Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent.
Ce que décrit ce projet, résumé par l'OXA

Mutées sur un gène qui rend non fonctionnels les neurones sensibles au dioxyde de carbone, les souris de ce projet présentent une hypoventilation marquée et aucune réponse à l’hypercapnie, atteintes qui peuvent selon le porteur causer leur mort avant l’âge adulte. 2472 souris vont être utilisées, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré ou menées sous anesthésie sans réveil. Une biopsie de la queue est prélevée entre 7 et 10 jours de vie pour génotypage, la ventilation est mesurée une heure en enceinte fermée, des nouveau-nées sont anesthésiées puis tuées pour isoler leur système nerveux central, et des adultes reçoivent des électrodes dans les muscles respiratoires avant un challenge hypercapnique de dix minutes ou une stimulation des nerfs sciatiques répétée deux fois. Toutes sont tuées après le dernier enregistrement pour prélèvements, ou lorsqu’elles atteignent un âge limite pour la reproduction.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

NTS-FR-905267v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système musculosquelettique · Système nerveux · Système respiratoire ·
Mots-clés
hypoventilation, commande respiratoire, chémosensibilité, exercice, volume respiratoire
Souris : 2472

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le syndrome d’hypoventilation alvéolaire centrale congénitale est une pathologie associée à une dérégulation du fonctionnement du système nerveux autonome. Il se caractérise par une ventilation insuffisante pendant le sommeil, et dans les cas les plus sévères également pendant l’éveil. Cette hypoventilation est associée à une diminution voire à l’absence de la réponse à l’hypercapnie (trop de CO2/protons). Ainsi, les personnes atteintes de ce syndrome doivent tout au long de leur vie supporter une aide ventilatoire dès qu’elles s’endorment et dans les cas les plus graves 24h/24h. La mutation d’un gène est à l’origine de ce syndrome, la protéine issue de ce gène muté présente une mauvaise conformation la rendant non fonctionnelle, les cellules nerveuses exprimant cette protéine ne fonctionnent pas correctement. Ces cellules sont dans une structure de l’encéphale qui est impliquée à la fois dans la réponse à l’hypercapnie mais également dans la genèse de l’activité expiratoire. Notre projet a pour objectif de déterminer s’il existe une défaillance de l’expiration dans le syndrome d’hypoventilation alvéolaire centrale congénitale, chez un modèle de souris mutantes et de déterminer si elle peut être atténuée par un agent pharmacologique capable de corriger ou de potentialiser la réponse respiratoire à l’hypercapnie. Une première approche expérimentale sera utilisée pour enregistrer la respiration des souris nouveau-nées et adultes de façon non invasive. Elle permettra d’identifier la présence précoce du déficit expiratoire. Une seconde approche expérimentale permettra d’étudier à la fois la commande centrale inspiratoire et la commande centrale expiratoire. Ces deux approches permettront d’identifier l’origine de ce déficit expiratoire. Chez les souris adultes, nous évaluerons dans des situations différentes, qui stimulent la ventilation, si les muscles expiratoires sont mobilisés de façon identique chez les souris. In fine, les données obtenues devraient permettre d’identifier le déficit expiratoire comme un marqueur physiologique du syndrome d’hypoventilation alvéolaire centrale congénitale.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Notre étude pourrait révéler un nouveau biomarqueur de l’atteinte centrale rencontrée dans le syndrome d’hypoventilation alvéolaire centrale congénitale, une maladie très rare (prévalence 1/550000), le coût sociétal a été éstimé à 10 millions sur la durée de vie d’un patient par l’ancienne présidente de l’association des familles du syndrome d’Ondine. Si tel est le cas, ce résultat devrait guider les cliniciens vers la recherche d’une anomalie génétique chez tout patient présentant ce schéma respiratoire à l’effort sans explication d’origine périphérique, un point important cliniquement au regard des patients qui ne sont diagnostiqués que tardivement dans des conditions de fonction pulmonaire limitée ou suite à la découverte d’un cas de mutation dans leur descendance. Il est également à noter que le test génétique utilisé pour documenter les mutations liées à la maladie peut nécessiter du temps et l’implication de laboratoires spécifiques et peut donc ne pas être disponible dans certaines institutions. La recherche de défauts de recrutement expiratoire dans ces conditions pourrait être une solution pour poser le diagnostic.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Un rapide prélèvement au niveau de la queue est réalisé entre 7 et 10 jours de vie pour génotypage. Des souriceaux et des souris adultes seront utilisés pour la mesure des variables ventilatoires qui sera réalisée de façon non invasive pendant 60min (1 fois, et nécessite une habituation de 10 jours minimum chez l’adulte) dans une enceinte hermétiquement fermée et alimentée par un flux d’air en continu. Des souris nouveau-nées sont anesthésiées (quelques minutes) puis euthanasiées afin d’isoler rapidement une partie du système nerveux central afin de mesurer l’activité de la commande respiratoire. Des souris adultes sous anesthésie chimique et analgésie chimique auront des électrodes insérées au niveau des muscles respiratoires. Ces souris seront exposées à un challenge hypercapnique de 10 minutes et l’activité des muscles respiratoires sera enregistrée. Des souris adultes sous anesthésie chimique et analgésie chimique auront des électrodes insérées au niveau des muscles respiratoires et des électrodes de stimulations seront placées au niveau des nerfs sciatiques des membres postérieurs. Sous anesthésie, les nerfs qui contrôlent l’activité des muscles des pattes postérieures seront stimulés pendant 10 minutes afin de mimer une activité physique, et l’activité des muscles respiratoires sera enregistrée. Ce challenge est répété 2 fois avec un intervalle de 20 minutes. Tous les animaux sont euthanasiés après le dernier enregistrement en vue des prélèvements.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La séparation des souris nouveau-nées et juvéniles de leur mère pourra engendrer un stress. Le prélèvement au niveau de la queue pour génotypage est un stress. La manipulation des animaux pourra engendrer un stress. L’anesthésie pourra entrainer un stress, ainsi qu’une détresse respiratoire chez les souris utilisées dans ce projet, connues pour présenter une sensibilité exacerbées aux anesthésiques. La contention et l’administration orale est une source de stress pour l’animal qui sera limité par une habituation à la contention et l’utilisation de sonde de gavage en matière souple (palstique). L’instabilité respiratoire suite à la mise en place des électrodes indiquera un état de stress. Les dommages attendus sont au minimum une altération de la fonction respiratoire avec une hypoventilation marquée et une absence de réponse à l’hypercapnie. Il pourrait y avoir une atteinte de la prise alimentaire, avec une prise de masse plus lente chez une des lignées de souris mutantes par rapport aux souris congénères sauvages. Ces dommages attendus pourraient être à l’origine d’une mort prématurée avant que les souris n’atteignent l’âge adulte.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Tous les animaux sont euthanasiés à la fin des actes en vue des prélèvements et analyses nécessaires à l’étude post mortem ou lorsqu’ils ont atteints un âge limite pour la reproduction.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

