
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-11-13 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-513209)
Nerf sciatique exposé et ligaturé sous anesthésie, puis semaines de tests de sensibilité mécanique et thermique, puis splash test, labyrinthe en croix surélevé et enfin test de nage forcée la veille de la mise à mort : 3 168 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. 2 112 d’entre elles subissent la chirurgie, les 1 056 autres une injection dans le coussinet plantaire. La douleur chronique ainsi installée ne sera compensée par aucun antalgique ni anti-inflammatoire, le porteur indiquant que le sujet même de l’étude l’interdit, et certains groupes seront maintenus deux mois pour observer l’anxiété qui accompagne la douleur. Toutes sont tuées dès la fin de leur procédure, leurs tissus alimentant une banque destinée à des analyses ultérieures.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La perception de la douleur, ou nociception, est une expérience multidimensionnelle qui affecte les capacités sensorielles, émotionnelles, motivationnelles et les fonctions cognitives. L’ATP est une molécule de signalisation présente dans le système nerveux central (SNC) qui module l’activité nerveuse via l’activation de protéines particulières (appelées récepteurs P2X4) exprimées dans les neurones mais aussi des cellules avoisinantes soutenant le fonctionnement des neurones, les cellules gliales. Les récepteurs P2X4 est impliqués dans des pathologies du système nerveux central comme les douleurs chroniques et les maladies neurodégénératives durant lesquelles son expression est augmentée. En revanche, l’effet distinct sur les 2 types cellulaires du SNC (neurones et cellules gliales) n’est pas connu et est le sujet principal de notre étude. De même il a été précédemment démontré chez l’humain que le développement de douleurs chroniques est associé avec l’apparition de symptômes d’anxiété et de dépression. Le but de notre projet est de déterminer le rôle respectif des récepteurs P2X4 neuronaux et de ceux présents dans les cellules gliales dans les douleurs chroniques mais aussi leur implication dans le développement de l’anxiété chez les souris des deux sexes, en combinant des approches cellulaires, électrophysiologiques et comportementales.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ces travaux permettront de mieux comprendre la fonction de la signalisation médiée par l’ATP dans les neurones et les celules gliales dans la moelle épinière et le cerveau dans le développement et le maintien des douleurs chroniques et de l’anxiété associée. Ce projet pourrait déboucher sur l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques afin de mieux lutter contre les douleurs chroniques. Ce projet est financé par l’ANR.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble de ces 3168 animaux effectueront des tests comportementaux évaluant leurs sensibilités mécaniques et thermiques d’environ 10 à 30 minutes chacun sur une période d’une semaine. Parmi ces 3168 animaux : 1) 2112 animaux seront soumis à 1 chirurgie d’exposition du nerf sciatique avec ligature pour la moitié d’entre eux et sans ligature pour le reste des animaux d’une durée de 10 à 30 minutes sous anesthésie générale précédée de 2 injections sous-cutanées d’antalgique général et local de 10 à 30 secondes chacune. Sur ces 2112 animaux, 1056 animaux (528 animaux groupe SHAM et 528 animaux groupe SNI) participeront à ces tests comportementaux aléatoirement sur 2 périodes d’une semaine parmi 3 possibles : J14+J30 ; J14+J60 ou J30+J60 pour effectuer un suivi au cours du temps tout en limitant le stress induit par ces tests. Ces mêmes animaux effectueront également des tests pour évaluer leur anxiété et dépression lié à la chronicité de la douleur. Ces tests ne seront effectués aléatoirement sur 2 des 3 périodes par ordre croissant d’impact sur l’anxiété et la dépression de l’animal soit dans l’ordre : le splash test, puis le labyrinthe en croix surélevé et enfin le test de nage forcée. Ces trois tests durent chacun 5 minutes (avec 15 min d’adaptation pour le labyrinthe) et seront séparer d’une journée minimum chacun afin de ne pas cumuler l’anxiété lié à ces tests. Le test de nage forcée ne sera effectué qu’une fois en fin de procédure le jour précédant la mise à mort étant très impactant pour l’animal 2) 1056 animaux seront soumis à une injection intra-plantaire dans la patte arrière d’une durée de 30 secondes. »
