
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 15/10/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-555705)
Les souris qui perdent plus de 15 % de leur poids sont tuées. 439 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent des bactéries productrices d’acides gras par la bouche et par voie rectale, cette seconde voie sous anesthésie légère, et subissent un test de tolérance au glucose qui commence par une coupure d’un millimètre au bout de la queue, décrite par le porteur comme une douleur modérée à cicatrisation rapide. L’objet est de comprendre comment ces bactéries agissent sur l’axe intestin-cerveau, avec pour horizon des thérapies probiotiques contre l’obésité, le diabète et les troubles du comportement alimentaire, que le porteur range parmi les applications potentielles.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif principal de ce projet est d’identifier et de caractériser les mécanismes moléculaires par lesquels les souches bactériennes productrices d’acides gras polyinsaturés influencent l’axe intestin-cerveau et régulent l’équilibre énergétique chez la souris. Cette recherche vise à élucider comment ces interactions microbiennes peuvent moduler les fonctions intestinales et neurologiques, ainsi que leur impact sur le métabolisme énergétique global. Les résultats de cette étude permettront de mieux comprendre les bases biologiques sous-jacentes des effets du microbiote intestinal sur la santé métabolique et neurologique, ouvrant ainsi la voie au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques pour traiter des conditions telles que l’obésité, le diabète et les troubles du comportement alimentaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les résultats attendus incluent une meilleure compréhension des interactions microbiote-intestin-cerveau, l’identification de nouveaux biomarqueurs et de cibles thérapeutiques potentielles pour le traitement des maladies métaboliques et neurologiques. Les applications potentielles incluent le développement de nouvelles thérapies probiotiques et l’amélioration des stratégies de santé publique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris seront soumises à la technique de l’enrichissement de flore, une technique de classe modérée consistant à inoculer des bactéries dans le microbiote intestinal des souris, par voie orale et/ou rectale. C’est une technique qui necessite une contention de courte duree (
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Au vu de l’expérience dans le type de procédures mises en œuvre dans ce projet, qui ont toutes été déjà optimisées, il n’y pas de nuisances ou effets indésirables prévues qui pourraient conduire à la mise à mort anticipée des animaux. En ce qui concerne l’acte « d’enrichissement de flore », l’inoculation des bactéries productrices d’acides gras polyinsaturés par gavage chez l’animal est une technique qui necessite une contention de courte duree (
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mise à mort pour prélèvement d’organes
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le contrôle du métabolisme fait intervenir de nombreux organes (foie, intestin, cerveau, muscles, tissus adipeux) qui communiquent entre eux, avec la contribution de produits du microbiote intestinal, en permanence pour informer l’organisme des besoins énergétiques et contrôles les flux énergétiques en fonction des besoins. Il est très difficile de mimer in vitro toutes ces interactions et c’est pour cela que l’utilisation des modèles animaux vivants est encore nécessaire
2. Réduction
Pour réduire le nombre d’animaux, nous avons effectué un travail en amont qui nous a permis d’identifier les bactéries, non virulentes et qui peuvent croître dans des conditions préférable à la souris, grâce à des analyses in vitro et in silico. Ainsi cette sélection a abouti à ne retenir que les bactéries candidates les plus fiables et ce sont elles qui seront testées in vivo, réduisant ainsi le nombre d’animaux nécessaires à l’étude. Les échantillons prélevés chez chaque animal permettront de générer un grand nombre d’informations sur des marqueurs moléculaires. De plus, nous avons estimé la taille des échantillons (n=8) permettant une analyse statistique efficace grâce aux données de la littérature.
3. Raffinement
Les animaux seront maintenus avec leurs congénaires dans les milieux enrichis avec les morceaux de bois, une maison et des tubes en carton, ce qui permettra d’améliorer leur bien être. Les souris seront également observés quotidiennement et un suivi de poids et de la prise alimentaire seront réalisés 1 fois par semaine. Cela nous permettra d’identifier rapidement les animaux en souffrance. En cas de perte supérieure à 15% la souris sera euthanasiée. Pour réduire le stress infligé aux animaux, l’enrichissement de flore par voie rectale sera effectué sous anesthésie légère après passage dans une chambre d’induction à l’isoflurane, et le diamètre de la sonde est adaptée à la taille de l’animal. Les sondes sont en plastique ce qui ne causera pas de blessure à l’animal. L’inoculation par voie orale sur animal vigile est préférée car à la fois plus simple pour l’expérimentateur et mieux tolérée par l’animal. Pendant le test de tolérance au glucose, les prises de sang seront réduites au minimum pour permettre le dosage d’insuline (nécessitant 5ul de plasma).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les modèles précliniques de souris sont des outils complémentaires et essentiels, partageant avec l’humain de fortes homologies dans les régulations physioplogiques, en particulier le contrôle de l’homéostasie glucidique et de l’adiposité. Les souris nous seront livrées à l’âge 3 semaines et nous commencerons nos expérimentations à 4 semaines (après une semaine d’acclimatation), car leur flore intestinale est encore immature, et cela permettra à nos bactéries de s’implanter plus facilement, sauf pour la procédure 1, nous utiliserons des souris adultes âgées de 8 semaines, car c’est une étude pilote.