
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/12/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-658042)
Un gavage jusqu’à deux fois par jour, une injection intrapéritonéale quotidienne et trois mesures de glycémie par semaine, vingt semaines durant : 11 300 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l’issue pour le prélèvement de leurs tissus. Certaines injections se font dans la veine de l’œil, sous anesthésie. Il s’agit de tester des composés dans trois modèles de diabète auto-immun, dont des souris rendues diabétiques par transfert de cellules immunitaires ou par la streptozotocine. Le porteur décrit la souris NOD comme un modèle « très performant » et juge le recours à la souris « incontournable », au motif qu’aucun modèle in vitro ne permettrait d’étudier ces mécanismes immunitaires.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le diabète représente un enjeu majeur de santé publique dont l’importance ne cesse de s’accroitre. Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune complexe qui résulte de la destruction spécifique des cellules pancréatiques qui produisent l’insuline et de la perte de la capacité à contrôler le niveau de glucose dans le sang. La maladie survient suite à une réaction anormale du système immunitaire. Ce projet vise à tester des composés dans 3 modèles de diabète auto immun. Ce travail pourrait permettre de trouver de nouveaux traitements du diabète de type 1.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra de tester et développer de nouvelles approches thérapeutiques innovantes ayant le potentiel d’améliorer la prise en charge thérapeutique des patients atteints de diabète de type 1.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
1) Mesure de glycosurie grâce à une bandelette, 3 fois par semaine, test rapide en prélevant naturellement une goutte d’urine lorsque l’animal urine, en 10 sec sur animal vigile. 2) Dosage glycémique avec un lecteur de glycémie capillaire, 3 fois par semaine et pendant 20 semaine à l’apparition d’une glycosurie positive. Test rapide par une goutte de sang prise à la queue (piqure avec une aiguille fine), en 10 sec sur animal vigile. 3) Dosage de la glycémie lors d’un test de tolérance au glucose réalisé une fois par étude : 4 mesures réalisées en 10 secondes sur 2 heures de test sur animal vigile 4) L’injection de splénocytes ou lymphocytes en intraveineux est réalisé en 20 sec sous anesthésie et après traitement antalgique au niveau de l’œil. 5) Les composés ou leur solvant seront administrés par gavage (maximum deux fois par jour), par voie intraveineuse (maximum trois fois par semaine) ou intrapéritonéale (une fois par jour) pendant 20 semaines maximum: moins d’une minute à chaque administration, vigile. 6) Trois autres prélèvements au maximum dans une journée, veine saphène médiale ou submentale (n’excédant pas en tout 150μL, répartis sur 1 ou 2 jours, 15 minutes en tout, vigile) pour l’analyse de la pharmacocinétique des composés.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le degré de sévérité des procédures expérimentales dans lesquelles sont inclus les animaux est modéré. Le diabète est une pathologie silencieuse qui ne déclenche pas de signe clinique douloureux. Il peut être responsable d’une augmentation de la soif et d’une déshydratation et tardivement une perte de poids. Ces manifestations sont précédées d’une augmentation du taux de sucre dans le sang et les urines. Les injections intrapéritonéales ou intraveineuse et les prélèvements sanguins au niveau de la veine de la queue induisent une douleur de courte durée. L’animal peut subir un stress au cours de l’anesthésie ou lors de l’administration par gavage ou par le injection intrapéritonéales.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les souris seront mises à mort. Les tissus seront collectés post-mortem pour l’analyse de la physiopathologie.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les modèles animaux représentent un outil incontournable dans l’étude des mécanismes immuno-pathologiques. Aucun modèle alternatif in vitro n’est disponible pour étudier les mécanismes immunitaires complexes intervenant dans la physiopathologie du diabète auto-immun. La souris NOD représente un modèle très performant et hautement informatif. Étant donné que le paramètre principal étudié dans ce projet est la survenue d’une maladie résultant d’un ensemble complexe d’acteurs cellulaires et de médiateurs solubles, l’utilisation du modèle de la souris est incontournable.
2. Réduction
Nous utiliserons un modèle bien établi dans la littérature afin de limiter la phase de mise au point et ainsi de réduire le nombre d’animaux. Le nombre de souris utilisées par groupe sera réduit au minimum tout en permettant une bonne analyse statistique.
3. Raffinement
Les points finaux pour chaque procédure ont été établis afin d’éviter toute souffrance indésirable des souris. Les animaux sont hébergés dans des cages adaptées, 3-5 souris par cage pour préserver leurs interactions sociales et limiter les phénomènes de disputes ou de stress engendrés par une surpopulation. L’environnement est enrichi par des objets. Les animaux sont observés quotidiennement par le personnel de l’animalerie formé au bien-être des animaux et par les expérimentateurs. Les injections intraveineuses à l’œil sont réalisées sous anesthésie générale avec un analgésique. Les injections à la queue et les prélèvements à la queue sont effectuées sous anesthésie locale.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’utilisation de la souris est basée sur une littérature abondante décrivant les différents modèles de diabète de type 1 chez la souris. La souris NOD ou encore induit par le transfert de splénocytes ou de lymphocytes à des souris immunodéficientes ou encore traité avec de la streptozotocine. Les animaux seront utilisés au stade adulte afin d’évaluer les composés d’intérêt à visée anti-inflammatoire sur un système immunitaire mature.