L’utilisation de neurones isolés en culture ne permet pas d’appréhender les relations entre les structures neuronales et de mettre en évidence le développement de réseaux substitutifs nécessaires à la correction de la pathologie. L’utilisation de culture de cellules musculaires ne permet pas de mesurer les volumes expiratoires ou l’activité expiratoire. La fonction respiratoire nécessite l’utilisation de modèles murins ex vivo et in vivo. Le projet nécessite d’avoir accès à la commande respiratoire et au volumes inspiratoires et expiratoires dans des conditions qui ne peuvent être obtenues autrement que par un travail sur des souris vivantes.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Nous utilisons aussi bien les mâles que les femelles dans nos travaux afin de limiter le nombre d’animaux. Le nombre total de souris impliquées est de 2472. La taille des effectifs a été établie grâce à un calcul de puissance et permet de mettre en évidence des différences biologiquement significatives dans les variables respiratoires. Des tests statistiques seront réalisés a posteriori pour procéder à une interprétation fiable des résultats.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les souris sont stabulées en portoirs ventilés avec eau et nourriture ad libitum. La température, l’hygrométrie et le cycle d’éclairage sont monitorés. Le milieu est enrichi : lanières de papier Kraft et maisons/tunnel en carton. Les souris sont hébergées avec leurs congénères, 6 par cage maximum. Leur isolement est évité au maximum. Certaines pourront être isolées (seul mâle d’une portée, agression entre congénères, …). Elles auront alors un double enrichissement, vérifié par la structure chargée du bien-être animal. Les souris seront habituées pendant 10 jours aux enceintes de mesure non invasive de la ventilation pour diminuer les épisodes de respiration accélérée et les mouvements des souris. Sous anesthésie, une surveillance accrue des souris est assurée et l’expérience arrêtée en cas de détection d’une détresse respiratoire. Si défaillance, l’anesthésie est stoppée, la souris est réanimée. Des petits saignements peuvent être constatés lors du prélèvement de la biopsie caudale, cela ne dure que quelques secondes à raison d’une goutte à peine, les animaux cicatrisent sans problème. Une attention particulière sera portée aux nouveau-nés après le prélèvement pour génotypage pour vérifier qu’ils soient bien regroupés sous leur mère et qu’ils s’alimentent (présence de lait dans l’estomac).Pour l’ensemble du projet, un suivi quotidien des animaux est assuré et des points limites précis ont été définis en fonction des actes mis en oeuvre pendant les procédures.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les rongeurs (sont depuis de nombreuses années les espèces animales de choix pour l’étude des mécanismes associés à la genèse et à la régulation de la respiration par la commande centrale respiratoire. Le modèle animal du syndrome d’hypoventilation alvéolaire centrale congénitale n’existe, de nos jours, que sur modèle de souris mutées pour un gène sur des neurones impliquées dans la sensibilité au dioxyde de carbone. Ces souris mutantes ont été validées par des études antérieures. Le projet nécessite d’avoir accès à la commande centrale respiratoire à plusieurs âges dans des conditions qui ne peuvent être obtenues que par un travail sur les souris mutantes et sauvages ; étude de la commande centrale respiratoire; étude de la ventilation de façon non invasive chez des souris mutantes et sauvages nouveau-nées et adultes chez animal vigil ; études de l’activité des muscles expiratoires chez des souris adultes mutantes et sauvages sous anesthésie.