à partir de 8 semaines, et pour les chiens à partir de 6 mois.