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les effets attendus sur les animaux sont une augmentation des seuils de douleur mécanique et thermique provoquée par nos modèles de douleusr chroniques. Cette augmentation ne pourra pas être compensée par une prise d’antalgique ou d’anti-inflammatoire étant donné le sujet de notre étude. Nous limiterons donc au maximum la durée de maintien de ces animaux avec le plus d’enrichissement possible afin de limiter les souffrances. Nous maintiendrons certains groupes 2 mois afin de pouvoir voir l’impact à long terme sur les comorbidités associées à la douleur telle que l’anxiété des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront utilisés dans le cadre de la compréhension des mécanismes mis en jeu dans les douleurs chroniques, à ce titre les animaux subissent des procédures classées sévères. C’est pourquoi ces animaux seront mis à mort dès la fin de la procédure à laquelle ils seront rattachés afin de ne pas engendrer de stress et de souffrance au-delà de la période nécessaire à l’étude. C’est également dans cet optique de bien-être animal que la mise à mort peut intervenir en cas d’atteinte des points limites décrits précédemment. De plus la mise à mort des animaux permettra le prélèvement de tissus pour intégrées une banque de tissus permettant d’effectuer des études anatomiques, immunohistologiques et biomoléculaires dans des conditions physio-pathologiques.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il n’existe actuellement pas de méthode alternative permettant de remplacer l’utilisation de souris car ce projet repose sur la modification de l’expression de récepteurs dans des types cellulaires précis tout en étudiant les évolutions comportementales et fonctionnelles in vivo des circuits du système nerveux. L’étude de la douleur demandant l’étude à la fois de la composante sensoriellle (=nociception) et de la composante émotionnelle le recours au modèle animal est indispensable car ce projet demande une évaluation comportementale et aucun modèle in vitro (cellules ou tissus) ne peut reproduire les conditions des pathologies.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble de ce projet nécessite l’utlisation de 3168 souris mâles et femelles, réparties en 12 lignées transgéniques différentes dont l’étude sera répartie sur les 5 années du projet. Afin de limiter le nombre d’animaux, chaque animal porteur d’un génotype d’intérêt sera utilisé pour les études comportementales et/ou électrophysiologiques mais aussi pour de nombreuses approches in vitro à partir de prélèvements effectués post-mortem. Cela nous permettra de réduire au maximum le nombre de souris utilisées tout en conservant une significativité scientifique statistique (hétérogénéité interindividuelle). Ainsi, le nombre de souris utilisées dans chacun des groupes expérimentaux sera compris entre 10 et 12 animaux. Nous savons sur la base de nos travaux antérieurs sur la douleur que des groupes de 10 animaux sont suffisants pour assurer une bonne puissance statistique aussi bien pour les approches comportementales qu’histologiques mais qu’un minimum de 12 animaux sont nécessaires pour les approches électrophysiologiques in vivo et obtenir un nombre suffisant de neurones enregistrés. L’analyse de la normalité des données sera réalisée afin de choisir les tests. Les données seront analysées par analyse de variance suivie, si elle est significative, par un test post-hoc de comparaison entre groupes.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A chaque étape du projet, le bienêtre de nos animaux sera au cœur de nos préoccupations. Nos animaux naitront dans notre animalerie de haut statut sanitaire, hébergés en cages collectives sur racks ventiles, garnies de litières leur permettant de reproduire un comportement naturel de fouissage et d’un enrichissement constitué d’un nid végétal et de tubes de cartons, pour leur permettre de construire des nids, de jouer, ronger. Leur soin est confié à des personnels qualifiés et experts. Ils surveillent quotidiennement l’ensemble des animaux et de façon plus poussée et spécifique pendant les phases de récupération qui suit les procédures invasives (chirurgie). Nous utilisons des anesthésiques et analgésiques adaptes aux procédures de chirurgie. L’expérimenter a une forte expérience pour toutes les procédures proposes. Des points limites suffisamment précoces sont définis pour éviter des souffrances aux animaux avec la mise en place de mesures pour les soulager comme une réhydratation, le réchauffement, une nourriture adaptée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est le seul modèle pour lequel on dispose de nombreux modèles permettant de modifier le fonctionnement de gênes précis permettant des modifications spécifiques d’un type de cellule, d’une protéine, d’une région particulière de l’animal permettant d’analyser les mécanismes cellulaires jusqu’aux comportements complexes. Cela permet de créer des modèles de souris uniques permettant de répondre précisément aux questions posées. Cette grande adaptabilité n’existe que chez la souris. Le système de reproduction des souris permet d’avoir régulièrement des animaux dans un espace relativement réduit. Nous utiliserons ce modèle à l’âge adulte de 8 jusqu’à 26 semaines pour évaluer l’impact des douleurs chroniques sur un système bien développé et permettant un suivi au cours du temps